Des micro-projets pour sauver un maximum de vies
Parce qu’il vaut mieux prévenir que guérir, Oxfam-Solidarité intègre à ses projets de partenariat une dimension qui allie aide humanitaire et développement durable : Disaster Risk Reduction. Au Salvador, ces pratiques se diffusent avec succès, notamment par le biais de micro-projets de renforcement d’infrastructures.
Dans les scénarios classiques de l’aide humanitaire, les ONG interviennent juste après une catastrophe pour « nettoyer les dégâts ». Puis une fois la situation « normale » rétablie, elles quittent le terrain avec le sentiment du devoir accompli. Mais est-il logique de rétablir une situation qui a prouvé sa vulnérabilité et où il est donc fort probable qu’un désastre se reproduise ?
Réduire l’impact des menaces naturelles
Les programmes de Disaster Risk Reduction (DRR) offrent une alternative. Il s’agit d’un ensemble de mesures permettant de réduire ou même d’éviter l’impact de menaces dues aux éléments naturels ou à l’homme, et ce à travers trois types d’activités : la préparation des communautés aux catastrophes ; la prévention, qui s’attaque aux causes (physiques, sociales, politiques ou économiques) de la vulnérabilité ; et la mitigation, qui consiste à réduire la vulnérabilité physique de structures ou de sites pouvant représenter un danger.
Cette troisième composante du DRR fait actuellement l’objet d’un projet d’Oxfam-Solidarité au Salvador, dans la région particulièrement vulnérable de San Salvador, régulièrement confrontée aux désastres naturels (séismes, orages tropicaux,...). Financé par ECHO dans le cadre du programme DIPECHO (voir p.2) ce projet est coordonné par Procomes, une organisation partenaire d’Oxfam-Solidarité qui appuie les communautés de base dans leur revendication du droit aux services sociaux de base.
Amorcé fin 2008 et d’une durée de 15 mois, ce projet prévoit notamment la réalisation de micro-projets de renforcement des infrastructures essentielles dans le cadre du DRR : routes d’évacuation, abris temporaires, murs de contention, récepteurs d’eau de pluie,... Ces projets d’envergure modeste peuvent sauver de nombreuses vies en cas de menace naturelle.
Dans une première phase (mars-mai 2009) ont eu lieu des ateliers de formation de leaders communautaires à l’élaboration et la gestion des micro-projets. Ces ateliers ont fourni à leurs participants – les comités communaux de protection civile (CCPC), et d’autre part, les promoteurs sociaux de la municipalité - des outils pour formuler, exécuter et évaluer des micro-projets dans leurs communautés.
La deuxième phase verra la conception et exécution de 10 micro-projets. Chaque proposition des communautés fait l’objet d’études de techniciens et des membres des CCPC, et un ingénieur-architecte est recruté pour l’exécution.
Un pacte à triple responsabilité
Il existe un réel pacte entre les trois principaux acteurs du projet : les communautés, les municipalités et Oxfam-Solidarité avec son partenaire Procomes. Si Oxfam-Solidarité apporte les moyens financiers, elle attend en contrepartie un réel engagement de la part des deux autres.
Tout d’abord, la réalisation des projets nécessite énormément de main-d’oeuvre bénévole. « Et ce n’est pas évident, parce que tout le monde travaille, » remarque Karol Spier, coordinatrice du projet DIPECHO au Salvador pour Oxfam-Solidarité. « Mais les gens ont une attitude très volontaire et se montrent fort intéressés. Ils sont conscients de leur vulnérabilité. Vivre face aux risques était même une situation normale pour eux. Ils ne réalisaient pas qu’il existait des solutions. Nous leur avons ouvert les yeux sur la nécessité de se préparer. Le fait d’être impliqués dans la réalisation des micro-projets dès leur conception fait qu’ils peuvent se l’approprier et assure leur succès à long terme. »
Autre paramètre essentiel pour la réussite à long terme des programmes de DRR : l’implication des autorités à tous les niveaux (national, régional, municipal...). Partant de leur responsabilité de protéger leurs citoyens, il leur incombe en effet de diriger et de coordonner les opérations. Oxfam-Solidarité encourage donc la population civile à revendiquer ce droit à la protection contre les catastrophes. Les communautés se sont adressées au promoteur social, qui représente les autorités publiques et fait le lien entre la municipalité, les communautés et Oxfam-Solidarité. « A l’avenir, ce sera le rôle des promoteurs sociaux de coordonner les micro-projets, d’assurer leur pérennité et de diffuser ces pratiques à d’autres communautés où ils travaillent, » explique Karol Spier. On parle déjà de développer des projets similaires dans d’autres communautés, mais la difficulté reste toujours la même. En effet, les micro-projets sont actuellement financés par Oxfam-Solidarité ou d’autres ONG. Mais à l’avenir, les fonds devront provenir de l’Etat, qui les décentralisera vers les régions et municipalités. C’est là un réel défi à relever.
Actions et projets
- Armer le Salvador contre les catastrophes
- Cadeau Oxfam s’emballe en action : accueillir des femmes
- Cadeau Oxfam s’emballe en action : formation sur le droit à l’eau
- Améliorer la préparation aux catastrophes au Salvador
- Brigades d’urgence au Salvador
- Pour une participation réelle de la population
- Pour la sécurité de l’eau potable
- Pour un meilleur enseignement élémentaire
- Pour une politique participative de la santé publique
- Lutte contre la violence en régions rurales
Partenaires
- ACUA : un droit qui coule de source !
- FECORACEN : fédération de coopératives agricoles
- UNES : une coupole environnementale
- CDC, pour les droits des consommateurs
- Acua : la parole aux citoyens
- ORMUSA - Organización de Mujeres Salvadoreñas por La Paz
- De Asociación Intersectorial para el Desarrollo Económico y el Progreso Social – CIDEP
- Movimiento de Mujeres Mélida Anaya Montes – MAM
- Fundación para la Cooperación y Desarrollo Comunal de El Salvador - CORDES
- Proyectos Comunales de El Salvador - PROCOMES
- Asociación Salvadoreña Promotora de la salud - ASPS


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