Bonne nouvelle : 4 investisseurs européens se retirent du barrage controversé « Agua Zarca »

18/09/2017

L'année dernière, Oxfam a lancé une pétition demandant aux investisseurs européens de cesser de soutenir le barrage controversé d’Agua Zarca. La campagne a bien porté ses fruits. 

Les projets pour la construction du barrage hydroélectrique d’Agua Zarca au Honduras se heurtent depuis déjà de nombreuses années à une forte résistance de la part de la communauté Lenca locale. Le barrage interdirait aux habitants l’accès à la rivière Gualcarque. Cette rivière est leur principale source d'approvisionnement en eau et nourriture. 

Le combat de Berta Cáceres 

Berta Cáceres dirigeait le mouvement de protestation non violente contre la construction du barrage. C'était une militante hondurienne et cofondatrice de COPINH, une organisation qui se battait depuis des années pour les droits des communautés autochtones au Honduras. Mais le 3 mars de 2016 elle fut brutalement assassinée dans sa propre maison

Au cours de la même semaine, Oxfam lançait une petition invitant les investisseurs du barrage Agua Zarca à se retirer du projet. Parce que nous pouvons continuer le travail de Berta. 

Nous avons demandé également au gouvernement du Honduras de :

  • garantir la sécurité de la famille de Berta et d'autres membres de COPINH
  • et de mener une enquête indépendante sur l'assassinat de la militante. 

Et maintenant ? Des investisseurs européens se retirent du projet 

Oxfam confirme que 4 entreprises européennes ont depuis lors annoncé qu’ils n’accordaient plus leur aide au barrage controversé au Honduras:

  • Cet été, Voith et Siemens ont annoncé qu'ils retiraient leurs fonds du projet.
  • Un mois plus tôt, deux autres investisseurs européens, FMO et Finnfund, ont annoncé qu'ils s'étaient retirés de la construction du barrage. 

L’investisseur principal du barrage, le CABEI, est toutefois resté silencieux depuis l'année dernière. 

George Redman, Directeur d'Oxfam au Honduras: 

« C'est une étape importante pour la famille Berta et son organisation COPINH dans leur lutte pour la justice et le respect des droits de la communauté Lenca. L'histoire ne doit pas se répéter. Les entreprises doivent travailler en étroite collaboration avec les communautés locales pour qu'elles investissent uniquement dans des projets qui respectent la législation nationale et internationale. Le profit ne saurait prévaloir sur l’Homme. »

Une lutte mondiale pour des droits fonciers locaux 

Berta n'est pas la première activiste à avoir été tuée pour son combat pour les droits fonciers locaux. Il existe, partout dans le monde, des projets controversés impliquant à grande échelle des accaparements de terres et une exploitation des ressources naturelles des populations indigènes. Ces projets sont souvent accueillis par les populations locales avec beaucoup de résistance. 

C'est pourquoi Oxfam travaille avec d'autres organisations pour la reconnaissance des droits fonciers des populations locales dans le cadre de la campagne internationale Land Rights Now.