Climat : les voix du Sud s’expriment au Parlement européen

Des millions de gens subissent déjà les conséquences désastreuses des changements climatiques. Le projet « Climate Hearings » d’Oxfam International permet de faire entendre leur voix au niveaux local, national et international.
Le sommet de Copenhague de décembre 2009 se déroulera loin des personnes les plus affectées par les effets des changements climatiques. Pour leur donner une voix, Oxfam International a lancé l’initiative « Climate Hearings », auditions permettant à des hommes et femmes du Sud de témoigner face à des responsables politiques.
Des auditions de ce type ont été organisés un peu partout dans le monde. Ce jeudi 15 octobre, c’était au tour de Bruxelles. Des représentants venus du Bangladesh, de l’Inde et du Mali sont venus témoigner au Parlement européen devant les députés qui nous représentent dans les négociations pré-Copenhague.
Une catastrophe pour les récoltes
Les témoignages concrets des intervenants, évoquant les conséquences dévastatrices des changements climatiques sur leur vie, ont eu le mérite de ramener le débat climatique à la dure réalité, loin des rapports scientifiques et des négociations stratégiques.
« Depuis quelques années, la région de Kayes, d’où je viens, est de plus en plus aride » a expliqué Soloba Mady Keita, membre de l’organisation paysanne malienne AOPP, un partenaire d’Oxfam-Solidarité. « Avant, les premières pluies tombaient au mois d’avril. Aujourd’hui elles n’arrivent qu’au mois de juillet. Et tout tombe en même temps, de manière si violente que cela crée des inondations. Les récoltes sont affectées et nous sommes menacés de famine. De plus en plus souvent, les hommes se voient obligés de quitter leurs terres pour gagner de l’argent ailleurs. Ils laissent derrière eux leur femme et leurs enfants, ce qui crée bien sûr des problèmes sociaux. »
Forida Begum (Bangladesh) et Mohit Prasad (Inde) ont également évoqué d’autres problèmes comme la salinisation de l’eau, la perturbation des saisons, les inondations, les cyclones... Problèmes de plus en plus aigus, qui viennent s’ajouter à une vie quotidienne déjà très dure.
« Nous ne venons pas mendier »
En conclusion de ces témoignages, Bernarditas Muller, négociatrice pour le G77/Chine*, s’est adressée aux négociateurs européens : « Les pays en développement doivent faire face à des problèmes qu’ils n’ont pas causé. Ils ne participent pas à ces négociations pour mendier. Ils demandent juste aux pays riches de tenir leurs engagements. Ce que nous attendons du sommet de Copenhague, c’est l’accès à des ressources financières et technologiques dont nous avons un besoin vital. Et cette aide ne doit pas être prise sur les budgets d’aide au développement. Il faut des fonds différents, supplémentaires. »
A ce jour, l’Union européenne n’a toujours pas mis de chiffres sur table. En réalité, elle ne cesse de repousser ce moment depuis plusieurs mois. « Nous allons faire une proposition dans les semaines à venir » a déclaré Arthur Runge-Metzger, directeur de l’unité ‘Changements climatiques et Qualité de l’air’ à la Commission européenne et principal négociateur de l’Union européenne sur le climat. « Mais il faut dire que c’est un mauvais moment pour parler d’argent en Europe. » Le ton est donné.
Regardez la vidéo du Climate hearing à Bruxelles
Plus d’infos :
photo : le Climate Hearing de Bangladesh
Pour suivre l’actualité de notre campagne climat :
www.oxfamsol.be/climat
Site d’Oxfam International pour le climat : www.oxfam.org/climate
Brigitte Gloire, responsable du plaidoyer ’Climat et développement durable’, Oxfam-Solidarité Tél. : 02 501 67 53 – 0494 58 86 06 – e-mail : bgl(at)oxfamsol.be
* Le Groupe des 77 (G-77) a été établi le 15 Juin 1964 par 77 pays en développement suite à la première session de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED). Bien que le groupe se soit élargi à 130 pays, il conserve son nom original en raison de sa signification historique. Plus d’infos : www.g77.org


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