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Changements climatiques

8 décembre 2009

130 milliards d’euros : le prix du succès à Copenhague

Les pays riches ont entre les mains la responsabilité du succès ou de l’échec de la conférence qui s’ouvre ce matin à Copenhague. Oxfam estime qu’ils doivent mettre sur la table 130 milliards d’euros pour parvenir à un accord juste.

Pour parvenir à un accord à Copenhague, Oxfam estime que les pays riches doivent mettre sur la table au moins 110 milliards d’euros de financements nouveaux et publics d’ici 2013, ce montant devant passer à au moins 130 milliards d’euros d’ici 2020. Cette somme doit permettre d’aider les pays pauvres à réduire leurs émissions et à s’adapter aux changements climatiques.

« Un tel engagement financier n’est qu’une goutte d’eau comparée aux 8.400 milliards de dollars du plan de sauvetage des banques », rappelle Stefaan Declercq, Secrétaire général d’Oxfam-Solidarité. « Pourtant, de nombreux pays tentent de recycler des sommes déjà promises à d’autres secteurs vitaux comme la santé ou l’éducation. L’ensemble des financements doivent être additionnels aux engagements d’aide publique au développement. Lutter contre le changement climatique n’est pas une question de charité vis-à-vis de pays en développement, mais bien le paiement d’une dette écologique. »

L’UE doit montrer l’exemple
L’Union européenne, dont les chefs d’État se réunissent à Bruxelles les 10 et 11 décembre, doit montrer l’exemple en tenant ses promesses et en s’engageant sur une contribution précise.

« En octobre, l’UE avait estimé la part du financement public pour les pays en développement entre 22 et 50 milliards d’euros, sans mentionner quelle serait sa contribution », poursuit Brigitte Gloire, responsable du plaidoyer climat d’Oxfam-Solidarité.« La Commission européenne avait quant à elle considéré que la contribution de l’UE devrait se chiffrer entre 2 et 15 milliards d’euros par an. Mais nous estimons que la part équitable de l’UE et des États-Unis s’élève environ à 40 milliards d’euros chacun par année au vu de leur responsabilité historique et de leur capacité économique à faire face à la crise climatique ».

De grands pays en développement comme la Chine ont déjà indiqué qu’ils étaient prêts à accroître et à mettre en œuvre leurs engagements déjà significatifs en matière de réduction d’émissions. Mais seulement si les pays riches acceptent de les soutenir équitablement.

« Ceci devrait pousser les leaders des pays riches à adopter des objectifs plus ambitieux à Copenhague », conclut Brigitte Gloire. « Jusqu’à présent, leurs objectifs de réduction d’émissions n’atteignent même pas un tiers de ce que la communauté scientifique estime nécessaire. Et leurs engagements financiers sont loin d’être suffisants. Les pays riches doivent arrêter de sous-estimer les besoins réels des milliards de personnes vulnérables et de surestimer la patience des pays pauvres. Ceux-ci ont clairement indiqué qu’ils préfèrent ne pas obtenir d’accord plutôt qu’un texte au rabais ».

Plus d’infos :
- www.oxfamsol.be/climat
- Brigitte Gloire, responsable du plaidoyer Climat d’Oxfam-Solidarité
Tél : 02 501 67 53 - GSM : 0494 588 606 - e-mail : bgl(at)oxfamsol.be
- Notre magazine Globo "Le climat en jeu à Copenhague", décembre 2009

photos : Les militants d’Oxfam ont représenté une inondation symbolique durant la conférence des Nations Unies à Copenhague. Ils espèrent ainsi mettre en évidence l’impact désastreux des changements climatiques dans les pays en développement.©Rully Prayoga/Oxfam Intenational.