Au Ghana, des solutions simples pour faire face à la crise climatique

22/08/2019

Oxfam s’est lancée dans un programme original au Ghana, afin d’accompagner les paysan.ne.s sur le chemin d’une vie meilleure. Une combinaison inspirante de solutions simples mais ingénieuses. L’objectif est de renforcer les communautés rurales face aux conséquences du changement climatique.

Personne n'est mieux placé pour expliquer les avantages de ces projets que celles et ceux qui en récoltent directement les fruits. Nous laissons donc la parole à Mina, Poakurugu et Alima afin d'en savoir un peu plus sur leurs différents aspects.

Le compost d’Alima

Oxfam distribue les outils et forme les paysan.ne.s à créer leur propre compost. C’est une solution simple pour transformer les déchets organiques en engrais écologique.

« Avant d’utiliser le compost, mon bout de terrain me permettait de récolter 1 sac de maïs, environ 100 kg. Mais l’année dernière, avec la même surface, j’ai pu produire 10 sacs. Presque 1 tonne de maïs ! Ça m’a permis de prendre soin de mes enfants, de les envoyer à l’école. Et aussi de me procurer de la nourriture. Je suis heureuse, le compost a vraiment amélioré ma vie. »
Alima Fatawu, maman de 7 enfants.

Une formation et un kit de compostage reviennent à environ 70 euros.

Soutenez le compostage au Ghana

Le poêle à cuisiner en terre cuite de Poakurugu

Traditionnellement au Ghana, la cuisine se fait sur feu de bois ouvert. C’est une technique simple… mais pas très efficace. Elle consomme en effet beaucoup de bois, et augmente le risque d’incendie. Oxfam introduit donc une solution ‘low tech’ sous la forme d’un poêle à cuisiner en terre cuite, posé sur un socle en béton. C’est une solution bon marché, et qui présente de nombreux avantages par rapport au feu ouvert : cuisson plus rapide, besoin en combustible très réduit, moins de dégagement de fumée et moins de risque d’incendie.

« Avant l’arrivé des poêles, on coupait les arbres pour avoir du bois pour la cuisine. On a vu un changement dans la fréquence des pluies à cause de ça. Et donc les cultures produisaient moins. Maintenant, avec ces poêles, on n’utilise plus qu’une fraction du bois qu’on utilisait avant. Et ils sont nettement plus sûrs. L’année dernière, deux maisons du village ont brûlé à cause d’un feu de cuisine. Mais là je vous parle, le repas cuit, je ne dois pas m’inquiéter du risque d’incendie car le foyer est confiné au poêle. »
Poakurugu (34), maman de 4 enfants

Le matériel pour l’installation d’un poêle ne coûte presque rien. La terre glaise se trouve facilement, et il suffit d’un peu de béton pour le socle. Une courte formation permet aux communautés de fabriquer elles-mêmes des poêles pour un village. Le coût global est d’environ 10 euros par poêle.

Aidez les villageois.e.s à s’équiper de poêle en terre cuite

La « banque en boîte » de Mina

Trouver une banque dans les régions rurales du Ghana n’est pas difficile… c’est tout simplement impossible. Cela signifie aussi l’impossibilité d’épargner, ou de contracter un prêt. C’est là qu’Oxfam intervient avec son système très simple de banque coopérative.


Chaque participant à la banque s’engage à y déposer une somme modeste chaque semaine (5 Cedis ghanéens, soit environ 1 euro). Le pécule ainsi récolté sert d’épargne pour les ‘client.e.s’ de la banque. Il permet aussi d’octroyer des petits prêts, par exemple pour l’achat d’outils ou de semences. Le remboursement se fait avec un léger intérêt, qui est reversé aux coopérant.e.s sous forme de dividendes.

« C’était parfois très difficile pour moi de payer les frais d’école pour mes enfants. Avant, pour gagner un peu d’argent, je faisais du « galamsey » (terme ghanéen : extraction illégale de minerai à petite échelle). C’était fatiguant, et en plus je me suis fait agresser plusieurs fois par des bandits armés qui m’ont volé ce que j’avais récolté. Maintenant, grâce à la banque coopérative du village, je peux emprunter un peu d’argent quand c’est nécessaire, par exemple pour payer l’école. »
Mina Bugri (50)

Une « banque en boîte » (boîte blindée, carnets d’épargne, tampons, formation) coûte 35 euros, et permet de créer un groupe de 25 à 30 coopérant.e.s.

Aidez à ouvrir une banque coopérative au Ghana

Le programme CRAFS d’Oxfam

Derrière cet acronyme se cache un programme visant à améliorer la résilience des communautés en matière d’alimentation et d’agriculture face au changement climatique (Climate Resilient Agriculture and Food Systems – CRAFS). Ou pour dire les choses plus simplement : permettre aux communautés d’assurer des récoltes et de la nourriture en suffisance malgré un climat de moins en moins favorable.

Pour cela, Oxfam et ses partenaires locaux mettent en place tout un éventail de solutions. Leur point commun : être basées sur des technologies simples à mettre en place et à entretenir. Et comme toujours chez Oxfam, une attention particulière est portée à la situation des femmes, afin de renforcer l’égalité au sein des communautés.

Petits ruisseaux et grandes rivières

Outre les 3 projets présentés ici, le programme CRAFS englobe aussi :

  • Sensibilisation à une meilleure répartition des tâches entre hommes et femmes.
  • Clubs scolaires sur le changement climatique.
  • Diversification des cultures et apiculture.
  • Fourniture de petits animaux d’élevage, principalement à des agricultrices.
  • Programmes radio locaux pour relier les communautés isolés.

Ces projets changent des vies aujourd’hui même. Ils sont aussi la preuve qu’un changement positif est possible, même avec des moyens réduits. Cela permet d’influencer les politiques locales, voire nationales, afin que des initiatives similaires puissent être financées au sein même du pays. Oxfam espére que comme les proverbiaux petits ruisseaux, ces projets permettront la création de grandes rivières.

Photos © Nana Kofi Acquah/Oxfam