Est de la RDC : aussi grave qu’en 2008

La crise humanitaire à l’est de la République démocratique du Congo (RDC) est aussi grave qu’à la fin de 2008. Oxfam va augmenter son aide pour fournir de l’eau et des services sanitaires à 150.000 personnes supplémentaires. Et appelle l’ONU déployer des troupes au plus vite.
Selon les chiffres fournis par les Nations Unies, près de 250.000 habitants du Nord et Sud Kivu ont été déplacés depuis la mi-janvier suite aux opérations militaires menée contre les rebelles du FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda).
Ce nombre équivaut à celui des populations déplacées l’automne dernier lorsque les combats ont éclaté à l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Les populations nouvellement déplacées se réfugient dans des zones particulièrement enclavées et difficilement atteignables.
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Loin des caméras, le drame continue
« La guerre est loin d’être terminée pour les civils congolais » déclare Marcel Stoessel, responsable d’Oxfam Grande-Bretagne en RDC. « La tragédie en cours se déroule loin des caméras de télévision, mais la souffrance n’en est pas moins réelle. Les maisons et les commerces sont pillés et saccagés, les femmes et les fillettes sont violées et les civils doivent fuir, souvent pour la troisième ou la quatrième fois. Nous les aidons à repartir à zéro en accroissant nos services d’urgence. Voir les civils congolais pris une fois de plus dans une situation d’une telle violence est tout simplement dramatique. »
Des rapports font état d’hommes armés tuant des civils en représailles, bloquant les routes et, dans certains cas, brûlant les maisons et chassant les habitants. Dans certaines parties du Lubero, où la plupart des habitants vivent de l’agriculture vivrière, les civils arrivent à peine à accéder à leurs champs pour la récolte en raison de l’insécurité et du pillage généralisés.
Alors qu’il est prévu d’étendre les opérations contre les FDLR jusqu’au Sud Kivu, l’inquiétude est de plus en plus grande parmi les habitants, dont des dizaines de milliers ont déjà dû quitter leurs maisons. Dans certaines parties du Nord Kivu, 300.000 personnes ont pu retourner chez elles. Mais le retour au calme dans certaines régions (comme Rutshuru) s’est accompagné d’une montée de l’insécurité dans d’autres, comme dans les territoires de Lubero et de Walikale.
La réponse d’Oxfam
Oxfam met en œuvre une réponse adaptée à la nouvelle crise. Nous fournissons de l’eau, des services sanitaires et des conseils en matière d’hygiène élémentaire auprès de personnes en cours de déplacement ou ayant trouvé refuge dans certaines zones.
Cette année, les combats et l’insécurité ont compromis l’accès des travailleurs humanitaires. Une intervention plus rapide et plus légère s’impose pour atteindre les personnes pendant les courtes périodes de répit. Oxfam vient désormais en aide à un demi-million de personnes dans l’est de la RDC. Malgré les nombreuses contraintes, Oxfam prévoit d’accroitre ses interventions afin d’aider 650.000 personnes au total.
Des équipes ont été envoyées à Lubero (Nord Kivu) et Bukabu (Sud Kivu) pour planifier cet accroissement. A Lubero, Oxfam fournit déjà de l’eau potable et des services sanitaires élémentaires à 40.000 personnes déplacées, afin notamment de prévenir les risques d’épidémies.
« Toutes les parties impliquées dans le conflit, tant les forces armées gouvernementales que les groupes paramilitaires, doivent prendre leurs responsabilités en vertu du droit international humanitaire afin de protéger les civils et fournir aux organisations humanitaires un accès sûr aux civils dans le besoin », déclare Marcel Stoessel.
Des troupes, vite !
Oxfam affirme également que l’insuffisance de troupes de maintien de la paix sur le terrain est une contrainte supplémentaire pour la protection des civils. « Plus de quatre mois après la décision du Conseil de sécurité de l’ONU d’envoyer 3.000 casques bleus supplémentaires, aucun soldat de plus n’a jusqu’à présent été déployé », dénonce Nicole Widdersheim, directrice du bureau d’Oxfam International à New York.
« En attendant l’arrivée des renforts, la MONUC doit s’assurer que les troupes actuellement sur le terrain mettent tout en œuvre pour protéger les civils. Il est nécessaire d’avoir plus de patrouilles à pied dans les villes et le long des routes principales afin d’assurer la sécurité des civils. »
La question de la MONUC sera à l’agenda du Conseil de sécurité de l’ONU ce jeudi 9 avril. Oxfam appelle les dirigeants du monde à saisir cette occasion pour fournir rapidement les troupes supplémentaires nécessaires. Oxfam demande aussi que les ressources existantes soient déployées dans les endroits les plus dangereux, de manière à protéger plus efficacement les populations civiles.
Pour plus d’infos :
Steven Van Damme, responsable du plaidoyer humanitaire d’Oxfam-Solidarité
Tél. 02 501 67 44 — gsm : 0485 442 747 — sva(at)oxfamsol.be
Plaidoyer pour la RDC : les documents d’Oxfam
L’appel de Mary Robinson pour les femmes de RDC
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Notes aux rédacteurs :
1. Le 20 janvier dernier, les armées rwandaise et congolaise, appuyées par la milice du CNDP, ont lancé une offensive conjointe afin de désarmer par la force les rebelles du FDLR. L’armée rwandaise a quitté l’est de la RDC à la fin du mois de février 2009.
2. Les combats entre les forces gouvernementales et les rebelles du CNDP ont entraîné le déplacement de plus de 250 000 personnes à la fin de l’année dernière.
3. D’autres régions de l’est de la RDC, comme les provinces du Haut Uélé et d’Ituri à l’extrême Nord-Est du Congo, sont également frappées par la violence. Selon les chiffres de l’ONU, les combats entre les forces gouvernementales et le groupe rebelle de la LRA (Armée de Libération du Seigneur) ont forcé plus de 190.000 personnes à quitter la région depuis le mois de décembre. La LRA a tué plus de 700 personnes et en a kidnappé plus de 300, dont de nombreux enfants. Dans la province de l’Ituri, des rapports préliminaires indiquent que les combats qui ont eu lieu la semaine dernière entre le FPJC (Front populaire pour la justice au Congo), les rebelles de la FRPI (Force de Résistance Patriotique en Ituri) et l’armée gouvernementale ont entraîné le déplacement de dizaines de milliers de personnes.
4. En novembre 2008, le Conseil de sécurité de l’ONU a promis d’envoyer 3.000 casques bleus supplémentaires en RDC. Le Bangladesh et l’Égypte se sont également engagés à envoyer des troupes, mais jusqu’à présent, aucun soldat supplémentaire n’a été envoyé sur le terrain.
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Partenaires
- LOFEPACO : Ligue des Organisations des Femmes Paysannes du Congo
- RAEK : l’association des agriculteurs et éleveurs de Kabare (RD Congo)
- PADEBU, organisation d’appui et de renforcement de la société civile
- FOPAC, Fédération des organisations des Producteurs Agricoles du Congo au Nord Kivu
- APIDE, ONG de développement durable et d’actions humanitaires


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