Aux côtés de nos partenaires cambodgiens

13/02/2014

Le 10 février, une centaine de militants de syndicats, de la campagne « vêtements propres » et d’ONG dont Oxfam se sont réunis devant l’ambassade du Cambodge à Bruxelles pour exiger la libération de manifestants cambodgiens actuellement emprisonnés sans aucune forme de procès.

Notre partenaire C.CAWDU au Cambodge, a appelé le 24 décembre 2013 avec d’autres syndicats à une grève nationale. Leur revendication : un salaire minimum de 160$ par mois. Après 10 jours de manifestations, le gouvernement a réprimé le mouvement de grève dans la violence.

En grève pour un salaire décent

Depuis 2010, le salaire minimum au Cambodge est de 80$ par mois. Or selon une étude, le minimum pour vivre est de 160$. C’est pourquoi, les syndicats cambodgiens ont exigé qu’un comité de négociation tripartite se réunisse. Cette réunion qui a eu lieu le 24 décembre 2013 aura duré à peine une demi-heure, menant à un vote de seulement 95$. Or il faut savoir que seuls deux des sept syndicats participant au Comité sont réellement indépendants et démocratiques, les autres étant liés au gouvernement ou aux employeurs.

Dès le lendemain un quart des travailleurs du textile étaient en grève. A la fin de l’année, la quasi-totalité du secteur était bloquée et d’autres secteurs industriels se sont joints à leurs revendications. Les travailleurs demandaient non seulement un revenu plus élevé, mais aussi la fin des intimidations syndicales et la possibilité de défendre leurs droits de manière équitable. Le 29 décembre, un demi-million de personnes étaient dans la rue selon les estimations.

4 morts, 38 blessés, 21 en prison

Entretemps, le comité de négociation tripartite s’est à nouveau réuni, avec une proposition 100$ par mois. Comme personne ne se retrouvait dans cette décision, un nouvel appel à manifester a été lancé. 10 personnes ont finalement été arrêtées, y compris le leader de l’organisation des travailleurs du secteur informel (IDEA, un autre partenaire d’Oxfam). Le même scénario s’est répété le lendemain mais d’autres moyens furent employés : tasers, matraques, gaz lacrymogènes et fusils automatiques. La plupart des travailleurs se sont réfugiés chez eux. D’autres ont installé des barricades.

On en connait aujourd’hui le résultat : 4 morts, 1 disparu et 38 blessés graves. 21 personnes sont à ce jour emprisonnées sans aucune forme de procès. Leur libération sous caution a été refusée, en dépit d’une forte pression internationale. Ni le gouvernement ni les employeurs n’ont eu la moindre compréhension pour la situation des travailleurs.

C’est pourquoi Oxfam a manifesté son soutien lors de l’action qui a eu lieu devant l’ambassade du Cambodge à Bruxelles. Des actions similaires ont eu lieu le même jour dans le monde entier.

Plus d’informations sur : http://www.cleanclothes.org/

 

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