9 mois après la tornade, La Havane pense toujours ses plaies

18/10/2019

Dans la nuit du 27 au 28 janvier dernier, une tornade s’abattait sur La Havane, faisant 6 morts, 195 blessés et causant des dégâts importants. Trois ONG établies à Cuba depuis longtemps : Oxfam, HI et CARE ont uni leurs forces pour couvrir les besoins essentiels des sinistré.e.s: assurer l’accès à l’eau potable et reconstruire les foyers. Leur situation sanitaire s’est depuis considérablement améliorée. Parmi les séquelles moins visibles mais bien réelles, figurent désormais les conséquences psychologiques du cataclysme.

La tornade qui a balayé La Havane était comparable à un ouragan de catégorie 5, le niveau d’intensité le plus élevé. Les autorités avaient alerté les habitant.e.s de son arrivée. Les Cubain.e.s, habitué.e.s à ces avertissements météorologiques, ne se doutaient pas de l'ampleur de ce qui se préparait après 21 heures ce soir-là.

Assurer l’accès à l’eau et reconstruire

Les jours qui ont suivi la tornade, les autorités cubaines se sont immédiatement attelées à la reconstruction. Oxfam est intervenue rapidement afin de couvrir les besoins essentiels de 2.000 familles : eau potable, toilettes, citernes pour stocker l’eau et ainsi palier aux coupures de distribution et se protéger des maladies. Mais aussi du matériel de construction, destiné à aider le ministère de l’éducation à reconstruire les 78 écoles endommagées par la tornade. Grâce à la mobilisation des autorités et des ONG et à l’élan de solidarité des cubain.e.s, les travaux ont pu être achevés à temps pour permettre aux enfants de faire leur rentrée des classes.

Soigner le stress post-traumatique

La tornade a aussi laissé des stigmates moins visibles : « Retrouver la tranquillité d’esprit a été le défi le plus difficile pour moi », se souvient Amelia Duarte, une jeune mère célibataire du quartier emblématique la Víbora. « 6 mois plus tard, je rêve encore de la tornade ». La chambre de son nourrisson de 9 mois occupait le grenier de sa maison, dont le toit avait été soufflé par les vents. Sans l’aide d’une voisine qui se trouvait sur place lors de la tornade, les conséquences auraient été dramatiques.

Pour tenter d’atténuer les effets du stress post-traumatique dont souffre Amelia et de nombreux autres rescapé.e.s, Oxfam et son partenaire cubain, le Centre Oscar Arnulfo Romero, ont animé – et animent toujours à l’heure actuelle - des ateliers pour les aider à récupérer après un tel traumatisme.

L’atelier était particulièrement destiné aux femmes. Comme l’explique Ismaray, une mère de trois enfants du quartier populaire de Luyano, dont la maison a été soufflée par les vents : «La tornade a affecté tout le monde, mais encore plus les femmes. Heureusement, nous avons été transférées dans un refuge mais on s’y préoccupe constamment du bien-être de nos enfants : leur alimentation, s’assurer qu’ils sont en bonne santé, en sécurité, et tout cela hors de nos maisons ». L’état de stress post-traumatique dans lequel se trouve Ismaray encore aujourd’hui provoque chez elle des maux de tête et des insomnies. Partager ses expériences avec d’autres femmes, sous la supervision de psychologues constitue déjà un premier réconfort.

Ce projet, dénommé « Habana resiliente », est une initiative d’Oxfam, Humanity & Inclusion (HI) et CARE, et a été financé par l'Union Européenne (Protection Civile et Opérations d'aide humanitaires européennes), la ville de Bruxelles, et les fonds propores d’Oxfam et de CARE.

 

 

 

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