Comment la taxe sur les transactions financières peut rapporter chaque jour 60 millions €

20/02/2017

Les négociations européennes sur la taxe sur les transactions financières sont au point mort depuis le 6 décembre dernier. Cela veut dire que 10 pays européens perdent − chaque jour − 60 millions d’euros, soit 2,5 millions par heure ou 40.000 euros par minute. Un scandale, étant donné que leurs gouvernements ont absolument besoin de cet argent pour  lutter contre la pauvreté et le changement climatique.

En octobre dernier, la taxe sur les transactions financières semblait être sur la bonne voie. Les ministres des Finances des dix pays européens concernés étaient parvenus pour la première fois à un accord sur le contenu concret de la taxe. Dans cet accord, les ministres avaient déterminé quels produits financiers seraient susceptibles d'être taxés, et comment l’impôt serait perçu. Un immense pas en avant.

Des revenus indispensables pour une économie humaine

Après l’accord décisif d’octobre, la voie est ouverte pour un accord final. Le 6 décembre, les ministres des Finances devaient se réunir pour conclure enfin cet accord définitif. Le grand jour était enfin arrivé… mais il n’a malheureusement jamais eu lieu.

Ce nouveau retard est un véritable scandale. En effet, pour chaque jour de plus que ces ministres attendent pour introduire la taxe, les Etats participants perdent 60 millions d’euros. Cette somme d’argent serait suffisante pour, chaque jour :

  • payer l'accès aux soins de santé de 10.000 personnes
  • envoyer à l’école 11.500 enfants dans les pays les plus pauvres
  • fournir en énergie solaire 6.500 ménages d'Afrique subsaharienne

La Belgique, marionnette du secteur financier

Le grand responsable de la lenteur de ce processus, c'est la Belgique. Et plus précisément le ministre belge des Finances Johan Van Overtveldt, qui fait tout pour bloquer la taxe. Sous la pression des lobby financiers, il apporte  constamment de nouvelles revendications irréalistes sur la table des négociations.

D’autres pays Européens ont pourtant tout mis en œuvre ces derniers mois pour répondre aux revendications belges. A présent, la balle est dans le camp de la Belgique. Si le ministre Van Overtveldt est réellement à l’écoute de ses citoyens, il se doit d'adopter une position constructive durant les négociations, afin qu’un accord soit enfin conclu.

2/3 des Belges soutiennent la taxe sur les transactions financières

Selon une enquête qu’Oxfam a publiée en octobre, il ressort que 2 Belges sur 3 sont en faveur de cette taxe. Cette taxe se trouve aussi dans l’accord gouvernemental et Charles Michel a encore plaidé l’an passé en sa faveur lors de l'Assemblée Générale des Nations Unies. Il y a parlé de la taxe sur les transactions financières comme étant une « question d’élémentaire équité. ».

Une question d'élémentaire équité. On peut en effet  qualifier ainsi un impôt minimal de 0,1% sur le secteur financier – l'un des secteurs les plus lucratifs au monde.

Monsieur le Ministre Van Overtveldt, défendrez-vous aujourd'hui la taxe sur les transactions financières ?

Envie d'en savoir plus sur la taxe sur les transactions financières ? Plus d'infos ici.