3 conclusions du Sommet climatique de Bonn

Climate Express - Bonn 2017
23/11/2017

La  conférence climatique des Nations unies de Bonn n’aura pratiquement amené aucune avancée dans la lutte contre le changement climatique, malgré une année record en matière d’ouragans et d’inondations. La Belgique a une fois de plus brillé par son manque d’ambition.

1. Les pays riches ne sont pas solidaires

Lors du 23e sommet sur le climat, à Bonn, les pays riches ne se sont pas montrés solidaires avec  les pays les plus pauvres. Et pourtant, selon le rapport d’Oxfam « Uprooted by Climate Change», ces sont surtout les pays à bas ou moyen revenus qui sont touchés par les changements climatiques. Des pays qui émettent pourtant bien moins de CO2 que les pays riches.

Ainsi des ouragans ont encore récemment balayé les Caraïbes, des inondations ont détruit des milliers de maisons en Asie du Sud-Est, et des sécheresses de longue durée ont privé et privent encore des millions de personnes de nourriture en Afrique.

La principale déception ce sommet vient du fait que les pays riches ont tout fait pour bloquer un processus de soutien financier envers les pays les plus pauvres pour les aider à se reconstruire après ses catastrophes (« Loss and Damage »). Au lieu de se montrer solidaires, ils ont préféré reporter les discussions à l’année prochaine. Les pays riches manquent ainsi à leur responsabilité d’aider ceux qui subissent le changement climatique de plein fouet. Cette décision met également en péril les relations de confiance entre les différents pays à la table des négociations.

Brigitte Gloire, experte climat d’Oxfam-Solidarité:

« On ne parle pas du futur des personnes touchées mais bien de leur présent, de leur quotidien. Nous devons absolument concrétiser et accélérer le rythme dans le soutien de ces communautés les plus vulnérables. L’heure des reports de décision ou des discours creux est révolue. » 

2. La Belgique n’est pas assez ambitieuse

A Bonn, comme les autres années, la Belgique a fait partie des mauvais élèves.

Contrairement aux Pays-Bas, par exemple, qui ont annoncé réduire de 49% leurs émissions de gaz à effet de serre (et 55% pour l’UE en moyenne) d’ici à 2030, la Belgique n’a pas vraiment brillé en matière d’engagements climat.

Une politique qui est notamment visible dans la faiblesse des mesures prises faces aux émissions de CO2 considérables de notre secteur des transports. Côté financements, certaines régions ont bien annoncé des contributions au fond d’adaptation aux changements climatique. Mais au niveau fédéral, le gouvernement continue de recycler largement les projets de l’aide au développement en les re-labellisant « financements climat ». Il est grand temps que la Belgique s’engage à en faire plus.

3. Une nouvelle chance à Paris

Le Sommet climatique de Bonn aura apporté peu de résultats concrets. Mais le sommet sur le climat initié par le président français Emmanuel Macron et qui aura lieu le mois prochain, offrira tout de même une occasion aux pays riches de s’engager plus loin en matière financière.

Il est impératif que des mesures fortes en ressortent, afin d’éviter les conséquences catastrophiques d’un réchauffement climatique de 3°C.

 

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