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Partenariat sud

10 avril 2009

UGCAN : l’union des coopératives agricoles de Nampula

Les coopératives d’agriculteurs de la province mozambicaine de Nampula se sont regroupées au sein de l’organisation UGCAN pour défendre leurs intérêts et pour assurer revenus et alimentation en suffisance à leurs membres.

L’ Union Générale des Coopératives et Associations Agricoles de Nampula (UGCAN) a été fondée à la fin des années 80 dans la province de Nampula. Elle compte actuellement 3.000 membres représentant quelque 70 organisations. Depuis 2001, l’UGCAN est un partenaire d’Oxfam-Solidarité.

Tirer meilleur parti de sa production

Les fermiers et fermières de Nampula cultivent des aliments très variés, destinés avant tout à nourrir leur famille. Une partie non négligeable de la récolte est également vendue, ce qui assure les revenus. Pour les membres de l’UGCAN, il est clair que la sécurité alimentaire et l’équilibre économique des agriculteurs passent par le maintien d’une production diversifiée, et non par la monoculture.

Bien entendu, les organisations d’agriculteurs ne peuvent pas améliorer à elles seules la situation des fermiers. L’État a lui aussi son rôle à jouer, entre autres par l’amélioration des soins de santé et de l’enseignement, par une législation sur la gestion des ressources naturelles ou encore par le biais des régulations de marché. Mais c’est parfois lui qui crée les problèmes, comme quand il donne des concessions pour des plantations ou pour la coupe de bois sur le territoire des communautés d’agriculteurs.

Les défis

D’après l’UGCAN, les principaux points de travail sont :
- Garder voix au chapitre dans la gestion les ressources naturelles. Il existe une bonne législation foncière, mais la situation des agriculteurs est menacée par l’extension incontrôlée des villes, par les concessions aux investisseurs de grandes plantations (de coton, de tabac...) et par la coupe de bois effrénée dans les zones rurales. Ces derniers temps, on remarque une nette tendance à la privatisation, ce qui va à l’encontre de la législation foncière. Ainsi, des concessions sont accordées par les autorités sans consultation préalable de la population telle que prévue par la loi. De plus, des membres de l’UGCAN se sont vus privés de terres, même enregistrées à leur nom. Encore une infraction à la loi...
- Le renforcement de la position des petits agriculteurs sur les différents marchés agricoles (locaux et nationaux). Ceux-ci éprouvent du mal à vendre leurs produits sur les marchés, entre autres par manque d’infrastructures. Souvent, ils n’arrivent à vendre leur production qu’à des intermédiaires qui, forts de leur position de monopole, font baisser les prix à un niveau défavorable aux producteurs.
- L’amélioration du système de production. Il s’agit avant tout de préserver la fertilité des sols. En effet, les terres souvent surexploitées ont tendance à s’éroder. Un autre problème grandissant est celui de l’accès à l’eau.

Actions

Les activités de l’UGCAN se divisent principalement en trois catégories :
- Le renforcement de l’organisation. Il s’agit d’un point capital : légaliser les organisations locales et les titres de propriété, améliorer les procédures démocratiques internes, développer la capacité à augmenter ses revenus (dans un souci d’indépendance économique).
- Une meilleure commercialisation de la production des membres. Dans ce but, l’UGCAN rachète les récoltes de céréales et de graines de ses membres, à un prix légèrement supérieur à ceux du marché. Cette production est stockée pour être revendue quelques mois plus tard, quand les prix du marché ont augmenté. L’UGCAN pousse aussi les agriculteurs à transformer en partie leurs produits pour pouvoir en obtenir un meilleur prix. Exemple : en utilisant des machines pour peler le riz, les producteurs pourront le vendre plus cher.
- Une meilleure connaissance du processus de production. Ceci permet de stabiliser ou d’augmenter les récoltes sans effets négatifs pour l’environnement. A cette fin, certains membres de l’UGCAN se sont regroupés dans un réseau. Dans un premier temps, ils diagnostiquent leurs propres terrains et les exploitent avec des techniques d’agriculture simples et écologiques. Par la suite, ils encouragent les autres fermiers à reproduire ces expériences et à rejoindre le réseau. De cette manière, les connaissances agricoles sont diffusées et approfondies.

Réseaux
L’UGCAN revêt un rôle important d’exemple au sein de l’UNAC, la fédération nationale des coopératives d’agriculteurs (également partenaire d’Oxfam-Solidarité). De plus, l’UGCAN est membre du réseau mondial La Via Campesina, lui aussi partenaire d’Oxfam-Solidarité.

 
 

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