Au Niger, des entrepreneuses en lutte contre la faim

21/10/2019

La crise climatique a des conséquences très concrètes dans la région de Bermo, au sud du Niger. Notamment pour l’élevage du bétail, très répandu dans cette zone. Oxfam et son partenaire AREN ont donc mis en place différents projets afin d’armer les communautés rurales contre les changements climatiques. Au cœur de ces projets, plusieurs femmes jouent un rôle clé.

Bermo compte 66.000 habitant.e.s, dont la plupart dépendent de l’élevage pour vivre. Les sécheresses à répétition entraînent la mort de nombreux animaux : chèvres, moutons, chameaux, ânes. Les récoltes de fourrage, indispensables à l’élevage, sont en effet victimes de ces sécheresses.

Cela a pour conséquence que les hommes doivent quitter temporairement la région, afin d’accompagner les troupeaux sur d’autres pâturages. Pour les femmes restées sur place, la survie est très difficile. Elles doivent attendre le retour des troupeaux, au début de la saison des pluie. Mais heureusement, elles peuvent compter sur leur ingéniosité et leur esprit d’initiative.

Les femmes prennent les choses en main

Au Niger, Oxfam collabore avec AREN, l’Association pour la Redynamisation de l’Élevage au Niger. Quand les troupeaux partent en pâture, il est essentiel pour les femmes de trouver des sources de revenus alternatives afin de pouvoir soutenir leur famille.

AREN fournit du matériel, des fonds et forme les femmes à la création de petites entreprises. Elles peuvent ainsi prendre en main leur propre subsistance. L’argent est prêté sous forme de micro-crédits, ce qui leur permet de disposer d’un petit capital pour, par exemple, acheter une machine à coudre. Grâce à cet outil, elles peuvent fabriquer et vendre des vêtements. Les micro-crédits peuvent aussi permettre d’acheter des animaux pour, par exemple, produire du lait.

Une laiterie pour produire du fromage et du yoghourt

AREN a aussi construit une petite laiterie, équipée du matériel nécessaire à la conservation du lait à basse température. Les femmes peuvent y produire du fromage ou du yoghourt, vendu sur les marchés locaux. En plus de la laiterie, AREN a fourni 12 vaches supplémentaires, ainsi que les moyens de produire leur fourrage, de manière à assurer un approvisionnement de lait quand le reste du troupeau part en quête d'une herbe qui devient de plus en plus rare.
 


Marjama est très heureuse d’avoir reçu une vache. Elle travaille à la laiterie, ce qui lui permet d’être indépendante vis-à-vis de son mari. Les revenus lui permettent d’envoyer ses enfants à l’école, et de s’acheter quelques affaires pour elle-même. Les autres femmes l’ont élue présidente de la laiterie pour son expérience et sa disponibilité quand il s’agit de donner des conseils.

Soutenez des femmes comme Marjama

Une banque de grain pour les périodes de disette

Autre initiative d’AREN : la création d’un stock de grain. Il est acheté quand les prix sont bas, et stocké dans un entrepôt adapté. Quand la nourriture se fait rare, la communauté a accès à ce stock, renforçant ainsi sa résilience en période d’insécurité alimentaire. Une « banque alimentaire » pour nourrir les animaux a aussi été créée sur le même modèle.
 


Ouma (55), au milieu de la photo, est présidente de la “banque de grain” de son village. Elle a été choisie par la communauté pour sa force de caractère et son sens de la justice.

S’attaquer aux causes de la sécheresse

Les solutions proposées par AREN permettent aux communautés de faire face aux conséquences de la crise climatique et des sécheresses qu’elle provoque. Mais la population a aussi conscience de l’importance de s’attaquer aux causes de ces sécheresses. AREN travaille donc main dans la main avec le ministère de l’environnement nigérien afin de lutter contre l’érosion des sols et la sécheresse. Par exemple en plantant des arbres pour améliorer la captation de l’eau par les sols.

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