Alimentation

Près de 805 millions de personnes - 1 sur 9 – vont dormir l'estomac vide. Les trois quarts des personnes qui souffrent de la faim vivent dans les campagnes, et produisent de la nourriture par leur travail. Oxfam plaide pour un autre modèle agricole, familial, basé sur la souveraineté alimentaire.

Avec le soutien de :

  • « Au Burkina Faso, les femmes peules nomades tirent leur revenu principalement de la vente de lait », explique Korotoumou Gariko. Ces femmes ont décidé de se mobiliser, pour protéger le secteur local du lait contre les importations de lait en poudre bon marché. « Avec le soutien d'Oxfam, nous avons créé l'Union des mini laiteries (UMPL-B). Nous avons nos propres produits et nous assurons une meilleure distribution sur le marché local. En tant que membre de l'Union des transformateurs de lait, nous mettons le gouvernement sous pression. Parce qu'il s'agit de notre souveraineté alimentaire et de nos vies ! »

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    Burkina Faso
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    UMPL-B
  • Haïti: Veterimed

    « Contribuer au bien-être de ma famille, veiller à ce que mes enfants ne manquent de rien et puissent aller à l’école, voilà ce qui a changé. » Hélène Paul est éleveuse en Haïti. Après le tremblement de terre de janvier 2010, Oxfam a soutenu financièrement le programme « Lèt Agogo », de notre partenaire Veterimed. Hélène a reçu une vache – qu’elle devra céder à un autre agriculteur au bout de 4 ans - pour lui permettre de relancer sa production de lait et de participer au redressement de l’agriculture locale.

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    Haiti
    Alimentation
    Veterimed
  • Madame Ho Channao est en train de cueillir du thé dans une plantation biologique à Paksong, au Laos. Elle vend sa récolte directement dans les usines de thé du partenaire d'Oxfam Lao Farmer Products, où les feuilles sont transformées en thé vert certifié équitable. Le thé vert est légèrement fermenté afin de ne garder que la meilleure partie des feuilles. Le thé est ensuite emballé manuellement, ce qui assure des emplois pour beaucoup. Le produit des ventes de thé permet de réaliser des projets sociaux, tels que la construction d'une école primaire.

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    Laos
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    ASDSP
  • 86% de la population du Burkina Faso travaille dans l'agriculture. Et pourtant, la sécurité alimentaire de ces paysans n’est pas assurée.

  • Il faut seulement payer une taxe de 5% pour pouvoir importer du lait en poudre au Burkina Faso. C'est beaucoup trop peu pour protéger les producteurs de lait locaux.

Le défi au sujet de l'alimentation

Dans le monde entier, des paysans, bergers et pêcheurs sont pris au piège dans un système de libre-échange qui ne laisse aucune place à la participation des populations. La sécurité alimentaire de millions de personnes est menacée par la politique foncière de nombreux pays. L'accès limité aux moyens de production, les inégalités de genre, le changement climatique et les conflits ont également un effet négatif.

Les prix des denrées alimentaires, cause de faim

Lorsqu'il faut dépenser presque 80% de ses revenus à son alimentation - ce qui est le cas pour la plupart des familles les plus démunies dans le monde - alors la moindre hausse des prix alimentaires a un effet dévastateur. Or, 805 millions de personnes (1 sur 9) vont tous les jours dormir avec le ventre vide. L’achat d’aliments de base creuse un fameux trou dans le budget familial des plus pauvres : jusqu'à 80% de leur revenu ! Leurs moyens de subsistance étant consacrés à la nourriture, l’éducation, les soins de santé ou encore l'épargne passent à la trappe.

Les prix alimentaires augmentent :

Inondations, sécheresses et vagues de chaleur

Beaucoup d’agriculteurs ressentent aujourd'hui clairement les conséquences du changement climatique. La hausse des températures coïncide avec des vagues de chaleur et des sécheresses ou alors des fortes pluies et des inondations. Ainsi, dans certains pays africains, les récoltes ont même diminué de moitié pour cette raison. Les saisons qui se décalent rendent le travail des agriculteurs encore plus difficile : ils ne peuvent plus savoir quand il faut semer, planter et récolter. Ils ne parviennent plus à produire suffisamment pour survivre et gagner leur vie.

