167 269 signatures bouclent la campagne pour le Travail décent !

Ce jeudi 7 octobre, la coalition belge pour un Travail décent clôturait 2 années de campagne. Des délégations ont été reçues par la Fédération des employeurs belges (FEB) et le Parlement fédéral. Remise de la pétition et invitation à continuer à enfoncer le clou dans les mois à venir étaient au programme.
167 269 signatures. L’objectif de toucher le grand public est atteint pour les syndicats et ONG de la coalition Travail décent, dont fait partie Oxfam-Solidarité ! Ce jeudi, Journée Internationale pour le Travail décent, les membres de cette coalition ont officiellement clôturé la campagne ‘STOP ! Les travailleurs ne sont pas des outils’, menée ensemble depuis 2 ans. Une campagne qui garde tout son sens dans le contexte actuel de crise économique et sociale.
C’est ce message que la coalition a fait passer ces deux dernières années auprès des employeurs et des responsables politiques belges. Et avec certains résultats à la clé.
La pression de la coalition a notamment empêché un accord commercial entre la Belgique et la Colombie. Cet accord ne faisait pas sérieusement mention des droits des travailleurs, alors que de nombreuses violations des droits humains et du travail sont toujours une réalité dans ce pays. Le Parlement fédéral a également voté une résolution exigeant la prise en compte du travail décent dans les relations internationales du Gouvernement. Le respect des normes sociales sera aussi dorénavant nécessaire à tout accord international de commerce et d’investissement des Gouvernements flamand, wallon et bruxellois.
Une boite à outils géante chez les employeurs et au Parlement !
Ces résultats, entre autres, ont été présentés ce jeudi. Premièrement à la Fédération des employeurs belges (FEB), par une délégation syndicale de la coalition qui n’a pas hésité à faire part de la nécessité de créer un système légal mondial respectant davantage les droits des travailleurs, notamment via les conseils d’entreprises. La FEB a alors promis, dans un premier temps, la création d’un groupe de travail sur la thématique, en collaboration avec les syndicats.
Pendant cet entretien, l’action de clôture suivait son cours sur la place de l’Albertine à Bruxelles, avec des témoignages croisés de travailleurs du Nord et du Sud. « En Europe comme en Asie, nous affrontons les mêmes problèmes quant au travail décent et à la flexibilité du marché du travail. C’est au cours de telles actions que se construit la solidarité entre travailleurs du Nord et du Sud », a déclaré Sri Wulandari, Coordinatrice de programme de l’Asia Monitoring Resource Centre (AMRC), ONG asiatique partenaire d’Oxfam-Solidarité. Et ils étaient plusieurs partenaires du Sud présents pour renforcer cette action !
Le cortège coloré, emmené par une énorme boîte à outils et un marteau géant, s’est ensuite dirigé vers le Parlement fédéral. Là, une seconde délégation est entrée, le temps de mettre quelques revendications sur la table du Président de la Chambre, André Flahaut. « Nous avons demandé au gouvernement belge de bien garder le travail décent à l’agenda », a expliqué Xavier Declercq, directeur du département Programme Nord d’Oxfam-Solidarité. Un défi majeur au vu de la situation politique actuelle, auquel s’est néanmoins engagé le panel de parlementaires présents.
Un plaidoyer politique à poursuivre
Inclure le travail décent à l’agenda politique, c’est un travail de longues années de pression. « Le gouvernement belge peut à présent fortement influencer la promotion du travail décent au niveau international », a exprimé Xavier Declercq à l’issue de la rencontre.
« Ici, en Belgique, les parlementaires écoutent au moins la population », s’est étonné Mora Sar de la Cambodian Food & Service Workers Federation, membre de la C. CAWDU et partenaire d’Oxfam-Solidarité. Au Cambodge, cette liberté de dialogue avec les responsables politiques est encore loin d’être accessible…
Au Nord comme au Sud, il est maintenant primordial de continuer à défendre la mondialisation du travail décent. D’autres dossiers ont en effet plus de mal à avancer, faute de l’instabilité gouvernementale actuelle. La coalition continuera notamment à faire pression pour la réforme, dans le respect des normes fondamentales du travail, de l’Office national du Ducroire, institution publique qui a pour mission de financer et assurer les projets des entreprises belges à l’étranger. Mais aussi à agir en vue de l’adoption d’une loi sur la transparence des entreprises.
Des thématiques qui resteront au programme d’Oxfam-Solidarité. Le plaidoyer politique n’est pas terminé !


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