8067 citoyens concernés interpellent leur banque

18/06/2014

Ce 18 juin 2014, cela faisait exactement un an que six ONG belges (Oxfam, SOS Faim, CNCD, 11.11.11., Financité et Fairfin) ont publié un rapport démontrant que la majorité des grandes banques actives en Belgique étaient impliquées dans la spéculation sur les produits alimentaires.

Plus de 8.000 citoyens ont réagi en envoyant des lettres indignées à leurs banques. Le prochain gouvernement devra prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à cette spéculation.

Les ONG ont identifié des fonds incriminants chez Axa, Belfius, ING, ABN Amro, Deutsche Bank en BNP Paribas Fortis. L’ensemble comprendrait 28 fonds et de nombreux produits financiers, pour un total de 3,7 milliards d’euros.

Après la publication de ce rapport, les ONG se sont penchées en détail sur les pratiques de KBC et de Keytrade Bank. Elles ont ainsi découvert que ces banques proposent à leurs clients 4 fonds incriminants, qui représentent 1,5 milliards d’euros. En Allemagne et en France, nos collègues d’Oxfam menaient des actions similaires.

Lors de sa sortie il y a un an, le rapport a suscité une forte indignation publique. Une campagne citoyenne de lettres pour demander aux banques de stopper la spéculation sur les matières premières agricoles a été lancée par SOS FAIM (www.onnejouepasaveclanourriture.org). Plus de 8.000 citoyens ont réagi en écrivant à leur banque.

8.067 lettres

Leurs commentaires et observations vont de l’incompréhension à l’indignation. « Le rôle de votre institution est de servir l’économie réelle, il n’est pas de spéculer sur le prix de l’alimentation, ou sur toute autre ressource alimentaire comme la terre ou l’eau », écrit R.F. «  Il est encore temps de faire amende honorable et de changer d'avis, sinon, c'est moi qui risque de changer d'avis concernant mes comptes bancaires. », réagit D.A.

Ce mercredi 18 juin, 6 ONG ont remis les 8.067 lettres aux banques concernées lors d’une rencontre entre ONG, citoyens et représentants des banques.

Résultats

Une banque, Belfius, a arrêté entre temps la spéculation alimentaire et fermé le fonds mis en cause dans le rapport des ONG. La KBC a adopté et publié une politique interne s’interdisant de spéculer sur les matières premières agricoles, sans exclure toutefois la commercialisation de fonds spéculatifs tiers sur demande explicite de ses clients.

Ce 17 juin, AXA Banque faisait savoir que les matières premières agricoles avaient été exclues du Fonds et qu’elle « s’efforcerait » de ne pas participer à la spéculation sur l’alimentation. Crelan et Keytrade ont annoncé qu’elles avaient décidé d’adopter une position interne claire sur la spéculation sur les denrées alimentaires. Les autres banques se sont dites attentives au problème mais en pratique, force est de constater que les actes ne suivent pas.

Les banques se disent favorables à une réglementation claire qui fixerait un cadre contraignant. Mais malgré une déclaration gouvernementale ambitieuse, le processus de loi a capoté lors de la précédente législature. Le nouveau gouvernement doit être plus ambitieux. Car la spéculation sur les produits agricoles aggrave la faim dans le monde. Pour les ONG, il est clair que les banques dans leur ensemble ne bougeront que sous la contrainte.

 

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