Au Yémen, l’épidémie de choléra redouble d’intensité

19/04/2019

L’épidémie de choléra la plus meurtrière de l’histoire pourrait être sur le point de réapparaître alors que les organisations humanitaires au Yémen peinent à prendre en charge les 40.000 personnes potentiellement atteintes par la maladie, selon des informations diffusées aujourd’hui par Oxfam. Les combats et restrictions d’accès, rendent l’organisation de l’aide extrêmement difficile dans certaines zones affectées.

Le nombre de cas présumés est déjà en hausse, et la saison des pluies imminente pourrait accélérer la propagation de la maladie, si des inondations ont lieu et que les sources d’eau sont contaminées. Lors des deux dernières semaines de mars, on dénombrait chaque jour environ 2.500 nouveaux cas présumés, alors qu’on parlait de 1.000 cas par jour en février. C’est plus de 10 fois le nombre de cas signalés et de morts associées à la même période en 2018.

Plus de 3.000 personnes sont mortes depuis le début de l’épidémie en 2016. En juin 2017, au plus fort de la crise, 7.000 nouveaux cas présumés étaient identifiés chaque jour et l’épidémie était décrite comme la plus meurtrière au niveau mondial par l’Organisation Mondiale de la Santé. Selon les calculs d’Oxfam, si la fréquence d’identification de nouveaux cas présumés reste la même pour le reste de l’année, l’épidémie sera plus sévère que celle de 2017.

Muhsin Siddiquey, directeur pays d’Oxfam au Yémen, a déclaré : « La population du Yémen a déjà enduré l’épidémie de choléra la plus grave de l’histoire, alors même que le pays est en guerre depuis plus de quatre ans et que l’économie du pays s’est effondrée. La communauté internationale doit, sans plus tarder, organiser un accès sûr, sécurisé et libre de contraintes à l’aide humanitaire pour toutes celles et ceux qui en ont besoin dans le pays. »

Des structures de santé au bord de l’effondrement

Depuis le début de l’année, nous estimons qu’environ 195.000 personnes pourraient avoir contracté la maladie. Parmi elles, plus de 38.000 personnes se trouvent dans des districts que les organisations humanitaires ont du mal à atteindre. Au début du mois, Oxfam a été forcée de transférer son bureau à Shafer, dans le gouvernorat de Hajjah, au nord du pays, car les combats se rapprochaient. Oxfam distribue de l’eau potable et des sommes d’argent destinées à l’achat de nourriture à plus d’un demi-million de personnes dans les districts environnants.

Les conflits, frappes aériennes et restrictions d’accès continus ont plongé 14 millions de personnes dans la famine au Yémen. Près de la moitié des enfants âgés de six mois à cinq ans souffrent de malnutrition chronique.

Le conflit en cours a entraîné la détérioration des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement dans tout le pays. L’accès à une source d’eau propre et à des systèmes d’assainissement adaptés sont essentiels à la prévention du choléra. Les Nations unies estiment que 17,8 millions de personnes ont besoin d’aide pour accéder à une source d’eau propre au Yémen.

La moitié seulement des infrastructures de santé du pays sont fonctionnelles et nombreux sont celles et ceux qui n’ont pas les moyens financiers d’obtenir un traitement médical.

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