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Changements climatiques

7 mai 2010

A Cochabamba, l’autre sommet sur le climat

Suite a l’échec de Copenhague, le président bolivien Evo Morales a tenu à organiser un sommet alternatif du 19 au 22 avril : la Conférence Mondiale des Peuples sur le Changement Climatique et les Droits de la Terre Mère. Avec quels résultats ?

C’est à Cochabamba, au cœur de la Bolivie, que s’est déroulée cette rencontre internationale. Le but : faire entendre la voix des pays en développement. Par cette initiative, Evo Morales veut aussi se profiler comme un acteur fondamental dans les futures négociations sur le climat, avec le soutien des pays de l’ALBA (Alliance bolivarienne pour les Amériques).

35.000 personnes, dont 9.000 étrangers de tous les continents, et 45 délégations officielles étaient présents. Parmi elles, celle d’Oxfam a activement participé a cette rencontre, mettant à profit cette opportunité pour plancher sur une stratégie commune avec ses alliés et partenaires locaux en vue de la prochaine conférence sur le climat des Nations Unies, la COP 16 a Cancún. L’enjeu est de taille...

« Changer le modèle et non pas le climat »
Dans une Bolivie déjà fortement affectée par les changements climatiques, ces trois jours ont vu une présence en force des mouvements sociaux, des organisations paysannes et des peuples indiens de Bolivie, d’Équateur, du Pérou, du Mexique...

Le contraste avec les conférences de l’ONU étaient – délibérément – marqué. Au lieu du protocole diplomatique, 17 groupes de travail ont discuté avec vigueur et conviction de propositions ambitieuses, telles un référendum mondial sur le changement climatique, un Tribunal international de justice climatique ou encore une Déclaration universelle des droits de la Terre mère.

Bien vivre
Si les opinions et stratégies proposées étaient fort diversifiées, tous étaient d’accord pour prôner un modèle de développement plus harmonieux avec la nature, basé sur le concept du « bien vivre » ; un mode de développement qui ne soit pas basé sur la croissance et l’accumulation mais sur la complémentarité, la réciprocité et la convivialité.

Facile à dire, moins facile à mettre en œuvre : entre les discours et la réalité, il y a parfois des obstacles d’envergure. La Bolivie elle-même, par exemple, base encore très fort sa politique de développement sur l’industrie d’extraction, à l’instar d’ailleurs de nombre de ses voisins. Une contradiction qui a suscité de nombreux débats dans les espaces de discussion de la conférence.

Néanmoins, cette rencontre était source d’espoir pour beaucoup, et notamment pour les mouvements sociaux des pays pauvres les plus vulnérables aux changements climatiques. Elle devrait leur permettre de renforcer leur position pour influencer davantage leurs gouvernements en vue des futures négociations sur le climat.

La Déclaration finale de la conférence, présentée le 22 avril, reprenait une série de recommandations et de propositions – dont celles citées plus haut – et appelait une nouvelle fois les pays industrialisés à réduire de moitié leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5° C.

Plus d’infos :
- Lire la Déclaration finale de la conférence (anglais)
- Lire le rapport d’Oxfam sur les changements climatiques en Bolivie

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