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Partenariat sud

14 juin 2012

5 ans de blocus en 5 idées reçues

À Gaza, 1,6 million de personnes vivent depuis 5 ans sous un blocus qui enfreint le droit international. Les 5 exemples ci-dessous illustrent comment ce blocus rend presque impossible la via quotidienne des Gazaouis.

- Oxfam et 50 organisations humanitaires appellent à :« Mettre fin au blocus, maintenant ! »

1. Il y a toujours plus de poissons dans la mer. Seulement si vous y avez accès pour les attraper.

Depuis Janvier 2009, les forces navales israéliennes ont limité l’accès à la mer pour les bateaux de pêches palestiniens à trois miles nautiques de la côte de Gaza, interdisant ainsi l’accès à près de 85% des eaux poissonneuses de Gaza. En pratique, l’accès à la mer est parfois réduit à un mile nautique seulement. Depuis 2008, le blocus maritime a réduit de 90% la pêche à la sardine, qui constitue la principale prise des pêcheurs. Depuis le début du blocus en juin 2007, le rendement de la pêche pour les Palestiniens a diminué de 7 000 tonnes, ce qui représente une perte totale d’environ 26,5 millions de dollars. Les restrictions ont réduit à la pauvreté 90% des pêcheurs de Gaza. Pêcher est également devenu une activité dangereuse. En 2011, au moins 72 cas de navires de la marine israélienne ouvrant le feu sur des bateaux de pêche palestiniens ont été signalés. Quatre pêcheurs ont été blessés et un porté disparu en mer au cours de ces incidents. En plus des incidents incluant des tirs à balles réelles, les bateaux de pêche sont souvent forcés de regagner la terre. 43 pêcheurs auraient également été arrêtés et soumis à des interrogatoires l’année dernière.

2. L’éducation est le meilleur moyen pour aller de l’avant. A moins qu’il n’y ait pas d’opportunité pour mettre ces connaissances en pratique.

34% de la population active de Gaza, dont la moitié de ses jeunes, est sans emploi. Depuis le début du blocus en 2007, près de 60% des entreprises basées à Gaza ont fermé, et 25% ont licencié 80% de leurs personnels. Sans opportunité pour gagner un revenu, 75% de la population de Gaza reçoit de l’aide pour arriver à s’en sortir. L’éducation primaire et l’éducation secondaire ont également été durement touchées par le blocus. 230 écoles manquent actuellement à Gaza, à cause de l’interdiction d’importer des matériaux de construction et des délais pour obtenir des matériaux approuvés dans la bande de Gaza. Conséquence de cette pénurie, 85% des écoles à Gaza n’ouvrent que par demi-journée, ou en double horaire, ce qui réduit la durée de classe pour les enfants, élimine les activités extrascolaires et au final porte atteinte à la qualité de l’enseignement fourni aux enfants.

3. Des fleurs peuvent égayer votre journée. Mais elles ne peuvent pas reconstruire l’économie à elles seules.

Les fleurs sont les seuls bien autorisés à sortir de Gaza. Leurs d’exportations en 2011 sont tombées à moins de 3% du niveau précédant le blocus. En 2012, 9 millions d’œillets ont été exportés de Gaza pendant la saison des fleurs, soit 2 millions de moins qu’en 2011 et 41 millions de moins par rapport à 2007, avant que soit mis en place le blocus. Depuis le début du blocus, les exportations de Gaza ont été presque entièrement réduites à des produits agricoles destinées aux Pays-Bas, dans le cadre d’un accord spécial avec le gouvernement hollandais. Aucune exportation de Gaza vers Israël n’a eu lieu depuis le début du blocus, et seuls quelques chargements de dattes ont été autorisés à rentrer en Cisjordanie. Israël et la Cisjordanie représentaient 80% des exportations de Gaza avant le blocus. La quasi interdiction d’exportation des autres produits traditionnellement vendus hors de Gaza (tels que le textile, les meubles et les aliments transformés) ainsi que les restrictions sur l’importation de matières premières requises pour la production ont dévasté l’économie de Gaza. La production intérieure a également chuté à cause des restrictions d’accès aux terres agricoles de Gaza par la soi-disant « zone tampon », ou zone d’accès restreint. Seulement 35% de ces terres sont accessibles aux Palestiniens. Les restrictions qui pèsent sur les terres arables ont fait baisser les rendements agricoles annuels de 75 000 tonnes, ce qui représente chaque année une perte de 50,2 millions de dollars pour les agriculteurs de Gaza. Les vies et les moyens de subsistance d’environ 178 000 personnes sont directement touchés, tandis que les frontières de la zone d’accès restreint font souvent l’objet de tirs à balles réelles de la part des forces de sécurité israéliennes. Au moins 41 incidents ont été recensés depuis le début de l’année 2012, au cours desquels l’armée israélienne a ouvert le feu sur des civils dans la zone d’accès restreint, tuant 1 civil et blessant 57 autres.

