8 choses à savoir sur les Objectifs de développement durable

25/09/2015

17 objectifs de développement durable pour un monde plus juste, pour chacun d’entre nous. 8 choses que vous devez absolument savoir sur ces objectifs mondiaux, qui ont été signés le week-end dernier.

1. Des objectifs très ambitieux

Les 17 objectifs de développement durable prennent le relais des Objectifs du Millénaire. Ces derniers visaient entre autre à diminuer l’extrême pauvreté de moitié et à envoyer tous les enfants à l’école.

Les nouveaux objectifs sont beaucoup plus ambitieux. Ils parlent également de durabilité et d’une croissance économique qui profite à tous. Avec pour deadline 2030, ils veulent lutter contre la faim dans le monde, la pauvreté, les inégalités, le changement climatique, la corruption et bien plus encore.  « C’est assez surprenant que tous les dirigeants du monde aient réussi à se mettre d’accord », explique Brigitte Gloire, chargée de plaidoyer politique pour Oxfam-Solidarité.  

2. Pauvreté, climat et inégalités

Mais ça parle de quoi exactement, ces 17 objectifs de développement durable ? En résumé : personne ne doit être laissé pour compte. Une manière pour les Nations unies de s’orienter vers un monde plus équitable et plus durable, pour tous les habitants de la planète. Pour y arriver, ces objectifs doivent entre autre :

  • Mettre fin à l’extrême pauvreté et à la faim dans le monde
  • Lutter contre les inégalités
  • S’attaquer au changement climatique

3. 17 objectifs qui réclament de l’action

Le premier objectif pour 2030 est clair : la fin de la pauvreté dans le monde. De même que le deuxième : que plus personne ne souffre de la faim. Les objectifs 3 et 4 se concentrent sur la santé (3) et l’enseignement de qualité (4).

Puis suivent des objectifs d’égalité homme-femme (5), d’eau potable (6), d’énergie durable et abordable (7), de travail décent et de croissance économique (8), d’industrie, d’innovation et d’infrastructure (9), de diminution des inégalités entre pauvres et riches (10), de villes plus écologiques (11), de consommation et de production plus durables (12), d’actions pour le climat (13), d’attention pour la vie sous-marine (14) et enfin de coopération entre les différents pays du monde pour atteindre ces objectifs (17).

4. Valables aussi pour la Belgique

Ces objectifs de développement durable sont valables pour tous les pays, et donc aussi pour la Belgique.

Pour ne citer que deux exemples, la production énergétique belge pourrait être bien plus durable et propre (objectif 7), et notre pays doit agir davantage contre le changement climatique (objectif 13).

5. Des objectifs vraiment différents

17 objectifs de développement durable, au lieu de 8 objectifs du millénaire. Mais leur nombre n’est pas la seule chose qui les différencie. Les objectifs du millénaire parlaient surtout d’avancées sociales, comme diminuer la pauvreté de moitié (un objectif réussi), diminuer la mortalité infantile (quelques avancées), ou encore généraliser la scolarisation de tous les enfants (des progrès notables).

Les objectifs de développement durable, comme leur nom l’indique, prennent aussi en compte l’environnement. Par exemple, s’ils continuent à considérer l’éradication de la pauvreté comme une priorité, ils cherchent aussi à produire une énergie propre, pour tous (objectif 12). Contrairement aux objectifs du millénaire, ils essayent aussi de s’attaquer aux causes des inégalités et de la pauvreté, comme le changement climatique.

6. Atteignables ou irréalistes ?

Sur le papier, ça parait faisable. Mais pour que ces nouveaux objectifs soient atteints en 2030, il faut aussi de la volonté politique, un vrai mouvement pour le changement et beaucoup d’argent. Chaque pays doit lutter de son côté pour moins d’inégalités et plus d’équité au niveau de chacun des 17 objectifs (et non pas uniquement au niveau de l’objectif 10 - moins d’inégalités entre pauvres et riches).

Les Nations unies reconnaissent qu’il y a un lien important entre les inégalités et la pauvreté. C’est déjà une première étape. Mais il reste encore de grands obstacles. Pour que ces objectifs soient un succès, nous devons travailler en profondeur :  

  • Le modèle de croissance de nos pays développés n’est pas du tout soutenable pour notre planète. Notre mode de consommation non plus : 20% de la planète consomme 80% de ses ressources naturelles.
  • Et les richesses sont presque exclusivement entre les mains d’une petite élite, qui prend pourtant des décisions qui affectent 99% de la population de la planète. Ça ne peut pas durer.
  • Et que dire du monde des finances, qui stimule par exemple la spéculation sur les denrées alimentaires ? Et qu’en est-il de l’exploitation des travailleurs, ou encore de la manière dont les multinationales font tout pour ne pas payer de taxes dans les pays en développement où elles ont des filiales ?

Pour atteindre ces objectifs de développement durable, nous devons remettre toutes ces choses en question.

7. Avec quel argent seront-ils financés ?

Tous les pays du monde doivent y contribuer. La question reste de savoir s’ils vont bien le faire dans les faits. « Le risque que tout ça ne soit qu’un colosse aux pieds d'argile », explique Brigitte Gloire d’Oxfam-Solidarité. « C’est pourquoi nous devons continuer à rappeler aux dirigeants leurs engagements. »

8. On commence par où ?

La première étape pour un monde plus équitable et plus durable, c’est de s’attaquer aux inégalités économiques et sociales. Par exemple avec un système fiscal équitable. Une autre priorité est de diminuer notre emprunte carbone, en signant un accord ambitieux lors du sommet climatique de Paris. Car le changement climatique touche avant tout les populations les plus pauvres.