Oxfam s’emballe

27 janvier 2011

Cadeau Oxfam s’emballe en action : les leçons de conduite

Au Cambodge, il n’est pas facile de gagner sa vie en tant que chauffeur de tuk tuk (motos-taxis locaux). Les abus de la police et la corruption sont choses courantes. Notre partenaire IDEA appuie les chauffeurs, notamment en leur donnant des leçons de conduite.

En décembre 2010, Hilde Van Regenmortel, gestionnaire des projets en Asie d’Oxfam-Solidarité, a rendu visite à certains de nos partenaires et projets. Au Cambodge, elle s’est entretenue avec M. Kim Hong, un chauffeur de tuk tuk membre d’IDEA (Association indépendante de l’économie informelle). Les chauffeurs ont un statut d’indépendant et se font souvent racketter par des agents de police qui souhaitent arrondir leurs fins de mois. IDEA se dresse avec eux contre les abus qui leur sont infligés. M. Hong raconte son expérience en tant que chauffeur.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous ?
Je m’appelle Kim Hong, j’ai 36 ans et deux enfants. Je suis né dans la province de Takeo, et en 1989, j’ai emménagé à Phnom Penh, la capitale. Depuis deux ans, je suis chauffeur de tuk tuk et membre d’IDEA. Auparavant, j’étais chauffeur de taxi mais j’ai aussi travaillé dans le secteur du bâtiment. Habituellement, mes clients viennent du Tai Ming Plaza Hotel. Nous travaillons ici avec 13 chauffeurs dont huit sont aussi membres d’IDEA.

A quelles activités d’IDEA avez-vous participé ?
J’ai suivi un cours sur le code de la route. J’ai également pris part à une manifestation devant le Parlement National : nous y avons protesté contre la corruption dans les services de distribution des plaques d’immatriculation et de la taxe de circulation.

Tous les chauffeurs de tuk tuk ont-ils pris part à la manifestation ?
La plupart y ont participé. C’était la première fois que nous faisions cela, mais nous n’avions pas peur de nous impliquer.

Avez-vous appris de nouvelles choses lors des cours sur le code de la route ?
Oui, IDEA avait invité une personne de la police routière à nous donner ce cours. Ensuite, nous avons discuté entre nous de nos problèmes. Nous avons partagé nos expériences, nos préoccupations et avons cherché des solutions. Depuis, nous faisons moins d’accidents !

Que faites-vous lorsqu’un policier vous arrête ?
Je lui demande pourquoi il m’arrête, parce que désormais je connais les règles de circulation et je sais si c’est avec ou sans raison.

Avez-vous d’autres problèmes en tant que chauffeur de tuk tuk ?
Depuis la campagne d’IDEA, la situation s’est améliorée et on est moins harcelé par la police. Parce que nous avons protesté contre la corruption des agents, nous payons désormais le prix officiel pour les plaques d’immatriculation et la taxe de circulation. Chaque fois qu’un agent essayer de nous faire payer de l’argent en trop, nous le rapportons à IDEA. De cette façon, IDEA a pu recueillir 90 cas d’abus et les a transmis à l’unité anti-corruption, une commission créée par le gouvernement. 30 agents ont déjà été inculpés.

Vos revenus ont-ils augmenté depuis que vous avez rejoins IDEA ?
Je gagne plus en tant que chauffeur de tuk tuk qu’en tant que chauffeur de taxi. La campagne d’IDEA a, en plus, amélioré la situation parce qu’il y a moins de corruption de la part de la police.


A propos du travail d’IDEA :
Au Cambodge, beaucoup de personnes travaillent dans l’économie informelle. Ils ont peu de droits parce que la législation du travail ne s’applique pas à eux, et aucune protection sociale. L’Association indépendante de l’économie informelle (IDEA) rassemble ces personnes dans des organisations-membres. Ensemble, ils essayent d’améliorer leurs conditions de vie. Apprenez-en plus sur IDEA via notre page partenaire.