4. Buvez au moins 8 verres d’eau par jour. Mais pas du robinet.

90 à 95% de l’eau de l’aquifère souterrain de Gaza n’est pas potable. En l’absence d’eau du robinet potable, la plupart des habitants de Gaza achètent de l’eau à des vendeurs privés. Cette eau n’en est pas plus propre à la consommation pour autant, il a en effet été prouvé qu’elle contient dix fois plus de polluants qu’une eau considérée comme potable. Le blocus a interdit ou retardé l’importation de matériaux de construction et de pièces détachées nécessaires à la réparation du réseau d’eau et d’hygiène délabré. En l’absence de services d’eau et d’hygiène adéquats, 90 millions de litres d’eaux usées non-traitées ou partiellement traitées sont déversés dans la mer chaque jour. Ces eaux usées ont des conséquences sur la santé qui s’étendent au-delà de la zone de pêche accessible. Les habitants de Gaza qui tombent malade à cause de l’eau ne peuvent pas compter sur une prescription rapide pour un traitement. Plus de 202 médicaments essentiels sur un total de 480 ne sont plus disponibles à Gaza.

5. Une frontière ouverte signifie que la liberté de mouvement est respectée. L’ouverture de Rafah n’est pas synonyme de libre circulation des individus et des marchandises.

Alors que 920 personnes en moyenne transitent par le poste frontière de Rafah entre Gaza et Égypte chaque jour, elles ont toujours besoin d’obtenir une accréditation de sécurité du gouvernement israélien avant de traverser la frontière. Utiliser le poste frontière de Rafah ne permet pas aux Palestiniens d’aller partout où ils le souhaitent. Chaque mois, seuls 757 Palestiniens de Gaza se sont vu accorder la permission de se rendre en Cisjordanie par le poste frontière d’Erez entre Gaza et Israël. A titre de comparaison, plus d’un demi-million de personnes est sorti de Gaza par le poste d’Erez en Septembre 2000. L’ouverture du poste frontière de Rafah n’a eu que très peu, voire aucun impact sur la circulation des marchandises, puisqu’il n’est pas équipé pour traiter des flux commerciaux. Sur les quatre postes frontières entre Gaza et Israël équipés pour traiter les importations et les exportations, deux ont été définitivement fermés, et un a été démoli. Au dernier point de contrôle encore ouvert (Kerem Shalom), le niveau des importations ne représente aujourd’hui que 40 à 50% des importations d’avant le blocus, et des biens vitaux tels que les matériaux de construction, les intrants agricoles, les pièces détachés et les carburants voient leurs importations limitées. Même si beaucoup de ces biens sont disponibles sur le marché noir grâce aux tunnels souterrains reliant Gaza et Égypte, leur disponibilité n’est pas régulière et leur qualité n’est pas constante, et les personnes sans emploi, qui sont les plus touchées par le blocus, n’ont pas les moyens de les acheter.

En savoir plus ?
- Découvrez nos autres articles consacrés au Territoire palestinien occupé
- Contactez Liesbeth Goossens, Responsable plaidoyer humanitaire chez Oxfam-Solidarité via lgo(at)oxfamsol.be ou au numéro 02 501 67 42

 
 

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