172.678 personnes disent à Johnson & Johnson : stop à l’évasion fiscale !

03/05/2019

La semaine dernière, Oxfam a présenté le résultat de la pétition demandant à Johnson & Johnson de payer sa juste part d’impôt: 172.678 personnes l'ont signée, dont plus de 7.000 personnes en Belgique.

Oxfam lance une pétition contre l'évasion fiscale

En septembre 2018, Oxfam a publié un rapport révélant l'évasion fiscale de quatre géants du secteur pharmaceutique. En combinant optimisation fiscale, prix excessifs des médicaments et lobbysime, les multinationales Johnson & Johnson, Pfizer, Abbott et Merck & Co (MSD) privent les personnes les plus pauvres d’un accès aux soins de santé, tout en pratiquant des profits exorbitants. L’évasion fiscale totale de ces quatre sociétés pourrait s’élever à plus de 3,5 milliards d’euros.

Sur base de ce rapport, Oxfam a lancé une pétition internationale pour appeler Johnson & Johnson, la plus grande de ces quatre sociétés pharmaceutiques, à payer sa juste part d’impôts. Johnson & Johnson est la société mère de l’entreprise belge Janssen Pharmaceutica. Elle évite de payer des taxes à grande échelle et définit un prix trop élevé pour ses médicaments, inaccessibles pour beaucoup de gens.

Un médicament vital en Afrique du Sud, la Bedaquiline, coûte jusqu'à 708 euros, ce qui correspond à 54% du revenu mensuel médian. Ce médicament protège contre la tuberculose, la maladie infectieuse la plus meurtrière au monde. Une variante générique pourrait être vendue à 41 euros. Mais le brevet sur la Bedaquiline est entre les mains de Janssen Pharmaceutica.

172.678 signatures

La pétition a été clôturée le 24 avril 2019 et a rassemblé un total de 172.678 signatures. 172.678 personnes sont d'accord pour dire que Johnson & Johnson devrait mettre fin à l'évasion fiscale, ajuster le prix de ses médicaments et mettre fin à son lobby politique qui ne vise qu’à optimiser ses bénéfices.


La pétition a été remise par Oxfam à Johnson & Johnson le 25 avril lors de sa réunion annuelle des actionnaires dans le New Jersey, aux États-Unis, où se situe le siège de la société.

Pas de réaction officielle de Johnson & Johnson

Johnson & Johnson n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet. Alex Gorsky, le directeur général de Johnson & Johnson, a tout de même réagi de manière indirecte pendant l’assemblée des actionnaires en défendant la politique de prix menée par son entreprise. Selon lui, Johnson & Johnson répond à toutes les normes en vigueur aux Etats-Unis quant à la fixation des prix des médicaments et suit des pratiques de gouvernance saines. En résumé, pour Alex Gorsky, Johnson & Johnson fait simplement du « bon boulot ».