Pourquoi les producteurs de lait belges et burkinabè ont les mêmes problèmes

17/05/2016

Les crises laitières se succèdent en Europe. En 2015, la Belgique a connu sa 3ème crise grave en moins de 10 ans. Des milliers de producteurs laitiers sont touchés par la chute des prix du lait. Ils ne gagnent plus assez pour vivre du lait qu’ils produisent.

Cette situation injuste à des conséquences jusqu’au... Burkina Faso. Les producteurs de lait locaux y font face à la concurrence du lait en poudre européen, bien moins cher que le lait burkinabè. A leur tour, ils ne peuvent vivre de leur production.

Soutenons la laiterie de Bittou

Comment en est-on arrivé là ?

La politique agricole commune européenne est l'une des principales causes de ces crises laitières. Début des années 2000, l’Union Européenne a cessé de garantir un prix minimum d’achat du lait aux éleveurs. Par ailleurs, les quotas à la production laitière ont progressivement été supprimés encourageant la surproduction laitière.

Résultat ? Le marché européen a vu l’offre de lait surpasser la demande et les prix du lait chuter. Dans un contexte de marchés mondialisés et de compétition internationale féroce, la politique agricole commune européenne choisit la voie du « toujours plus » au moindre coût dans des exploitations agricoles toujours plus grandes.

Quelles sont les conséquences de politique laitière européenne ?

La politique actuelle :

  • mène à la disparition des exploitations familiales
  • menace l’environnement.

Pas seulement en Belgique et en Europe mais également dans les pays les plus pauvres.

Pour évacuer la surproduction laitière européenne, il faut explorer de nouveaux marchés hors de nos frontières. L’Afrique est la destination préférée des exportations européennes de lait en poudre.

Conséquence : les producteurs laitiers africains n’arrivent plus à commercialiser leur propre lait, plus cher que le lait en poudre importé d'Europe. Tout comme les producteurs européens, ils ne gagnent plus assez pour vivre du lait qu’ils produisent.

Quelles alternatives ?

  1. De nombreux producteurs laitiers européens et africains plaident pour que l'Europe limite la production laitière. Cela contribuerait à des prix plus rémunérateurs en Europe et à éviter des surplus de production à bas prix devant être exportés. 
  2. De plus, les producteurs laitiers s’organisent pour commercialiser leur lait autrement. En Belgique, depuis 2010, plus de 500 producteurs de lait, regroupés en coopérative indépendante, ont participé à Fairebel, première marque de lait équitable sur le marché belge. Fairebel permet à tous les acteurs de la chaîne d’être justement rémunérés. 
  3. Au Burkina Faso, l’Union nationale des Mini-laiteries et Producteurs du Lait local du Burkina (UMPL-B) a été créée en 2007. L'UMPL-B lutte contre la concurrence déloyale du lait en poudre européen. Ses 1.700 membres dont 90% de femmes font face aux conséquences de la crise du lait en Europe sur le marché local. L’UMPL-B multiplie donc les actions de plaidoyer et les alliances, notamment avec des producteurs belges membres de Fairecoop, à la base du lait « Fairebel » .

Envie de donner un coup de pouce aux producteurs laitiers ?

Deux mini-laiteries ont été identifiées par l’UMPL/B pour leur potentiel économique : Kossam Yadéga de Ouahigouya et la Mini-laiterie de Bittou. Cependant, elles n'arrivent pas à améliorer leur offre, tant en quantité qu'en qualité. Alors que la demande existe.

Oxfam Solidarité et Faircoop appuient ces deux mini-laiteries afin de de garantir un prix rémunérateur pour le producteur. Le but est aussi de leur permettre de servir de modèle pour le développement de la filière lait au Burkina Faso.

Nous avons besoin de tous les soutiens afin de financer de nouvelles machines pour la deuxième mini-laiterie à Bittou. Participez au crowdfunding !

Soutenons la laiterie de Bittou

Découvrez en image la laiterie de Bittou !

Soutenons les producteurs de lait burkinabès. Aidons-les à faire face à la concurrence du lait en poudre européen.

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