Mais l'agriculture est non seulement affectée par les changements climatiques : dans le même temps, elle en est aussi la cause. Les pratiques agricoles sont ainsi responsables d'un tiers de toutes les émissions de gaz à effet de serre.

Terre sous pression

Que des entreprises riches envisagent, pour des raisons commerciales, d'investir dans les terres agricoles des pays pauvres ne constitue en soi aucun problème. Mais cette situation devient problématique lorsque des familles sont chassées des terres, ou si, en raison de ceci, elles peuvent produire moins de nourriture.

Du jour au lendemain, de nombreuses familles dans le Sud perdent leur accès à la terre. La terre est devenue un bien commercial qui peut être vendu ou loué en toute liberté au moyen d'accords entre certains États. Ce phénomène, appelé accaparement de terres, pousse les agriculteurs encore plus dans la pauvreté et cause davantage de faim.

Pratiques commerciales déloyales et petits paysans

Avec la libéralisation des marchés, la manière dont est produite la nourriture est à peine prise en compte. Les impacts négatifs ne sont pas sanctionnés par le marché et les contributions positives encourageant la durabilité sociale et économique ne sont pas valorisées. En outre, la politique commerciale actuelle n’est guère guidée par des objectifs tels que la sécurité alimentaire, la lutte contre la pauvreté ou encore la gestion durable des ressources naturelles et du climat.

Trois quarts des personnes sous-alimentées vivent dans des régions rurales, et la plupart d'entre elles sont eux-même des producteurs alimentaires. C'est inacceptable. Ces producteurs sont pris dans le cercle vicieux de la pauvreté : soit les prix sont trop élevés pour qu’ils puissent s’acheter la nourriture dont ils ont besoin ; soit les prix sont trop bas pour qu’ils puissent augmenter leurs revenus. Ils n’ont pas accès aux crédits, aux technologies appropriées ou aux infrastructures nécessaires. Ils ont rarement la capacité de négocier sur un pied d’égalité avec les intermédiaires et n’obtiennent donc pas un prix décent pour leurs produits.

Les femmes et l'agriculture

Dans les pays en voie de développement, 43% des agriculteurs sont des femmes, mais pourtant il existe une énorme disparité dans ce secteur. Pour un travail similaire, elles sont toujours nettement moins payées. Par exemple dans les zones rurales du Ghana, les hommes gagnent 58% de plus que les femmes. De plus, les femmes ont rarement accès au crédit. L'inégalité d'accès à la terre est un autre grand obstacle. En raison de traditions et de lois discriminatoires, les femmes détiennent en moyenne moins de 5% (Afrique du Nord et Asie de l'est) à 15% (Afrique subsaharienne) des terres.

On tient peu compte des problèmes et des discriminations dont les femmes sont victimes. Or c’est un enjeu essentiel, car si les femmes recevaient les mêmes moyens de production que les hommes, la productivité agricole pourrait augmenter de 20 à 30%. Cela impliquerait d'emblée une augmentation de 2,5 à 4% de la production agricole totale dans les pays en voie de développement.

Que fait Oxfam au sujet de l'alimentation

Oxfam travaille à un monde où chacun aura assez à manger. Le grand moteur de nos actions au Sud comme au Nord est la souveraineté alimentaire. Cela signifie qu'Oxfam défend un autre modèle agricole : un modèle familial, durable et de bonne qualité. Mais en premier lieu, un modèle agricole qui réponde aux besoins de la population locale.

Rendre les agriculteurs plus forts

Oxfam-Solidarité mène des actions de plaidoyer pour ce modèle agricole et pour la souveraineté alimentaire. Il est essentiel que les mouvements sociaux de chaque pays puissent eux-mêmes déterminer leurs priorités. Ils doivent pouvoir faire valoir leurs points de vue sur des questions vitales telles que la politique commerciale, la production locale, l'accès aux ressources naturelles, les migrations et les méthodes de production. Et certainement en temps de crise économique, il est essentiel que les petits agriculteurs puissent obtenir un prix équitable pour leurs produits.

