Au Yémen, 50 personnes sont infectées par le choléra toutes les heures depuis 5 ans

24/03/2020

Cinq ans après le début de l’opération Tempête décisive, déclenchée par une coalition de 10 pays menée par l’Arabie saoudite le 25 mars 2015, Oxfam craint que la pandémie de Covid-19 n’aggrave une situation sanitaire déjà catastrophique.

Face à la récente recrudescence des combats, l’arrivée imminente de la saison des pluies en avril et la fermeture de l’aéroport de Sanaa – crucial pour achemnier l’aide humanitaire - afin d’empêcher la pandémie du Covid-19 de se répandre au Yémen, Oxfam craint de nouvelles pertes civiles dues aux combats et aux maladies, dans un pays où le choléra a contaminé près de 860.000 personnes en 2019.

Après plus de cinq années de conflit, on estime que 12.366 civils ont été tués dans des combats, 18 millions de personnes – soit plus de la moitié de la population - manquent d’eau potable, 7,4 millions dépendent de l’aide alimentaire et le pays compte 4 millions de déplacés. Bien qu’aucun cas de Covid-19 n'ait été annoncé à ce jour au Yémen, une apparition du virus dans le pays, dont la moitié des infrastructures médicales ont cessé de fonctionner, aggraverait la crise humanitaire qui sévit dans ce pays. C’est dans ce contexte qu’Oxfam a entamé la formation de professionnels de la santé qui à leur tour mèneront des campagnes de prévention et de sensibilisation au Covid-19 auprès des yéménites.

Bilan d’une guerre sans fin

Depuis qu’une coalition dirigée par l’Arabie saoudite est entrée dans le conflit yéménite en soutien du gouvernement reconnu par la communauté internationale et contre ses opposants, les Houthis, un civil meurt toutes les trois heures et demie, tandis que des milliers d’autres ont succombé à la maladie et à la faim.

Chaque heure qui s’est écoulée depuis mars 2015 a vu plus de 90 personnes fuir les combats, 50 cas de choléra signalés, et 100 personnes supplémentaires tomber dans une situation de crise alimentaire. En cinq ans, ce sont près de 4,5 millions de personnes qui ont été atteint de malnutrition.

Oxfam craint une résurgence du choléra au Yémen

Tandis que la pandémie de covid-19 se répand sur la planète, les vols à destination et en provenance du pays ont été interrompus, ce qui risque de retarder la fourniture de l’aide humanitaire, dans un pays où les centres de santé qui fonctionnent encore manquent de médicaments, d’équipement médical et de personnel soignant.

Oxfam alerte également sur le fait que la prochaine saison des pluies prévue à la mi-avril, qui d’accoutumée augmente les risques de maladies hydriques, pourrait entraîner une inquiétante résurgence des cas de choléra. Le Yémen comptabilisa 1,3 millions de cas entre avril 2017 et décembre 2018. Selon les estimations d’Oxfam, le pays pourrait à nouveau franchir la barre du million de cas en 2020.

Nouvelle vague de violences

Après une baisse des hostilités vers la fin de 2019, les combats se sont à nouveau intensifiés dans les régions de Sanaa, Marib et Aljawf en janvier et février de cette année. Des combats qui ont poussé 35.000 civils à fuir leurs foyers, selon l’ONU. Ils rejoignent les plus de quatre millions de Yéménites qui ont déjà trouvé refuge dans des familles d’accueil ou des camps de déplacés depuis 2015.

« ll est nécessaire que puisse sans délai intervenir un cessez-le-feu »

Face à cette situation, Catherine De Bock, chargée de plaidoyer humanitaire chez Oxfam a déclaré depuis Bruxelles : « Nous exhortons, la Belgique en tant que membre non-permanente du Conseil de Sécurité des Nations-Unies à faire pression sur les parties prenantes au conflit pour permettre un accès sûr et inconditionnel des populations à l'aide humanitaire et de poursuivre les négociations pour obtenir un cessez-le-feu le plus rapidement possible. Chez nous, il faut immédiatement mettre fin aux ventes d’armes aux parties belligérantes au conflit. La crise humanitaire qui sévit actuellement au Yémen est entièrement provoquée par les belligérants et alimentée par ceux qui les arment. »

Muhsin Siddiquey, directeur d’Oxfam au Yémen a ajouté: « Si la communauté internationale est à juste titre préoccupée par la protection de ses propres citoyens face au coronavirus, elle doit aussi assumer ses responsabilités envers le peuple yéménite. Après cinq ans de guerre et face à la menace croissante d’une pandémie sans précédent, les Yéménites ont désespérément besoin d’une paix durable ».

 

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