Climat : un accord historique ?

14/12/2015

A Paris, plus de 190 pays se sont unis pour limiter les émissions de CO2 et le réchauffement climatique. Ces négociations ont été un moment important dans les efforts de lutte contre le changement climatique. Mais les engagements pris sont insuffisants.

Cela fait des années que nous nous battons et menons des actions pour qu’un accord climatique soit signé par tous les pays. Garder le réchauffement climatique sous contrôle est un travail essentiel pour nous protéger contre les conséquences du réchauffement de la planète (comme les sécheresses extrêmes, les inondations et les pénuries alimentaires).

Un soutien massif

Nous avons rappelé à nos politiciens, autant de fois que possible, à quel point obtenir un accord sur le climat est important :

  • 8.182 mails ont été envoyés avec votre aide entre juin et novembre à nos ministres en charge du climat
  • 14.000 personnes se sont rendues à Ostende le 6 décembre pour une marche climatique sur la digue
  • des milliers de personnes ont participé à #wearemarching, la première manifestation do-it-yourself sur Twitter et Facebook

Merci d’avoir fait pression pour le climat !

Quels sont les points clés de l’accord climatique ?

Il y a enfin un accord international sur le climat. A Paris, tous les pays du monde ont convenu ensemble qu’ils voulaient limiter le réchauffement de la planète :  

  • à long terme, le réchauffement doit être maintenu en dessous de 2°C et si possible, en dessous de 1,5°C
  • 158 pays se sont engagés à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre ; ces pays sont responsables ensemble de 94% des émissions
  • tous les 5 ans, leurs engagements seront revus et, espérons-le, approfondis
  • l’accord reconnait que les engagements actuels des pays ne suffiront pas à endiguer le réchauffement climatique et que d’autres engagements sont nécessaires

Qu’a-t-il de particulier, cet accord climatique ?

« L’ère des combustibles fossiles semblent presque être dépassée», note Brigitte Gloire d’Oxfam-Solidarité. « Avec cet accord, les gouvernements ouvrent la porte au monde des énergies durables et renouvelables. Les autorités devront dès lors prouver à leurs citoyens qu'elles respectent bien ce nouvel accord. » 

Encore plus remarquable : ce sont les pays développés qui ont pris les engagements les plus ambitieux de l’accord climatique de Paris. Certains pays comme l’Inde et la Chine réduisent régulièrement leurs émissions de CO2. Mais aujourd’hui, ils se sont engagés à une échelle sans précédent pour lutter contre ces émissions.

Quels sont les manques ?

L’accord climatique de Paris souffre aussi d’importantes lacunes :

  1. Il n’y a pas de deadline précise avant laquelle les émissions de CO2 doivent être maintenues sous contrôle (il est écrit dans le rapport : « quelque part dans la seconde moitié du siècle »). Aucun pays n’est obligé d’ajuster ses engagements avant 2020.
  2. L’accord climatique doit limiter le réchauffement à 2°C et cela n’est possible que si on utilise moins de combustibles fossiles. Mais il n’y a aucune mesure concrète visant à réduire l’utilisation de ces combustibles : pas de taxes sur le CO2 pour les transports aériens et maritimes, et aucune proposition pour aller à l’encontre de la surconsommation. 
  3. Selon l’accord, les pays en développement doivent recevoir davantage d’aide financière dans les 5 prochaines années pour qu’ils puissent s’adapter au réchauffement climatique.
    Mais l’accord ne mentionne pas de quel montant il s’agit et d’où doit provenir cette aide financière.
  4. L’accord sur le climat ne fait pas uniquement référence à la seule limitation des émissions de CO2 mais intègre une exigence d’équilibre entre limiter les émissions de CO2 et absorber ces émissions (via, entre autres, les puits de carbone). Cette formulation pourrait provoquer des accaparements de terres agricoles dans les pays en développement (pour en faire des puits de carbone), et donc y aggraver la pauvreté et la faim.
  5. De nombreux pays vont subir des dommages irréversibles suite aux changements climatiques (ex : les terres agricoles seront inutilisables à cause de l’eau de mer, les petites îles disparaîtront). Pour ces pays, aucune solution n'est proposée. Personne ne peut croire qu’il y aura une aide financière pour les dédommager.

Et maintenant ?

Même si l’accord sur le climat de Paris présente d’importantes lacunes, il contient des éléments pour ouvrir la voie de la transition vers une societé durable, plus juste et plus équitable.

En Belgique :

  • nos politiciens doivent revoir leurs ambitions à la hausse. Avec la politique climatique belge actuelle (y compris le récent accord belge sur le climat), nous ne sommes pas prêts de respecter l'engagement pris à Paris.
  • Cela signifie que la Belgique doit, de toute urgence, limiter davantage ses émissions de CO2 de toute urgence, investir plus dans les énergies renouvelables et débloquer plus de fonds pour le financement international climatique.

Des mots aux actes

Les autorités, les entreprises et les citoyens sont dans le même bateau : nous ne pouvons pas rester les bras croisés ! Il n’y a pas de temps à perdre. Nous devons maintenant transformer toutes les belles paroles et le langage technique de la conférence sur le climat de Paris en actes !