Oxfam réagit aux cas de recours à la prostitution en Haïti : nous sommes sous le choc

09/02/2018

Le journal britannique The Times a publié un article au sujet d’une affaire de prostitution en Haïti impliquant des travailleurs employés par Oxfam Grande-Bretagne.

Nous sommes sous le choc après cette annonce. 9 anciens collaborateurs d’Oxfam Grande-Bretagne ont eu recours à des prostituées en 2011 en Haïti dans les mois qui ont suivi le tremblement de terre.

En 2010, un tremblement de terre a dévasté Haïti. Des centaines de milliers de personnes ont perdu la vie, leur maison ou des membres de leur famille. Oxfam est intervenue sur place pour apporter de l’aide. C’est à la suite de cette intervention que nous avons appris avec horreur les comportements indécents de collaborateurs Oxfam. C’est totalement inacceptable et ces comportements vont à l’encontre des valeurs d’Oxfam.

Nous sommes totalement indignés et choqués de voir ce qui s’est passé en 2011. Avoir recours à des prostituées est contraire au code de conduite que tous nos collaborateurs signent et s’engagent à respecter. Nous sommes une association qui lutte pour la bonne cause. Nous mettons justement tout en œuvre pour défendre et protéger les hommes et les femmes les plus vulnérables.

Quelles mesures ont été prises contre ces comportements indécents ?

Oxfam prend particulièrement au sérieux toute suspicion d'abus. La branche britannique d’Oxfam a à l’époque lancé directement une enquête interne. L’enquête a été rendue publique en 2011 dans des communiqués de presse.

Les employés concernés ont été suspendus en attendant l'issue de l'enquête. Un certain nombre d'allégations ont ensuite été confirmées par l’enquête. Plusieurs employés ont par conséquent été licenciés et d'autres ont choisi de quitter Oxfam alors que l'enquête était toujours en cours.

Pourquoi Oxfam n’a pas contacté la police haïtienne ?

Oxfam a bien réfléchi à contacter la police locale à l’époque. Mais nous avons reçu des conseils juridiques en Haïti à ce moment-là, qui nous avaient indiqué qu’était extrêmement improbable qu’il soit donné suite à une telle requête. Ceci à cause de la nature des accusations et de la situation de chaos où était le pays à la suite du tremblement de terre.

Comment nous attaquons-nous aux comportements sexuels abusif et affaires de prostitution ? 

A ce stade, nous devons reconnaitre que notre réponse n'a pas été à la hauteur des standards que nous prônons aujourd’hui. Une telle situation n’aurait jamais du être possible. Notre organisation s’engage à un changement réel et profond dans la façon dont nous traitons les accusations et les cas de harcèlement sexuel, d'exploitation et d'abus.

En octobre 2017, une version mise à jour de notre Code de conduite a été ratifiée par notre Conseil d'administration. Ce code interdit désormais explicitement les problèmes découlant cette affaire. Nous avons également mis en place un comité international de protection (Safeguarding Taskforce) pour la prévention du harcèlement sexuel, de l’exploitation et des abus au sein d’Oxfam

Ce qui s’est passé à Haïti va profondément à l’encore de tout ce que représente une organisation de coopération au développement qui défend les droits des femmes.

Lisez ici notre réaction à l'article paru dans The Times