Covid-19 : la solidarité n'a pas de frontière

16/03/2020

Alors que nous faisons de notre mieux pour faire face à la pandémie, il est essentiel de tenir compte des personnes plus vulnérables, ici comme de l'autre côté du monde. Une lettre d’Eva Smets, directrice générale d’Oxfam Belgique.

Le monde entier ne parle que d'une chose : le coronavirus. Tout comme vous, je vis ce confinement difficile mais nécessaire, en essayant de m’y adapter au mieux. Mais je sais aussi que c'est dans notre capacité à voir plus loin, à considérer les risques auxquels d’autres font face, que réside la force du mouvement Oxfam.

Nous restons solidaires avec les plus vulnérables, même en cette période difficile. Et c'est pour cela que je tiens à vous tenir informé.e.s des mesures prises par Oxfam afin de protéger au mieux les personnes et les communautés avec lesquelles nous travaillons.

La vulnérabilité accrue des communautés pauvres et des femmes

En tant qu’organisation humanitaire, nous ne savons que trop bien que les communautés pauvres subissent les conséquences les plus lourdes lorsqu’une crise se déclare. Nous sommes donc très inquiets de voir le Covid-19 se répandre dans des pays pauvres dont le système de soins est moins solide que le nôtre. Sur le continent africain, par exemple, où plus de 40 pays ont déclaré leurs premiers cas.  Dans beaucoup de ces pays, les habitants souffrent déjà de pauvreté ou de lourds problèmes de santé publique.

L’impact du virus risque aussi d’être désastreux s’il se propage dans des camps de réfugiés ou toute autre zone où les conditions de vie (forte concentration de population, accès difficile à l’eau et aux soins, etc.) sont propices à sa propagation.

Les femmes sont particulièrement exposées au Covid-19. Au niveau mondial, elles constituent 70 % des personnes employées dans le domaine de la santé. Elles encourent donc un risque accru d’infection. Les femmes portent aussi en très grande majorité la lourde charge des travaux de soins non rémunérés. Ces tâches s’alourdiront sans aucun doute dramatiquement à cause de l'urgence grandissante de s'occuper des proches malades et/ou des enfants.

Covid-19 : que fait Oxfam ?

Nous travaillons avec nos partenaires, les ministères de la santé et des agences-clés des Nations-Unies dans 65 pays afin de coordonner notre réponse.

Oxfam dispose d’une très grande expertise dans le domaine de la santé publique, de l’accès à l’eau propre et de l’installation d’infrastructures sanitaires. Partout dans le monde nos équipes redoublent d’effort pour empêcher l’épidémie de se répandre.

En Syrie, par exemple, où la guerre fait rage depuis 10 ans. Dans de nombreuses régions déjà durement touchées par les combats et le manque de nourriture et d’eau, les populations doivent maintenant faire face à la menace du Covid-19. Oxfam y renforce notamment les distributions de savon et autres matériels hygiéniques. Des mesures semblables sont aussi prises en Jordanie, au Liban ou au Pakistan.

Parallèlement à cette aide matérielle, Oxfam traduit en langue locale et diffuse le plus largement possible les conseils de prévention liés au virus. C’est le cas par exemple au Bangladesh, où de nombreux camps accueillent les réfugié.e.s Rohingyas fuyant la répression dont ils sont victimes au Myanmar.

Les inégalités en Belgique

Dans notre pays également, nous sommes confrontés à de grands défis. De nombreuses personnes n'ont pas la possibilité d'appliquer les mesures mises en place par le gouvernement, comme travailler à domicile ou éviter les transports publics. De plus, les personnes disposant d'un bas salaire ou travaillant sous contrat précaire ou temporaire seront particulièrement affectées par la baisse de leurs revenus. Pensons par exemple à celles qui travaillent dans l’Horeca, les services à la personne ou dans le secteur informel.

Le système de protection sociale belge doit assurer son rôle de manière active : offrir un filet de sécurité aux groupes les plus vulnérables de notre société. Nous devons à ce titre une reconnaissance sans limite aux personnes travaillant dans le domaine de la santé. De par leurs professions, elles sont en première ligne de la lutte et courent les risques les plus élevés. C'est grâce à leur travail que nous disposons d'un système de soins de santé fiable et accessible.

La solidarité n'a pas de frontière

 

Mes collègues et moi-même vous tiendrons informé.e.s de nos efforts au fur et à mesure de l’évolution de cette crise. Je ne peux que vous exhorter à respecter les conseils des experts afin de protéger votre santé et celle de vos proches. Je vous remercie également pour votre soutien continu. Il permet de protéger les gens ici et partout dans le monde. Aucune personne, communauté ou pays ne peut faire face seul à cette crise. Nous devons collaborer, chez nous et par-delà les frontières, avec dignité et surtout : avec compassion.