3 millions de réfugiés syriens : les gouvernements occidentaux doivent agir

29/08/2014

Le nombre de réfugiés syriens vient de dépasser les 3 millions : les pays riches doivent offrir une solution de réinstallation aux réfugiés syriens et agir face à la crise régionale entrainée par les déplacements, l’insuffisance de l’aide et la surcharge des infrastructures dans les pays voisins de la Syrie.

Une aide insuffisante

Andy Baker, chef de la réponse d’Oxfam à la crise syrienne explique : « Face à l’augmentation du nombre de réfugiés, l’aide devient insuffisante et les pays voisins frôlent le point de non-retour. Il est choquant de constater que plus de trois ans après le début de la crise syrienne, les pays riches n’ont accueilli, dans le cadre de programmes des Nations unies de réinstallation, que 5.000 personnes sur 3 millions de réfugiés enregistrés. La communauté internationale doit renforcer son soutien et travailler avec l’ONU pour, en les relogeant, offrir rapidement une chance à quelques-unes des familles les plus vulnérables. Les réfugiés avec lesquels nous travaillons souhaitent désespérément retourner en Syrie pour reconstruire leur vie, mais tant qu’une solution politique à la crise semblera hors d’atteinte, cela restera impossible ».

Manque de fonds

Face à l’important manque de fonds, les organisations humanitaires ont déjà dû réduire leurs programmes. En Jordanie, Oxfam a dû suspendre les transferts d’argent qui aidaient 6.500 réfugiés logés dans des communautés d’accueil. En juin 2014, l’ONU a été contrainte de réduire l’objectif de financement pour les réfugiés, passant de 4,2 milliards de dollars à 3,74 milliards en raison du manque de fonds disponibles.

« Le fait que 3 millions de Syriens soient maintenant réfugiés n’est que la partie émergée de l’iceberg. En Syrie, ce sont 10,8 millions de personnes supplémentaires qui ont besoin d’aide et les attaques aveugles poussent de plus en plus de familles à chercher refuge ailleurs. Les réfugiés voient leurs économies et leurs biens s’épuiser, et beaucoup ne voient pas comment subvenir aux besoins de leurs familles. Sans soutien sur le long terme permettant l’amélioration de la réponse humanitaire et l’augmentation de la réinstallation des réfugiés les plus vulnérables, l’avenir est très sombre », ajoute Andy Baker.

Des ressources sous pression

En Jordanie, l’installation de milliers de réfugiés syriens dans une zone très pauvre en eau met une énorme pression sur les ressources disponibles. Les réfugiés avec lesquels Oxfam travaille dans le camp de Zaatari doivent se contenter d’un peu plus de 35 litres par personne et par jour pour boire et se laver, une situation particulièrement difficile comparée aux 70 à 145 litres dont ils disposaient chez eux en Syrie. Avec les températures estivales, les risques sanitaires représentent une grande menace ; Oxfam et d’autres organisations humanitaires luttent pour répondre aux besoins de base, et travaillent à créer un réseau de canalisations d’eau qui fournira aux résidents du camp Zaatari une source d’eau plus durable.