Burkina Faso: comment le lait local permet aux familles de survivre

06/06/2019

Fatoumata et Hantou sont productrices de lait au Burkina Faso. Une situation qui est loin d’être évidente et pourtant ces femmes fortes parviennent à survivre grâce au lait qu’elles produisent.

Fatoumata est productrice de lait à Koto Dougo, un village situé à 20 km de la ville de Bobo Diulasso au Burkina Faso. Elle se lève tous les jours à 6 heures du matin pour traire ses vaches, ainsi que celles des 12 familles avoisinantes. Ensuite, elle marche pendant près d’une heure et demi pour vendre le lait en ville. Avec le bénéfice qu’elle en retire, elle fait face à ses besoins quotidiens. Ensuite, elle rentre au village et distribue le reste de l’argent entre les femmes de sa communauté.

Les conséquences néfastes du dérèglement climatique

Le dérèglement climatique se fait bien ressentir pour Fatoumata, avec des sécheresses qui chaque année sont de plus en plus extrêmes. « J’ai une douzaine de vaches, mais il n’y a plus d’herbe ici. Il faut aller de plus en plus loin pour trouver des pâturages où les vaches peuvent paître », raconte Fatoumata. 

Les vaches à lait burkinabées produisent à peine 3 litres de lait par jour, alors que les vaches européennes produisent en moyenne 15 litres de lait quotidiennement. Mais grâce à une meilleure alimentation, les vaches burkinabées peuvent donner 5 à 6 litres de lait par jour. Grâce aux efforts d’Oxfam et de ses partenaires locaux pour améliorer la qualité de l’alimentation des vaches laitières, elles produisent deux fois plus de lait par jour.

Le lait, source de vie pour les fermières et leurs familles

Grâce au bénéfice tiré de la vente de son lait, Fatou peut donner un peu d’argent à ses filles et à ses belles-filles pour qu’elles puissent subvenir à leurs propres besoins. Chaque jour, elle gagne entre 2 000 et 3 000 FCFA (entre 3 et 4 euros). Ca semble peu et pourtant, c’est un montant qui fait une énorme différence pour beaucoup de familles au Burkina Faso. « Il n’y a pas d’autre travail », reconnaît Hantou, elle aussi productrice de lait. « Le bétail, c’est ma vie. Sans l’argent que je tire de la vente de mon lait, je ne peux pas nourrir ma famille. »

Oxfam soutient le lait local

Pour stimuler la production et la vente de lait local, Oxfam soutient des petites laiteries, comme Kossam de l’Ouest (photo). 40% du lait utilisé par cette toute petite exploitation est local. Elle commercialise du lait frais et des produits dérivés comme du yaourt. Dans le futur, elle envisage d’étendre sa production à d’autres produits, comme du beurre. Kossam de l’Ouest compte déjà 75 unités de production, qui achètent du lait frais à plus de 600 fermiers et fermières, comme Hantou et Fatoumata.

 

Oxfam soutient les laiteries et les familles:

 
  • En donnant des formations pour transformer le lait en produits dérivés, comme du yaourt
  • En fournissant le matériel approprié pour moderniser les laiteries : des machines de pasteurisation, du matériel d’emballage, des frigos, des moteurs pour le transport du lait
     

Grâce à votre soutien, des familles comme celles de Hantou et Fatoumata peuvent améliorer leurs vies.

Concurrence du lait en poudre européen

Le lait burkinabé doit faire face à la concurrence du lait en poudre européen bon marché. Le secteur laitier européen produit beaucoup trop de lait. Les grandes entreprises achètent ce lait à un prix extrêmement bas et revendent les excédents sur les marchés ouest-africains. Ce lait en poudre importé coute jusqu’à 30% moins cher que le lait produit localement et est de moins bonne qualité. Un litre de lait local coute 0,91 euro au Burkina Faso, alors qu’un litre de lait en poudre européen coute à peine 0,34 euro. Pour cette raison, Oxfam apporte son soutien à la commercialisation du lait local burkinabé.