social

Territoires Palestiniens occupés / Israël

23 décembre 2009

Les Gazaouis abandonnés un an après la guerre

La communauté internationale a trahi la population de Gaza. En dépit de ses déclarations répétées et de ses promesses financières, elle n’a pris aucune mesure sérieuse permettant d’imposer la levée du blocus israélien qui empêche la reconstruction de la bande de Gaza. Tel est le constat tiré par 16 ONG humanitaires, de développement et de défense des droits humains dans un nouveau rapport publié un an après le lancement de l’opération militaire israélienne « Plomb durci ».

Depuis la fin de l’offensive (mi-janvier 2009), les autorités israéliennes n’ont autorisé l’entrée à Gaza que de 41 camions de matériaux de construction, alors qu’il en faudrait plus de 24.000 pour réparer les dommages causés aux maisons, aux infrastructures civiles, aux services publics, aux fermes et aux entreprises.

Il est toujours est interdit à la population civile – ainsi qu’aux Nations Unies et aux ONG – d’importer des matériaux comme le ciment ou le verre, sauf dans un nombre de cas extrêmement limité. Dans les conditions actuelles, il faudrait plus de 500 ans pour réparer les 6.000 maisons détruites et endommagées.

On fronce les sourcils, mais on ne fait rien...
« En imposant ce blocus, Israël punit tous les habitants de Gaza pour les agissements de quelques uns », explique Stefaan Declercq, Secrétaire général d’Oxfam-Solidarité. « Mais les grandes puissances comme l’UE et les États-Unis ont également abandonné – et même trahi – les Gazaouis. Elles ont froncé les sourcils et prononcé des discours, mais n’ont presque rien fait de concret pour tenter de changer cette politique destructrice qui empêche la reconstruction et la reprise économique. ».   « De leur côté, le Hamas et les autres groupes palestiniens armés doivent maintenir la cessation de facto des hostilités et stopper de façon permanente les tirs indiscriminés de roquettes vers Israël. Toutes les factions palestiniennes doivent par ailleurs intensifier le dialogue en vue de la réconciliation vers un gouvernement palestinien réunifié qui sera effectivement capable de répondre aux besoins de sa population civile ».

Pas de gaz ni d’électricité
Le blocus conduit également à de fréquentes coupures d’électricité, de gaz et d’eau, ce qui a des conséquences désastreuses sur la vie quotidienne et la santé publique. A cela s’ajoutent les restrictions d’approvisionnement en gaz industriel imposées de façon continue par Israël, privant 90% des Gazaouis de courant pendant 4 à 8h par jour.

Instauré en juin 2007 suite à la prise de contrôle de la Bande de Gaza par le Hamas, le blocus a fortement aggravé la pauvreté dans cette région, contribuant à rendre 80% de la population dépendante de l’aide humanitaire. Les entreprises et les fermes ont été contraintes de fermer et de renvoyer leurs ouvriers. La quasi interdiction qui pèse sur les exportations a frappé les agriculteurs de plein fouet, et leur situation s’est détériorée avec la guerre qui a dévasté 17% des terres arables, des serres et des systèmes d’irrigation. En outre, 30% des terres arables ont été interdites d’accès et estampillées « zones tampons » par les militaires israéliens depuis la fin de l’offensive.

Une punition collective illégale
« On ne peut punir collectivement les habitants de Gaza pour les agissements de quelques-uns », poursuit Stefaan Declercq. « Nous condamnons bien évidemment les attaques de roquettes indiscriminées perpétrées sur Israël. Mais si cette dernière a le devoir de protéger ses citoyens, les moyens auxquels elle recoure pour cela doivent être conformes au droit international humanitaire et au droit international des droits humains. »

En imposant le blocus sur la bande de Gaza, Israël viole le droit international humanitaire qui interdit de procéder à des punitions collectives. La communauté internationale peut et doit faire bien davantage pour mettre un terme à ce blocus illégal et inhumain. Les ONG à la base du rapport appellent en particulier l’UE à entreprendre une action concertée immédiate pour obtenir la levée du blocus de Gaza avant la fin de la présidence espagnole en 2010.

L’hiver arrive, ouvrons les points de passage !
Les ONG demandent également aux Ministres des Affaires étrangères européens et au nouveau Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, de se rendre à Gaza pour se rendre compte par eux-mêmes de l’impact du blocus sur la population. Alors que l’hiver s’installe, obtenir l’ouverture immédiate des points de passage de Gaza pour les matériaux de construction serait un pas important vers la fin du blocus, soulignent les ONG.

« La désapprobation orale de la communauté internationale face au blocus de Gaza ne suffit pas. Tous les États doivent faire pression sur le gouvernement israélien afin qu’il mette fin au blocus et laisse les habitants de Gaza reconstruire leurs vies. »

Plus d’infos :
- Lisez le rapport "Abandon de Gaza : aucune reconstruction, aucune réparation, plus d’excuse"
- Steven Van Damme, responsable du plaidoyer humanitaire d’Oxfam-Solidarité - 0485/442.747
- Stefaan Declercq, Secrétaire général d’Oxfam-Solidarité - 0476/463.053

 
Disclaimer concernant le conflit entre la Palestine et Israël