10 ans après le Tsunami

tsunami
22/12/2014

Il y a 10 ans, le 26 décembre 2004, le tsunami en Asie du Sud-Est faisait 230.000 morts et 1,7 million de sans abris. Un élan de générosité sans précédent à travers le monde, a sauvé des vies et donné aux populations affectées les moyens de se rétablir véritablement et durablement. Une réponse exceptionnelle qui fait réfléchir par rapport aux autres crises.

Aucune autre intervention humanitaire n’a, à ce jour, mobilisé autant de financements privés. La communauté internationale a ainsi récolté 11 milliards d’euros, dont 40 % provenaient de particuliers, de fondations et d’entreprises. Oxfam a reçu 239 millions d’euros au niveau de sa confédération internationale (dont  5.408.500 € levés en Belgique).

Winnie Byanyima, directrice générale d’Oxfam a salué le mouvement de solidarité citoyenne : « Les résultats de l’intervention humanitaire suite au tsunami n’auraient pas été possibles sans la solidarité et la générosité des citoyennes et citoyens du monde entier. »

La plus grande intervention humanitaire dans l'histoire d'Oxfam

Entre 2004 et 2009, Oxfam et ses partenaires ont pu porter assistance à environ 2,5 millions de personnes, en Indonésie, au Sri Lanka, en Inde, aux Maldives, au Myanmar, en Thaïlande et en Somalie. Notre réponse d'urgence s’est concentrée en priorité sur l'approvisionnement en eau potable, les abris temporaires, la réhabilitation des moyens de subsistance et le soutien aux populations marginalisées. Entre autre par des programmes de relogement temporaire au Sri Lanka, un approvisionnement en eau et assainissement dans des camps de déplacés à Aceh (Indonésie), un soutien juridique pour des migrants birmans en Thaïlande ainsi qu'un important programme de réhabilitation des moyens de subsistance en Inde du Sud. 

« Ensemble, nous avons mis au point un programme pour ce village »

Hasyimi
 

Hasyimi a reçu de l’argent pour acheter un triporteur avec lequel démarrer une activité commerciale.

2004 – Peu après le passage du tsunami, Hasyimi témoigne :

« Nous avons été particulièrement touchés, parce que la vague est passée des deux côtés de la colline et les courants se rejoints avec violence ici. Toutes nos habitations et toutes nos terres ont été anéanties. Je suis allé voir des membres du personnel d’Oxfam et je les ai amenés ici pour voir ce qui pourrait être fait. Ensemble, nous avons mis au point un programme pour ce village, que nous avons appelé « Born Again » [« Renaissance »] pour montrer que nous pouvions le reconstruire. Nous avons remis sur pied notre communauté et nous avons confiance en l’avenir. »

2014 - Hasyimi a bien réussi depuis. Il a remporté des marchés publics et a investi l’argent gagné dans son propre magasin au village et deux étangs piscicoles. Il emploie à présent cinq personnes.

Des crises inégales face aux financements internationaux

La réaction du grand public face au tsunami a été sans pareille et fait réfléchir par rapport aux autres crises. Au cours des dix dernières années, les financements internationaux n’ont jamais permis de couvrir que les deux tiers des besoins définis par les appels humanitaires de l’ONU.

D’autres facteurs que les besoins humanitaires (des facteurs géopolitiques et la couverture médiatique, notamment) continuent de considérablement influencer les pays donateurs. A titre d’exemple, en deux mois, le tsunami a fait l’objet d’une médiatisation plus importante que les dix grandes crises « oubliées » de 2003, comme le déclenchement de la crise du Darfour. De même, Les Nations unies qualifiaient les inondations de 2010 au Pakistan de « plus graves que le tsunami et le tremblement de terre à Haïti réunis ». Dix jours après la catastrophe, les dons recueillis s’élevaient à 2,5 € par victime (contre plus de 2.000 € d’aide par victime pour le Tsunami).

Prévention et coordination

L’un des principaux enseignements du tsunami aura été la nécessité d’investir davantage dans la réduction des risques de catastrophes futures. D’où l’instauration du cadre « reconstruire en mieux » qui met l’accent sur le remplacement ou la réparation d’infrastructures résistant mieux aux catastrophes naturelles. Autre enseignement important : un système d’alerte précoce a vu le jour et été mis à l’essai avec succès à l’approche d’un tremblement de terre en 2012. Le tsunami de l’océan Indien a également contribué à remodeler dans une certaine mesure le secteur humanitaire, les organisations du secteur prenant conscience du besoin d’une meilleure coordination.

En savoir plus :

Lisez le rapport d’Oxfam « Le tsunami de l’océan Indien, 10 ans plus tard »