Congo : des cochons d'Inde pour lutter contre la malnutrition

18/02/2016

Marie a dû être emmenée à l’hôpital parce qu’elle souffrait de malnutrition. Verdict : anémie et sous-poids. Elle n’a que 5 ans. Elle vit à Ihembe dans la province congolaise du Sud-Kivu. Dans cette région, les milices détruisent régulièrement des villages et des récoltes. Ceci rend la tâche encore plus difficile aux parents qui ne peuvent pas offrir de nourriture assez variée à leurs enfants.

Un problème généralisé ?

La province du Sud-Kivu en République démocratique du Congo est une région particulièrement instable. Les milices internes et issues de pays voisins détruisent les villages, les récoltes et rendent le développement à long terme très difficile.

Les parents ont donc beaucoup de mal à proposer à leurs enfants de la nourriture en suffisance et qui soit assez variée. Un problème qui ne se limite pas au Sud-Kivu :

  • selon le ministère congolais de la Santé, seuls 20% des enfants du pays bénéficient d’un régime alimentaire varié.
  • plus d’un demi-million d’enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition à travers tout le pays.

Des cochons d’Inde pour une alimentation plus variée

La malnutrition, ce n’est pas simplement manger trop peu. Cela signifie aussi que la nourriture n’est pas assez variée. Notre corps a besoin de différents apports nutritifs pour bien se développer. Chez les enfants, c’est encore plus déterminant.

A l’hôpital, Marie a reçu un supplément de lait pendant 9 mois ainsi que du plumpy nut, une pâte sucrée hyper nutritive à base de cacahuètes. Mais cette pâte magique ne résout pas tout.

Quand Marie a pu rentrer à la maison, sa famille a reçu quatre cochons d’Inde distribués par ASOP, un partenaire d’Oxfam. De quoi commencer un élevage pour pouvoir en consommer. Cela peut paraître étrange mais manger des cochons d’Inde est par exemple très courant en Amérique du Sud.

Sensibilisation et petit élevage

« Les cochons d’Inde se reproduisent assez vite et aujourd’hui, on en a neuf », explique le papa de Marie. « Ma femme, mes autres enfants et moi allons tous pouvoir en profiter. Nous en avons déjà consommé un et évidemment c’est Marie qui en a le plus mangé. »

Notre partenaire a distribué des cochons d’Inde à 500 familles jusqu’ici. Et, l’élevage prend de l’importance, certains cochons d’Inde peuvent même être vendus.  

« Le programme de distribution de cochons d’Inde ne suffit pas à lui tout seul. Il s’agit d’un complément alimentaire qui doit aussi être accompagné de légumes, comme des haricots, du sorgho ou du manioc », insiste Crispin, vétérinaire de l’ASOP.

C’est pourquoi ASOP et Oxfam organisent des sessions d’information pour les familles congolaises de la région. « Nous organisons des séances de sensibilisation au sein des familles pour bien leur faire comprendre les besoins nutritionnels d’un enfant. Surtout, on essaye de trouver ensemble comment trouver un équilibre alimentaire malgré le peu de nourriture disponible. »

Sans paix, sans sécurité, les populations du Sud-Kivu ne peuvent pas se construire un avenir. Oxfam effectue par ailleurs un travail de plaidoyer à ce sujet au niveau international afin de trouver une solution aux violences dans la région.

Ce programme a été financé par la Coopération Belge au développement.

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