COP22 : la communauté internationale ferme les yeux sur les populations les plus vulnérables

22/11/2016

Alors que s’achève la 22e conférence des Nations Unies sur le climat (COP), Oxfam appelle la communauté internationale et particulièrement les pays riches à aller plus loin encore dans leurs engagements climatiques. La Belgique reste un élève plutôt médiocre qui doit à la fois réduire ses émissions de gaz à effet de serre et revoir à la hausse sa participation au Fonds Climat.

Les négociations sur le climat, qui ont débuté le 7 novembre à Marrakech, n’ont pas réussi à combler les lacunes de l’Accord de Paris, laissant les pays pauvres et vulnérables sans réponse quant au soutien financier – indispensable - qu’ils pouvaient espérer de la part des pays riches.

« Les ministres et les négociateurs des pays se sont entêtés à faire la sourde oreille à la question du déficit de financement de l'adaptation et ont préféré fermer les yeux sur l’incapacité de l’Accord à protéger véritablement les personnes les plus touchées par le changement climatique », déplore Brigitte Gloire, responsable du plaidoyer Climat d’Oxfam-Solidarité.

« L'accord de Paris a été sans aucun doute historique, mais des millions de personnes confrontées à des conditions météorologiques extrêmes et erratiques ne peuvent plus se permettre d'attendre. Nous espérons que la « COP du Pacifique » qui aura lieu à Bonn attirera l’attention du monde entier sur les risques encourus par les petites îles du Pacifique et partout dans le monde, et poussera les pays riches à mobiliser les fonds dont les plus vulnérables ont besoin. »

Les négociations de Marrakech ont accouché d’une feuille de route, proposée par les pays donateurs, qui prévoit que seuls 20% des 100 milliards de dollars promis seront destinés au financement de l’adaptation d’ici 2020.

Moins de voitures de société en Belgique

La Belgique, pour sa part, tarde à s’engager complètement. Pire, ces dernières années, elle a même réduit son apport financier à la lutte contre le changement climatique.

Brigitte Gloire, responsable du plaidoyer Climat d’Oxfam-Solidarité, tire la sonnette d’alarme :

« La Belgique doit adopter des politiques plus de cohérentes. En pratique, cela signifie par exemple, plus de transports publics et moins de voitures de société ou encore de ne pas demander plus de quotas gratuits de CO2 que ce que propose l’Union européenne. En ce qui concerne les financements de la lutte contre le changement climatique, il faut inverser la tendance : la Belgique a réduit de moitié son financement entre 2014 et 2015 alors qu’il faudrait l’augmenter. Enfin, les 3 régions du pays ont décidé jeudi dernier d’allouer en priorité les financements au fonds d’adaptation destiné aux pays les plus vulnérables, mais le niveau fédéral n’a pas suivi. »  

100 % renouvelable ?

Oxfam appelle également les pays riches à se mettre à l’écoute des pays les plus pauvres qui sont aussi souvent ceux qui subissent le plus durement les effets du changement climatique.

« En cette fin de COP, conclut Brigitte Gloire, la communauté internationale doit prendre exemple sur les 47 pays les plus vulnérables qui ont appelé à ne plus attendre et à 100 % d’énergie renouvelable le plus tôt possible. Ces pays, particulièrement touchés par le réchauffement climatique, sont aujourd’hui les plus inspirants et les plus impressionnants. Prenons-en de la graine ! Nous qui prétendons leur apprendre à semer ! »

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