5 fois plus de migrants climatiques dans les pays pauvres

31/10/2017

Les habitants de pays à revenus faibles et intermédiaires courent cinq fois plus de risques de devoir prendre la fuite suite à des catastrophes climatiques soudaines, telles que des inondations ou des tempêtes, par rapport aux habitants de pays plus riches.

L'inégalité du changement climatique

Les émissions de CO2 dans les pays plus pauvres sont insignifiantes par rapport à celles des pays plus riches. Pourtant, c'est dans les premiers que les gens risquent plus de devoir fuir, et non dans ceux qui contribuent le plus à déteriorer l'environnement.

23,5 millions de nouveaux migrants climatiques en 2016

Dans son nouveau rapport Uprooted by Climate Change, Oxfam indique qu'entre 2008 et 2016, chaque année 14 millions de personnes en moyenne ont dû prendre la fuite suite à des conditions climatiques extrêmes, telles que des inondations et des tempêtes. Seules 1 millions d'entre elles provenaient de pays à hauts revenus.

Au total, en 2016, on a compté 23,5 millions de nouveaux migrants climatiques. Un chiffre sans doute sous-estimé, car il ne tient pas compte des gens qui doivent fuir suite à des conséquences plus progressives du changement climatique, comme les sécheresses et la montée du niveau des mers et océans.

« Combien doit-il encore y avoir d'ouragans avant que nos responsables politiques réalisent l'ampleur du phénomène et agissent ? », se demande Brigitte Gloire, experte climat d'Oxfam-Solidarité. « Les vies de millions de personnes, qui elles-mêmes ont un impact minime sur le changement climatique, sont détruites. Il est insensé d'abandonner à leur sort des communautés pauvres après des catastrophes dont elles ne sont même pas responsables. »

Sommet climatique à Bonn

Oxfam publie son rapport à l'aube de la 23ème Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 23). Ce sommet annuel débute le 6 novembre dans la ville allemande de Bonn. Des experts du monde entier s'y réunissent pour concrétiser les avancées historiques obtenues via l'accord de Paris sur le climat.

La conférence sera présidée par les îles Fidji, un archipel situé dans l'océan Pacifique. C'est la première fois qu'un petit Etat insulaire prend ce rôle d'organisateur sur lui. Un rôle à haute valeur symbolique, car il s'agit d'un des pays où les changements climatiques se font sentir le plus durement. Près de 55.000 personnes ont déjà dû fuir les îles Fidji en raison de la montée du niveau des eaux.

Oxfam à vélo vers Bonn

Pour faire entendre notre revendication d'une prise en charge solidaire de la problématique climatique, un petit groupe de jeunes a rejoint le Climate Express vers Bonn sous la bannière d'Oxfam. A l'issue d'un parcours de 281 km, la délégation participera à la grande marche pour le climat du 4 novembre.

Que veut Oxfam ?

Oxfam exige que les pays offrent une protection aux personnes en fuite suite à des catastrophes naturelles. Les pays touchés doivent également recevoir un dédommagement, car les communautés qui ressentent le plus les effets du changement climatique ne doivent pas être les seules à en payer le prix.

Les objectifs financiers à mobiliser pour lutter contre le changement climatique et déterminés dans l'accord de Paris sur le climat n'ont toujours pas été atteints ; la Belgique n'a pas tenu ses promesses et doit apporter au plus vite sa contribution financière au Fonds Climat pour les pays en voie de développement.

Les Etats doivent également tout mettre en œuvre pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et limiter ainsi le réchauffement de la planète à 1,5°C. La Belgique doit s'atteler d'urgence à cet objectif, et ce sans passer par l'achat de crédits carbone.

Le changement climatique demande une approche efficace et unanime, encore plus depuis que le gouvernement américain s'est retiré de l'accord de Paris sur le climat.

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