Fin du programme Tsunami d’Oxfam

Nous savions qu’il s’agirait d’une épreuve d’endurance, pas d’un sprint. Après nous être rendu compte clairement de l’ampleur des ravages provoqués par le tsunami et de l’extrême générosité du public, nous savions que nous allions devoir mettre en place des programmes qui dureraient des années.
"La tâche à laquelle la communauté internationale était confrontée revenait à reconstruire et à réhabiliter une ville d’un million d’habitants. Et ça, ce n’est pas rien" explique Barbara Stocking, présidente du Fonds Tsunami d’Oxfam International dans le rapport de fin de programme.
"Les fonds que nous avons reçus nous ont permis non seulement de répondre aux besoins urgents des populations touchées, mais aussi de s’attaquer aux facteurs les ayant rendues vulnérables, en particulier la pauvreté et le fait que leurs droits élémentaires n’étaient pas respectés : droit à des moyens de subsistance décents, droit à l’éducation et aux services médicaux, droit de pouvoir influer sur leur propre vie..."
Près de 2,5 millions de personnes soutenues
L’action menée suite au tsunami fut une intervention sans précédent pour Oxfam :
nous avons lancé un programme de 227 millions d’euros sur quatre ans,
aidé environ 2,5 millions de personnes dans sept pays,
recruté des milliers de personnes pour mettre en œuvre le programme,
et travaillé avec environ 170 organisations partenaires au niveau local.
Nombre de bénéficiaires par pays (décembre 20004 - septembre 2008) :
Indonésie : 705 138 (ne comprend pas les 700 000 personnes aidées dans le cadre du programme PRIME, voir rapport p. 16)
Sri Lanka 792 127
Inde 776 025
Myanmar 60 171
Thaïlande 75 022
Somalie 59 260
Maldives 25 000
Total : 2 492 743
Une aide de cette ampleur n’allait pas être simple. Et nous avons été confrontés à de réels problèmes et obstacles. Néanmoins, ce que nous avons accompli est stupéfiant. Des centaines de milliers de personnes vivent désormais dans de meilleures conditions que celles prévalant avant le tsunami, et ce grâce au soutien du public, au dévouement et au travail assidu de notre personnel et de nos partenaires locaux, et surtout aux efforts des communautés affectées pour reconstruire leur vie."
Un avenir meilleur
Au Sri Lanka et en Inde, de nombreuses ouvrières agricoles qui vivaient auparavant dans une situation d’extrême pauvreté ont aujourd’hui plus d’espoir car elles ont rejoint les groupes d’entraide d’Oxfam. Des groupes qui, pour la première fois, leur ont donné accès à des crédits à faible intérêt et donc la possibilité de décider de leur propre avenir.
Notre lobbying auprès des autorités indonésiennes ont également porté leurs fruits. A Aceh, les gens qui louaient ou occupaient les terres avant le tsunami ont désormais le droit d’avoir leur propre logement, et les femmes ont obtenu le droit d’être propriétaires des nouvelles maisons construites, conjointement avec leur mari.
Une attention toute particulière a été accordée au processus de reconstruction des infrastructures. Constater que les populations vivaient dans des abris temporaires deux ans après la catastrophe était difficile à assumer. Les résultats tangibles comme la construction de maisons et la distribution d’embarcations n’étaient que l’un des indicateurs des progrès réalisés.
Des interventions moins concrètes ont été tout aussi importantes : permettre aux populations d’améliorer leur vie en améliorant l’accès aux marchés pour leurs produits, en développant les connaissances permettant de se protéger contre de futures catastrophes, ou en restaurant la confiance en soi nécessaire pour participer aux décisions qui les concernent.
Forces et faiblesses de l’action
"L’intervention dans le cadre du tsunami a confirmé le bien-fondé de l’approche d’Oxfam : développer les capacités de la société civile locale et des communautés vulnérables pour qu’elles soient mieux aptes à améliorer leurs propres conditions de vie. Une approche permettant de reconstruire, mais en mieux.
De la même manière, nous devons être honnêtes en reconnaissant que notre intervention n’a pas été parfaite. Avec une intervention d’une telle ampleur, les erreurs étaient inévitables : notre contrôle de la gestion financière des programmes partenaires en Inde a parfois été inadapté ; notre tort a été de promettre plus que nous ne pouvions fournir au début de notre programme à Aceh ; et une évaluation au Sri Lanka a indiqué que notre intervention dans ce pays aurait pu être plus efficace si les différents affiliés Oxfam avaient collaboré plus étroitement.
L’intervention dans le cadre du tsunami a mis en lumière un grand nombre des problèmes auxquels Oxfam et d’autres agences humanitaires faisaient face avant la catastrophe, et a été un catalyseur de changement. Ceci est particulièrement vrai en matière de coordination humanitaire internationale : comme cela a été souligné par d’importantes évaluations, trop d’agences se sont précipitées au début de l’intervention pour être vues en train de dépenser des fonds dans les zones " faciles d’accès " et en évitant les zones difficiles, ce que nous avons essayé d’éviter.
Le tsunami a également révélé une coordination inégale au niveau de l’intervention internationale ainsi qu’un manque de leadership et d’aptitude à rendre des comptes. Des efforts pour améliorer cela étaient déjà en cours avant le tsunami, mais la catastrophe a donné une nouvelle impulsion à ces efforts."
Leçons tirées
"Nous avons utilisé l’intervention dans le cadre du tsunami pour améliorer nos propres mécanismes de coordination internes et nos principes directeurs en matière de réaction en cas de catastrophe : le succès de notre intervention lors du tremblement de terre de Yogyakarta (à Java) en mai 2006 a découlé en grande partie des enseignements tirés de notre intervention dans le cadre du tsunami.
Les importantes sommes d’argent que nous avons pu consacrer au contrôle, à l’évaluation et à la recherche ont permis à Oxfam d’améliorer ses performances, en particulier en matière d’aptitude à rendre des comptes aux communautés affectées. L’intervention dans le cade du tsunami a été dictée par un ensemble de circonstances uniques, mais nous avons la conviction qu’elle se fera ressentir pendant de nombreuses années, non seulement dans les pays affectés mais partout où nous lancerons des interventions d’urgence."
Le travail n’est pas fini
"Dans les pays touchés par le tsunami, il existe encore bien trop de gens vivant dans la précarité, et dont les possibilités sont limitées par la pauvreté et l’avenir menacé par de futures catastrophes ou les perpétuels conflits. Oxfam continuera à travailler avec eux dans le cadre de projets de développement à plus long terme.
Les dons du public ont eu un impact durable sur la vie des victimes du tsunami. Cette générosité et la capacité des populations à faire face à la catastrophe permet aujourd’hui à ces dernières de disposer des outils et des connaissances leur permettant de mieux résister à l’adversité. C’est là un fantastique résultat."
Barbara Stocking, présidente du Fonds Tsunami d’Oxfam International.
Plus d’informations :
Kristien Vliegen, coordinatrice de la cellule d’urgence d’Oxfam-Solidarité
Tél. : 02 501 67 40 — gsm : +32(0)474 88 88 08 - kvl(at)oxfamsol.be
Le rapport de fin de programme du Fonds Tsunami d’Oxfam International donne l’aperçu complet de la répartition des moyens par pays et secteurs.
Plus d’infos sur les actions et programmes en Indonésie, Sri lanka, Inde, Myanmar, Thaïlande, Somalie et Maldives.


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