En partenariat avec des organisations agricoles dans le monde entier, Oxfam mène des campagnes contre les pratiques commerciales déloyales qui plongent les paysans dans la pauvreté. Et nous encourageons les femmes à défendre leurs droits pour leur permettre de gérer leurs propres entreprises et de vendre leurs produits tant sur le marché local qu’international, pouvant ainsi augmenter leurs revenus.

Qu'est ce que la souveraineté alimentaire?

Lors du premier Forum international pour la souveraineté alimentaire en 2007, la déclaration de Nyéléni l’a définie ainsi :

« La souveraineté alimentaire comprend le droit des peuples à définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles. Elle place les producteurs, distributeurs et consommateurs des aliments au cœur des systèmes et politiques alimentaires. La souveraineté alimentaire défend les intérêts des générations futures t. Elle représente une stratégie de résistance contre le système commercial et alimentaire actuel, qui est motivé par les exigences des marchés et des transnationales. 

La souveraineté alimentaire fait primer une agriculture paysanne et familiale, une pêche traditionnelle, un élevage de pasteurs, ainsi qu’une production, distribution et consommation alimentaires basées sur la durabilité environnementale, sociale et économique. Elle favorise un commerce transparent qui garantit un revenu correct pour tous et qui défend le droit des consommateurs de contrôler leur nourriture. Il veille à ce que les droits à utiliser et exploiter la terre, les territoires, l'eau, les semences, le bétail et la biodiversité sont en mains de ceux qui produisent des denrées alimentaires. Cela implique de nouvelles relations sociales sans oppression et sans inégalités. »

La campagne CULTIVONS

Pour revendiquer un meilleur système alimentaire, Oxfam mène dans le monde entier la campagne CULTIVONS. La terre. La vie. Le monde. La production agricole doit être faite de manière durable et dans le respect de l’environnement. Pour 2050, le système agricole devra  être en mesure de fournir suffisamment de denrées alimentaires à 9 milliards de personnes. Il est nécessaire de s’attaquer aux fortes inégalités ancrées dans le système actuel. Aujourd'hui, le monde produit plus de nourriture que ce dont nous avons réellement besoin. Et pourtant, près d'1 milliard de personnes souffrent de la faim. Les petits paysans qui produisent une grande partie de la nourriture, ne disposent pas des moyens de production nécessaires, comme l'eau, la terre, les technologies et les investissements.

C'est pour cela que nous soutenons des organisations paysannes qui veulent défendre leurs intérêts et leurs besoins. Grâce à des formations et l'accès à une technologie appropriée, nous travaillons à l'amélioration de la production, mais aussi à un accès au marché plus équitable et au développement de l'infrastructure nécessaire.

Les accaparements de terres

Un autre enjeu de la campagne cultivons est la lutte contre les accaparements de terres, qui se produisent dans les pays africains, en Asie, Amérique latine et même en Europe centrale. Du jour au lendemain, trop de familles dans le Sud perdent leur accès à la terre. La terre est devenue un bien commercial qui peut être vendu ou loué en toute liberté au moyen d'accords entre certains États. Il s'agit en général de pays dont les règles en matière de propriété foncière sont déficientes ou inadéquates. Mais la Banque mondiale pourrait rétablir l'équilibre. Les organisations paysannes, soutenues par Oxfam, militent pour mettre fin aux investissements à grande échelle dans les terres et pour que la Banque mondiale modifie ses politiques.

En novembre 2013 des résultats concrets ont été atteints : Coca-Cola, le plus gros acheteur de sucre au monde, a été convaincu par 215.000 signatures des consommateurs pour la campagne La Face Cachée des Marques. Coca-Cola s’est engagée à une tolérance zéro en matière d’accaparement de terres.

Et vous ?

 

Korotoumou Gariko

Si une vache au Burkina donne 3 litres de lait par jour et une vache européenne 10 fois plus, comment pouvons-nous être compétitifs sur le marché mondial?

Korotoumou Gariko, Mini-laiterie UMPL-B

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