Coronavirus : il faut un plan Marshall planétaire d’urgence pour la santé publique, selon Oxfam

30/03/2020

Oxfam appelle aujourd’hui la communauté internationale, et en particulier les pays du G20, à lever une enveloppe de 160 milliards de dollars afin d’annuler immédiatement les dettes des pays pauvres et de financer un plan mondial de santé publique et d’intervention d’urgence. Une nécessité pour sauver des millions de vies face à la pandémie de coronavirus, selon Oxfam Belgique qui lance un appel aux dons pour alimenter son fonds d’urgence.

Le plan proposé par Oxfam est constitué de cinq axes majeurs qui permettraient aux pays pauvres de prévenir la propagation de la maladie et de renforcer les capacités des systèmes de santé à prendre en charge les personnes touchées.

Des systèmes de santé déjà sous pression pourraient très rapidement être débordés

La pandémie continue de provoquer de grandes souffrances dans les pays riches et de submerger certains des meilleurs systèmes de santé du monde. Compte tenu que la maladie a désormais atteint de nombreux pays en développement marqués par un taux élevé de pauvreté et de fortes inégalités, la propagation va s’accélérer et les défis de santé publique seront d’autant plus importants.

Pour 40% de la population mondiale, il n’y a pas d’eau pour se laver les mains

Près de 3 milliards de personnes dans les pays en développement n’ont pas accès à de l’eau propre, et des millions d’autres n’ont pas de soins de santé adéquats et vivent dans des bidonvilles surpeuplés ou des camps de réfugiés où les mesures d’isolement social sont impossibles à mettre en œuvre. Les femmes seront le plus durement touchées, car elles représentent 70 % du personnel de santé et assument la plupart du fardeau de soins non rémunérés dans le monde.

Jose Maria Vera, directeur général d’Oxfam International, a tiré la sonnette d’alarme : « Au Mali, il n’y a que trois respirateurs pour un million de personnes. En Zambie, il n’y a qu’un médecin pour 10 000 personnes. Forte de son expérience dans la lutte contre le virus Ebola, Oxfam sait qu’une action rapide permettrait de ralentir la propagation de cette maladie et d’enrayer son impact catastrophique. Cependant, il faut agir dès maintenant, et à une échelle sans précédent. Sans une action urgente, ambitieuse et historique, nous pourrions facilement assister à la plus grande crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale. »

Ce défi colossal appelle un plan de sauvetage sans précédent

En se basant sur les dépenses actuelles de santé mondiales publiées par l’OMS, Oxfam estime qu’il faudrait 159,5 milliards de dollars pour doubler les dépenses de santé des 85 pays les plus pauvres du monde, où vit près de la moitié de la population mondiale. Ce montant représente moins de 10 % du plan de relance économique proposé aux États-Unis en réaction au coronavirus.

Si certains bailleurs institutionnels ont commencé à augmenter leur financement, ces fonds restent largement insuffisants pour répondre à ce défi colossal. L'épidémie de coronavirus pourrait faire 1,8 million de morts dans le monde même avec de strictes mesures destinées à réduire sa propagation, selon une estimation de l’Imperial College de Londres.

Oxfam appelle à faire front face au Coronavirus

Oxfam exhorte le G20 et les autres gouvernements du monde à s’attaquer de front au virus en adoptant un plan mondial de santé publique et de réponse d’urgence ambitieux. Ce plan en cinq points demande :

  1. D’investir dans la prévention : Promotion de la santé publique, mobilisation communautaire, accès des intervenants humanitaires aux pays qui auront besoin d’être aidés, approvisionnement en eau potable et mise en place d’installations sanitaires, en particulier pour que les gens puissent se laver les mains.
  2. La mobilisation de 10 millions de travailleurs et travailleuses de la santé rémunérés et protégés. Conjointement avec l’acheminement en toute urgence de fonds et d’équipement pour les intervenants locaux et les humanitaires sur le terrain.
  3. La gratuité des soins de santé. Tous les soins de santé, les tests et les traitements doivent être gratuits.
  4. La réquisition par les gouvernements de tous les établissements de santé privés. Les gouvernements doivent réquisitionner l’ensemble des capacités de soins de santé de leur pays, en veillant à ce que tous les établissements, tant privés que publics, se consacrent à lutter contre ce virus et à répondre aux autres besoins de santé essentiels.
  5. La disponibilité des vaccins et des traitements en tant que bien public mondial. Nous devons parvenir à un accord mondial pour veiller à ce que les vaccins et les traitements, dès qu’ils seront prêts, soient rapidement et gratuitement mis à la disposition de ceux et celles qui en ont besoin. Les profits des entreprises pharmaceutiques ne peuvent avoir préséance sur le bien-être de l’humanité.
Oxfam se prépare à intervenir en cas d’urgence dans 65 pays

Oxfam et ses partenaires locaux se préparent à répondre à la crise dans 65 pays à travers le monde. En République démocratique du Congo par exemple, où le premier cas de Covid-19 a été recensé le 21 mars et où Oxfam forme des agents de santé communautaires chargés de faire de la prévention afin d’empêcher la propagation du virus. Oxfam prépare des kits d'hygiène, l’installation de points d’accès à l’eau propre, la construction de toilettes et de douches afin que les femmes et les filles puissent suivre en toute sécurité les mesures d'éloignement social.

Oxfam se mobilise également à Gaza, où le système de santé est défaillant depuis des années et où 97% de l’eau est impropre à la consommation humaine. L’ONG appuie actuellement 4 000 civils dans le cadre de son programme humanitaire en fournissant de l’assistance alimentaire et des services d’hygiène essentiels. Là aussi, du personnel est formé afin de pouvoir réagir dans une zone densément peuplée et où les premiers cas ont été signalés le 22 mars dernier.

« Il est compréhensible que les dirigeants du monde s’emploient à aider leurs propres citoyens, mais la communauté internationale doit également se pencher sur la situation des pays pauvres et leur venir en aide. Nous ne vaincrons cette pandémie que si nous agissons en solidarité avec chaque pays. Personne ne sera en sécurité tant que nous ne le sommes pas toutes et tous. », ajoute Eva Smets, directrice d’Oxfam Belgique.

 

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