COVID-19: 14 nouveaux cas confirmés à proximité des camps sahraouis mettent 173 000 réfugiés en danger

13/05/2020

Les 173 000 personnes qui vivent dans les camps de réfugiés sahraouis situés dans le sud algérien se préparent à faire face au coronavirus alors que les autorités locales sont mal équipées pour affronter la pandémie. Selon Oxfam, la réduction des financements humanitaires depuis plusieurs années a eu un impact important sur l’insécurité alimentaire dans les camps, rendant les réfugiés vulnérables au virus.

14 cas de coronavirus ont été confirmés dans la province algérienne de Tindouf qui abrite les camps de réfugiés sahraouis. La population réfugiée vit dans un état de vulnérabilité chronique et les centres de santé dans les camps ne disposent pas de ventilateurs et ne sont pas équipés pour faire face aux conséquences d'une propagation du COVID-19. 

Haissam Minkara, directeur d'Oxfam en Algérie, prévient: « Les nouveaux cas confirmés sont très proches des camps, ce qui signifie que le risque d'une épidémie est maintenant imminent, ce serait désastreux pour la population réfugiée qui souffre déjà de quatre décennies de conflit. »

Une situation sanitaire inquiétante

Dans les camps, les centres de santé subissent déjà une pénurie de lits, de fournitures médicales, d'équipements de protection pour le personnel de santé et de produits d'hygiène. Il n'y a pas un seul ventilateur dans les camps. De nombreux réfugiés vivent à proximité les uns des autres dans des espaces restreints et l’état sanitaire général de la population est préoccupant: les réfugiés souffrent notamment de malnutrition aiguë, d’un retard de croissance, de diabète, d’anémie et de l’un des taux de maladie cœliaque le plus élevé au monde. Dès lors, le risque d'une épidémie est incroyablement élevé et pourrait être potentiellement dévastateur.

Tous les commerces non essentiels ont été fermés et les autorités ont limité les déplacements entre les cinq camps au stricte minimum. À l'exception des services de base et des distributions de nourriture, toutes les activités d'aide humanitaire ont été temporairement interrompues. Bien que ces mesures soient essentielles pour prévenir une épidémie, elles ont compliqué l’existence des réfugiés qui restent fortement dépendants de l'assistance humanitaire extérieure pour leur survie.

Insécurité alimentaire

Les camps sont isolés à la fois géographiquement et économiquement, et comme la plupart des activités économiques ont été interrompues en raison des restrictions imposées pour se prémunir de l’arrivée du COVID-19, la capacité des réfugiés à acheter de la nourriture et des articles d'hygiène essentiels est de plus en plus limitée.

Oxfam et ses partenaires se procurent des équipements de protection et des articles d'hygiène pour répondre aux besoins des 33 centres et cliniques de santé publique que comptent les camps, et se préparent à fabriquer et à installer des unités de lavage des mains pour promouvoir de bonnes pratiques d'hygiène et atténuer le risque de propagation du COVID-19.

Afin de rapidement augmenter l’envergure de leur intervention humanitaire, Oxfam et huit autres ONG opérant dans les camps de réfugiés ont lancé un appel commun pour répondre aux besoins en matière de santé publique et aux conséquences humanitaires immédiates de la pandémie. Alors que le risque d'une épidémie s'intensifie, Oxfam demande à la communauté internationale de lever une enveloppe de 14 millions de dollars, jugée nécessaire afin de faire face à cette crise.

« La crise des réfugiés sahraouis a été négligée pendant plus de quatre décennies. Les enjeux sont plus importants que jamais pour celles et ceux qui sont laissés pour compte par la communauté internationale depuis trop longtemps. Nous mobilisons des ressources, mais ce ne sera pas suffisant. Oxfam compte sur le soutien de la communauté internationale pour renforcer sa capacité à faire face à une épidémie », a ajouté Minkara.

Notes aux rédactions

  • Depuis 1975, l'Algérie accueillie une grande partie de la population sahraouie dans des camps de réfugiés près de la ville de Tindouf, dont la majorité est dépendante de l'aide humanitaire pour subvenir à ses besoins fondamentaux tels que l'accès à la nourriture, à l'eau et un logement. Les camps sont situés dans un environnement particulièrement aride, avec des températures atteignant jusqu'à 55 degrés Celsius en juillet et en août. La région est frappée par de fréquentes tempêtes de sable, subit une sécheresse constante et des pluies torrentielles rares mais dévastatrices. Enfin, les réfugiés souffrent d'une insécurité alimentaire chronique et de malnutrition et sont rarement auto-suffisants.
  • Oxfam est active dans les camps depuis 1975 et, au fil des ans, notre travail a évolué, passant de l'aide d'urgence à la fourniture d'un soutien humanitaire multiforme et à des activités de résilience et de renforcement des capacités des réfugiés.
  • Pour plus d’informations concernant le travail d’Oxfam dans les camps sahraouis, veuillez consulter : https://www.oxfam.org/fr/decouvrir/pays/algerie
  • Pour en savoir plus sur les besoins en matière de prévention et de réponse au COVID-19 dans les camps de réfugiés sahraouis en Algérie, veuillez consulter notre soumission conjointe : https://reliefweb.int/report/algeria/comprehensive-needs-covid-19-prevention-and-response-refugees-western-sahara-tindouf

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