Comment 134 familles au Guatemala ont récupéré leurs terres après 7 années de lutte

14/08/2018
Bonne nouvelle pour la vallée du Polochic au Guatemala : 7 ans après avoir été déplacées de force pour laisser place à une sucrerie, 134 familles indigènes des zones rurales ont enfin pu récupérer leurs terres. 
 
In 2011, 769 familles du Guatemala ont été expulsées de leurs terres. Elles étaient accusées d'occuper les terres de la sucrerie de Chabil Utzaj, dans la vallée du Polochic. Ces terres, dont les familles étaient les propriétaires, leur ont été enlevées. Malheureusement, ce genre de traitement n’est pas un fait exceptionnel. Dans la région, les grandes multinationales s’accaparent depuis des années les terres des communautés indigènes.

Selon une étude récente, 78% des terres fertiles du Guatemala sont entre les mains de 8% des grands producteurs. Sans terres à cultiver et sans soutien, les communautés indigènes expulsées sont condamnées à vivre dans la faim et la pauvreté.

Le monde entier sur les barricades

L’avenir de ces familles semblait sans espoir, mais juste après la confiscation de leurs terres elles ont reçu le soutien du Comité Unidad Campesina. Cette organisation défend les droits des paysans indigènes et a présenté l'affaire à la Cour panaméricaine des Droits Humains. Elle a de cette manière forcé l’ancien président Otto Perez Molina à promettre de rendre ces terres aux familles touchées. Mais suite à cela, des années se sont écoulées sans qu’aucune mesure ne soit mise en place pour tenir cette promesse.
 
En 2013, la résistance s’est renforcée et des organisations locales et internationales ont rejoint le mouvement. L'affaire a attiré l'attention de la presse guatémaltèque et internationale. Plus de 100.000 personnes de 45 pays différents ont signé une pétition, une action également soutenue par Oxfam. Des sympathisants ont organisé de nombreuses autres actions de protestation et des concerts.

Retourner sur leurs terres

En octobre de la même année, 140 familles ont pu en conséquence retourner sur leurs terres dans la vallée du Polochic. Il s’agit de la première victoire de cette campagne ciblée, bien organisée et mise en place par des dizaines d’organisations dont Oxfam.

Peu à peu, de plus en plus de familles ont pu retourner dans leur vallée. En juillet 2016, 81 familles avaient récupéré leurs terres et elles sont suivies aujourd’hui de 134 autres familles. Au total 355 familles ont pu récupérer leurs terres. Cependant, on est encore loin du compte des 769 familles qui se sont fait expulser à l'origine.
 
"Catalina Cho’Ico vient de récupérer ses terres, elle raconte : « Il y a encore des familles qui ne peuvent pas retourner sur leurs terres. Nous espérons qu'elles pourront les récupérer, comme nous. Je suis heureuse, mais en même temps je me sens triste quand je pense à ces autres familles. (Voir vidéo) »

Votre signature fait la différence

A travers le monde, il y a de nombreux projets controversés d'accaparement à grande échelle des terres de groupes indigènes. Ces projets rencontrent souvent de la résistance de la part de la population locale.
 
Mais cette nouvelle du Guatemala apporte aussi la preuve que mener des campagnes, ça fonctionne. C’est grâce au soutien de personnes comme vous que la pression exercée sur le gouvernement a augmenté et que des centaines de familles ont pu rentrer chez elles.
Oxfam travaille encore en collaboration avec d'autres organisations sur la campagne internationale Land Rights Now qui exige la reconnaissance des droits fonciers des communautés locales.