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Partenariat sud

27 avril 2009

Qu’a fait WLSA en 2008 ?

Notre partenaire WLSA lutte pour améliorer la condition de la femme au Mozambique. Entre acquis, espoirs et inquiétudes, Terezinha da Silva, coordinatrice de l’organisation, dresse pour nous son bilan 2008.

Un climat de peur et de silence

Satisfaite de la réussite des récentes élections municipales et soulagée par le maintien de la paix civile dans le pays, Terezinha da Silva s’avoue toutefois inquiète des « déficits démocratiques » qui caractérisent encore le Mozambique. Un avant-projet de loi sur la criminalisation de la violence domestique présenté au Groupe Parlementaire Femmes a fait l’objet d’un débat houleux. La réaction de certaines députées fut très choquante*. « Elles ont manifesté leur désaccord, en recourant à des insultes et à des menaces voilées, destinées à faire taire la société civile. »

La séparation des pouvoirs judiciaire et politique semble actuellement menacée au Mozambique. Une situation qui crée un climat de peur et de silence, rendant difficile le travail des ONG, notamment quand celles-ci doivent prendre position par rapport à la violation des droits humains. « Il arrive régulièrement que des hommes ayant brutalement agressé leur partenaire s’en sortent en toute impunité grâce à leurs relations bien placées » déplore Terezinha. « Cela se passe autant au niveau le plus haut qu’au niveau communautaire. »

L’action WLSA

WLSA lutte jour après jour contre ce phénomène. Pour cela, l’organisation a notamment décidé d’élargir ses partenariats à des organisations de la société civile qui luttent pour les droits humains en général. « Nous collaborons aujourd’hui avec l’association LAMBDA qui lutte pour les droits des minorités sexuelles, avec le Groupe Mozambicain sur la Dette [également partenaire d’Oxfam-Solidarité, ndlr], avec le Centre pour l’Intégrité Publique, avec le Mouvement Humaniste…
Nous commençons à collaborer avec le Ministère de la Santé afin de former le personnel de santé dans le domaine de la violence domestique.
Nous encourageons aussi la création de liens entre les centres de santé et les bureaux d’accueil des commissariats de police, où nous avons contribué à la formation "droits humains" des policiers.
Nous avons également mis sur pied un centre de documentation qui compte aujourd’hui près de 400 ouvrages sur la question des femmes et de la violence domestique.
Enfin, nous sommes aussi un membre très actif du Fórum Mulher (Forum Femme). »

La contribution d’Oxfam

Oxfam-Solidarité – appuyée par d’autres Oxfam dans le monde – soutient WLSA dans plusieurs projets, et plus généralement dans la mise en œuvre du plan stratégique de l’organisation.

- Recherche  : Oxfam-Solidarité a contribué à la publication d’études sur l’identité de genre des jeunes dans les écoles secondaires. Grâce à ces recherches, WLSA a pu approfondir la question des droits des jeunes garçons et filles au sein des écoles, et plus particulièrement les phénomènes de harcèlement sexuel et de grossesse précoce.
- Formation : le soutien d’Oxfam-Solidarité a permis de mettre sur pied des formations pour agents, particulièrement ceux qui travaillent avec les bureaux d’accueil des commissariats de police. Le nombre d’agents formés a augmenté en 2008 (139 agents de police formés supplémentaires, dont 61% de femmes) et leur aptitude à répondre aux victimes s’est accrue.
- Agenda : pour la commémoration des 20 ans de WLSA, Oxfam-Solidarité a collaboré à la publication d’un agenda spécial 2009 fournissant des renseignements sur les droits des femmes et les droits humains en général.

« Pour nous, le partenariat avec Oxfam-Solidarité est digne d’exemple », conclut Terezinha. « A aucun moment elle n’a tenté d’interférer dans la définition et la méthodologie de nos actions, même celles qu’elle finance. Il règne une réelle cordialité et un réel respect entre nos deux organisations, et c’est quelque chose que je tiens à saluer. »

Sur base d’une interview de Fidélia Chemane, collaboratrice du bureau local d’Oxfam-Solidarité au Mozambique

* S’il semble étrange que des députées, donc des femmes, rejettent un avant-projet de loi en faveur des femmes, cette attitude s’explique par plusieurs facteurs :
- Il semblerait que les femmes arrivées au pouvoir jouent souvent le jeu machiste des hommes
- On estime vexant qu’un tel projet de loi vienne de la société civile plutôt que des parlementaires
- Période électorale oblige, les problèmes épineux (comme celui-ci) ont été mis de côté pendant deux ans au Mozambique

Plus d’infos
- www.wlsa.org.mz
- L’article “Mozambique : la loi du genre”, issu du Globo de mars 2009

 
 

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