Sauvetage de patates à 4000 mètres d’altitude

26/11/2019
Les effets de la crise climatique se font ressentir dans le monde entier. C’est le cas au Pérou, pays des alpacas, des hauts sommets andins… et des pommes de terre. Les glaciers d’altitude fondent, ce qui a un impact sur les cultures. Avec le soutien des donateurs d’Oxfam, les paysan.ne.s des Andes agissent pour leur futur.


Le Pérou est un des pays au monde qui présente la plus grande biodiversité. C’est aussi l’un des plus vulnérables au changement climatique. Ses effets se font sentir jusqu’au sommet des montages andines. Les glaciers fondent et les récoltes échouent de plus en plus souvent. Les communautés agricoles rencontrent par conséquence des difficultés croissantes à se nourrir.

Oxfam travaille main dans la main avec son partenaire Asociación Andes à des projets visant à assurer leur sécurité alimentaire. Ensemble, nous mettons en place des collaborations et partages de connaissances entre paysan.ne.s, ainsi que des projets combinant science moderne et techniques agricoles traditionnelles.

Changement climatique en haute montagne

Cornelio Hancco Landa cultive des pommes de terre bio. Il habite dans les Andes, à près de 4000 mètres d’altitude, avec sa femme Eulogia, sa fille Maritza et sa petite-fille. Les changements drastiques de la météo l’inquiètent. « J’ai remarqué les premiers effets du réchauffement il y a déjà 15 ans de cela. Depuis chez moi, je peux voir le glacier fondre progressivement, en causant des glissements de terrain fréquents. Parfois une vingtaine par jour ! Je dois installer mes parcelles de pommes de terre de plus en plus haut. Il y a aussi de plus en plus d’insectes qui attaquent mes plants. »

Ecoles rurales et récoltes sauvages

Cornelio donne des cours dans différentes écoles rurales, une initiative qui a vu le jour en 2011. Dans ces écoles, les paysan.ne.s apprennent comment améliorer les récoltes, même en cas de sécheresse ou d’excès de pluie. Il leur enseigne par exemple comment gérer les problèmes de vermines sans utiliser de pesticide. 

Ces écoles organisent aussi des ateliers au cours desquels les participant.e.s apprennent à reconnaître, récolter et cuisiner des plantes, des herbes ou des champignons sauvages comestibles. Ces ressources gratuites permettent d’améliorer le quotidien tout en variant l’alimentation.

Petronilla (64 ans) participe à ces ateliers depuis 4 ans. Son enthousiasme est total : « Ma vie a changé. La nature a tant de plantes à nous offrir, je l’avais oublié. C’est un tel plaisir de manger plus sainement et de préparer des repas délicieux pour mes enfants et petits-enfants. Je transmets également toutes ces connaissances aux jeunes générations. »

« La pomme de terre est sacrée à nos yeux »

Le changement climatique aggrave les maladies et infestations qui s’attaquent aux cultures de pommes de terre. Le Parque de la Papa (« Parc de la Pomme de terre ») est une zone située non loin de Cuzco. Elle abrite six communautés Quechua natives, pour un total de 6000 personnes. 

Dans ce parc, elles se partagent les terres et diffusent leur savoir traditionnel afin d’assurer un avenir au tubercule national. Elles ont aussi créé une banque de semences où sont stockées des milliers de graines. Grâce à cette banque les espèces indigènes ne risquent pas de disparaître en cas de mauvaises récoltes ou de catastrophe..
 

Brisayda Sicus Palomina (26 ans) vit avec sa famille dans le Parque de la Papa. Elle a formé un ‘collectif gatronomique’ avec d’autres femmes. Elles se rassemblent chaque semaine afin de cuisiner et ont ouvert leur propre restaurant. Leur objectif est de promouvoir la consommation de produits locaux, dont la ‘papa’ demeure la reine absolue. « La pomme de terre est sacrée à nos yeux. Pour assurer notre avenir, il est essentiel d’en préserver un maximum de variétés. 

Photos : Ilvy Njiokiktjien/OXFAM

Tous unis pour le climat