Témoignages de participants
"Une équipe soudée"
« J’ai participé plusieurs fois aux trois ateliers de l’époque. L’idée de faire percevoir la problématique du développement à partir de petites communautés rurales est remarquable. L’enseignement traditionnel implique souvent que les élèves soient très statiques. Les impliquer physiquement dans des jeux de rôles où ils deviennent acteurs leur permet de mordre à pleines dents dans la réalité. Ce genre d’atelier complète mon cours de manière vivante. Avec mes élèves de dernière année par exemple, j’étudie les mécanismes du sous-développement. Pendant la visite aux Carrefours du Monde, ils découvrent ce que l’on a vu en classe d’une autre manière. Et après cela, ils n’ont pratiquement plus besoin d’étudier cette matière, ils l’ont intégrée ! C’est très motivant en tant qu’enseignant de se retrouver face à une équipe d’animateurs soudée, très réceptive et ayant la volonté de toujours progresser. Quel que soit le groupe d’élèves, motivés ou non, cela fonctionne toujours très bien. »
Bruno Zanelli, professeur de géographie
"Un autre univers"
« Je faisais partie à l’époque d’un groupe de travail sur le développement rural en Wallonie. Même si nous n’étions plus aux études, nous avions introduit une demande auprès des Carrefours du Monde pour pouvoir faire le parallèle entre les difficultés rurales dans les pays du Sud et celles que nous rencontrons chez nous. Le scénario avait été adapté à notre demande. La dimension ville/campagne était bien présente et les jeux de rôles ont mis en avant l’importance de la négociation dans les différentes revendications des paysans, commerçants, autorités locales. Nous ne connaissions pas la réalité bolivienne ou sud-africaine et je dois dire que c’était un très bon premier contact. Les visiteurs sont directement plongés dans l’ambiance, ils sont transportés dans un autre univers. »
Fabienne Feller, agent de développement
"Moudre le maïs"
« J’ai suivi avec mes élèves de cinquième et sixième année les trois ateliers d’immersion. Et je peux chaudement recommander cette formule à tous les professeurs. Ce n’est pourtant pas une formule facile, la visite doit être bien préparée auparavant. Mais les animateurs sont très enthousiastes et font leur travail avec passion. J’ai personnellement retiré énormément de ces ateliers. Dans les médias, nous recevons souvent une image biaisée des problèmes du monde. En vivant réellement une situation particulière, on peut mieux s’imaginer la situation. Dans ce genre d’atelier, il faut vraiment s’impliquer. En Afrique du Sud, nous étions tout à coup devenus des habitants d’un quartier pauvre, nous devions moudre du maïs et porter de lourdes cruches de plusieurs dizaine de litres d’eau. Après le jeu de rôle, nous devions choisir : ou bien du champagne pour seulement deux personnes du groupe, du jus de fruits pour la moitié ou du thé un peu fade pour tout le groupe, car c’est ce que la plupart des Sud-Africains boivent tous les jours. Tout comme d’autres collègues, j’attends avec impatience la réouverture des Carrefours. »
Wim Danneels, professeur de religion
"Cela vaut le détour"
« Ce que d’autres concepts pédagogiques tentent d’atteindre est ici particulièrement réussi : on va chercher les gens là où ils sont. Je suis en tout cas très impressionnée par ce jeu pédagogique : tout à été travaillé dans les moindres détails et est supporté par des animatrices très vivantes, qui ont beaucoup à raconter et peuvent réellement motiver leur auditoire. Que les ateliers Carrefours du Monde existent en Belgique, un pays confronté à un taux de chômage élevé et à d’autres problèmes sérieux, est un signe clair que les gens perçoivent qu’un parallèle est à faire entre le Sud et le Nord. Etre exclu de la société et vivre l’"apartheid" est aussi possible chez nous. Mais les différents ateliers n’ont rien à voir avec la pédagogie catastrophe. Au contraire, Oxfam-Solidarité fournit de nombreuses idées et possibilités aux groupes participants. Ces ateliers d’immersion fournissent en particulier une chance pour les jeunes d’agir par eux-mêmes. Les Carrefours du Monde valent vraiment le détour ! »
Carmen Schürnbrand, étudiante luxembourgeoise


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