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Partenariat sud

8 octobre 2009

Gaza : l’agriculture malgré la guerre et le blocus 

Les Gazaouis viennent de vivre deux années des plus dures : le blocus les a privés de l’accès aux biens de subsistance mais également à toutes opportunités d’exportation. De plus, les attaques israéliennes ont causé des destructions laissant les agriculteurs sur la paille.

L’opération « Plomb durci », menée par l’armée israélienne de décembre 2008 à janvier 2009, a entrainé la mort de 1.380 Palestiniens (dont 431 enfants et 112 femmes), en a blessé 5.380 (dont 1.872 enfants et 800 femmes) et a causé la destruction de plus de mille bâtiments (857 totalement et 151 sévèrement endommagés).
Mais le secteur agricole a lui aussi été lourdement touché, avec des dommages qu’on estime a plus de 180 millions de dollars.

C’est pourquoi Oxfam-Solidarité et son partenaire local « Union of Agricultural Work Committees » (UAWC) ont lancé en décembre 2008, avec le support d’Oxfam Novib, un projet d’aide aux agriculteurs de la bande de Gaza. Commencé avec deux mois de retard à cause de la guerre, il devrait durer dix mois.
Il s’agit d’introduire des méthodes innovantes en vue d’augmenter la résilience et l’autonomie des agriculteurs gazaouis, tout en favorisant la diversification des cultures.

Ce projet soutient 500 familles d’agriculteurs, dont 100 anciens producteurs de fraises qui ne peuvent plus exporter en raison du blocus et 400 petits agriculteurs de serres qui n’avaient plus les moyens de financer leurs activités (semences, engrais, etc).
Ce sont des agriculteurs vulnérables qui ont été touchés par la guerre. Cependant, une centaine de bénéficiaires, dont les serres ou les systèmes d’irrigation avaient été complètement détruits, ont été remplacés car ils n’étaient plus en mesure de participer au projet. Pour ces derniers, Oxfam-Solidarité lancera un autre projet, avec le soutien du gouvernement belge et avec trois partenaires locaux : UAWC, PARC et Ma’an. Il s’agira cette fois-ci de réhabiliter des serres, des vergers et des puits détruits pendant la guerre.

Le projet comporte :
- des formations pour les agriculteurs ;
- la distribution de plants préparés par UAWC ;
- le suivi des plantations.

Avant d’être distribués aux bénéficiaires, les plants sont cultivés dans une pépinière d’UAWC à Beit Lahiya au Nord de la bande de Gaza. Cette pépinière recrute pendant 3 mois 20 chômeurs de longue durée. Ainsi, le projet contribue également à créer des opportunités pour les chômeurs, sachant que taux de chômage dans la bande de Gaza est un des plus élevés au monde (42,2%).

« Augmenter notre production sans utiliser de pesticides »
Ghaban familyLa famille Ghaban est une famille d’agriculteurs composée de 18 membres, vivant à l’ouest de Beit Lahiya. Ils ont toujours cultivé des fraises pour les exporter à l’étranger, une activité devenue impossible avec le blocus.

Quand la guerre a détruit leurs exploitations, les membres de la famille ont décidé de joindre leurs terres pour y installer un système d’irrigation commun. Avec l’aide de la municipalité qui leur a prêté un bulldozer, ils ont pu niveler leur terrain. Puis, au bout d’une formation de cinq jours dans le cadre du projet d’UAWC, ils ont décidé de réorienter leur culture vers les courgettes.
Les premières ont été plantées en mars 2009, et la récolte, au bout de 4 mois, leur a rapporté 16.000 NIS (environ 2.800€), un revenu non négligeable qui leur permet aujourd’hui d’acheter des plants de « muloukhiya », épinard local, et d’exploiter leur terre de façon indépendante.

Les ingénieurs d’UAWC forment également sur l’utilisation de l’eau, la diversification des plantations, les méthodes de compostage et de fertilisation de la terre ainsi que sur l’agriculture sans pesticides. En effet, les rares pesticides disponibles sur le marché sont vendus à des prix exorbitants. « La formation nous a permis d’augmenter notre production sans pour autant utiliser de pesticides » explique l’un des membres de la famille Ghaban.

« Ce projet est arrivé juste à temps »
Khalid RajabKhalid Rajab est père de trois enfants et vit à l’est de Beit Lahiya. Ses terres sont toutes proches de la « buffer zone » qui borde la frontière avec Israël.
Il explique que lors des attaques de l’armée israélienne en décembre 2008, tous ses pommiers ont été détruits, et il n’avait plus assez de revenus pour cultiver l’ensemble de ses serres.
« Ce projet est arrivé juste à temps, sinon j’aurais été obligé d’arrêter la culture de mes serres » explique-t-il.

Abu Bashar (UAWC)Le projet d’UAWC permet aux agriculteurs de choisir les légumes ou fruits qu’ils veulent cultiver. Khalid a choisi le melon, très rentable puisque son prix est élevé et est resté stable toute l’année dans la bande de Gaza. La récolte est maintenant terminée et grâce aux revenus obtenus, Khalid prévoit de cultiver des tomates par ses propres moyens.

 
 

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