Égalité des genres au Burkina Faso : une approche durable

13/02/2020

Au Burkina Faso, au Mozambique, en RDC et au Mali, Oxfam a introduit le Gender Action Learning (GAL) : un processus participatif qui encourage l’égalité des sexes dans ces pays où beaucoup reste à faire pour parvenir à une égalité de genre.

Nous sommes à Ouagadougou, au Burkina Faso. Dans une salle de réunion où sont rassemblé.e.s des membres d’associations partenaires, les réactions fusent. « Les femmes sont contentes de voir que leur mari apprécie le repas qu’elles ont préparé » déclare un des hommes présents. Ce à quoi une femme répond : « Ce qui nous ferait surtout plaisir, c’est qu’il s’occupe du bébé pendant que l’on cuisine ». Une déclaration ponctuée par les applaudissements des autres femmes présentes.

Une culture patriarcale

Dans des cultures traditionnellement patriarcales comme au Burkina Faso, il est parfois difficile de faire évoluer les attitudes envers le sexe opposé. Pour contourner les réticences, le GAL évite les conférences à sens unique et privilégie les discussions en groupe.

« Partir de l’expérience personnelle d’hommes et de femmes. »

« La réflexion part du vécu de chacun et chacune », relève Benoit De Waegeneer, collaborateur d’Oxfam-Solidarité qui a contribué à orienter le processus GAL au Burkina Faso dans la bonne direction. « C’est l’atout principal de cette approche. S’ils nous avaient vu arriver avec nos gros sabots et dire ‘parlons de genre’, ils auraient tout de suite refermé la porte. »

Planter les graines d’un changement durable

Les participants au processus GAL sont des membres d’associations partenaires d’Oxfam. Par exemple des associations de producteurs laitiers ou de coopératives agricoles. Il peut s’agir de personnes ayant des positions clés dans les communautés ou étant déjà engagées dans la question du genre. Mais de ‘simples’ membres sont aussi convié.e.s. En partant de cette mixité, tout l’enjeu du GAL consiste à faire évoluer les mentalités sur le long terme.

« C’est à travers nos actions que nous pouvons susciter le changement autour de nous. » (Aicha Yara Tchombiano)

« Le processus complet dure environ 18 mois », explique Benoit DeWaegeneer. « Ça peut paraître beaucoup, mais en fait ce n’est pas grand-chose. On parle d’habitudes ancrées depuis des générations. Les changer prend du temps. Ces 18 mois, en fait, c’est juste le début de l’histoire.»

 

Briser les schémas établis

C’est une évidence : l’égalité hommes-femmes ne peut être atteinte que si les hommes sont impliqués dans le processus.  Il faut dire que si la pression sociale est surtout exercée par les hommes sur les femmes, elle s’exprime également entre hommes eux-mêmes.

Les hommes pensent devoir répondre à une certaine image de la masculinité. Toute tentative d’échapper aux schémas oppressifs qui y sont associés est vite sujette à une remise à l’ordre par d’autres hommes. Parallèlement, les femmes, peu habituées à être encouragées dans la voie de l’émancipation, peuvent parfois chercher à contrôler ou retenir d’autres femmes qui ne se conforment pas aux rôles établis.

Le GAL cherche donc à faire prendre conscience aux hommes comme aux femmes de ces schémas établis et de la façon dont ils influencent leurs relations au quotidien. Dans un but : les déconstruire et accéder à plus d’égalité.

Acteurs et actrices du changement

« Pendant longtemps, quand on parlait du genre, les gens voyaient ça comme des dogmes importés du Nord vers le Sud », explique Aicha Yara Tchombiano, participante Pour atteindre son objectif, le Gender Action Learning implique au maximum les participant.e.s. « Pendant longtemps, quand on parlait du genre, les gens voyaient ça comme des dogmes importés du Nord vers le Sud », explique Aicha Yara Tchombiano, participante burkinabaise. « Le GAL nous a appris que ce n’est pas vrai. Le changement commence par une prise de conscience individuelle. Nous sommes acteurs du changement. C’est à travers nos actions que nous pouvons susciter le changement autour de nous. »

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