Derrière le code-barre, des inégalités en chaînes !

21/06/2018

Des millions de femmes et d’hommes qui produisent les aliments que nous consommons souffrent de la pauvreté et sont confrontés à de terribles conditions de travail, malgré les milliards de dollars de bénéfices que réalise l’industrie alimentaire, comme le révèle un nouveau rapport publié aujourd'hui par Oxfam.

Le rapport intitulé « Derrière le code-barres : des inégalités en chaînes » dénonce la concentration de pouvoir dans l’industrie alimentaire et souligne le rôle des supermarchés dans les chaînes d’approvisionnement.

Quelques constats :

● En Europe, 10 des plus grands distributeurs détiennent presque la moitié des commerces de détail. Au niveau mondial, les supermarchés empochent une part croissante du montant du prix payé par les consommateurs, jusqu’à 50% dans certains chaines, alors que la part dévolue aux travailleurs et aux producteurs diminue et représente, dans certaines chaînes, moins de 5%. Pour 12 produits issus des pays en développement - de crevettes jusqu’à l’avocat - 44% du prix payé par le consommateur revient au supermarché et seulement 8% aux travailleurs et petits paysans.

● Les revenus moyens des paysans et des travailleurs sont insuffisants pour leur assurer un niveau de vie élémentaire mais décent. L’écart entre le revenu minimum vital et le revenu effectif est le plus marqué quand la main-d’œuvre est constituée en majorité de femmes.

● Alors que beaucoup de travailleurs et de paysans vivent dans la pauvreté, les 8 plus grandes chaînes de supermarchés cotées en bourse ont réalisé près de 1 000 milliards de dollars de chiffres d'affaires, dont 22 milliards de dollars de bénéfice et ont reversé 15 milliards de dollars à leurs actionnaires en 2016.

● Une enquête réalisée dans cinq pays (Afrique du Sud, Italie, Philippines, Thaïlande et Pakistan) auprès des travailleurs et des paysans a révélé qu’ils sont une majorité à avoir du mal à se nourrir et à nourrir leurs familles.

● Le rapport évalue également les plus grands supermarchés (à la croissance la plus rapide) en Allemagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et aux États-Unis. A partir d’informations disponibles publiquement, la transparence dans leur chaîne d’approvisionnement et la façon dont ils traitent les travailleurs, paysans et femmes qui se trouvent dans ces chaînes ont été analysés. L’ensemble des 16 supermarchés ont tous obtenu de très mauvais scores.

● La distribution se concentre de plus en plus dans les mains d’un petit groupe d’acteurs dominants. Les supermarchés usent de ce pouvoir pour exercer une pression sur leurs fournisseurs et exiger des prix de plus en plus bas tout en se dégageant des risques. Conséquence : de nombreux fournisseurs sont victimes de pratiques commerciales injustes.

Avec cette campagne, Oxfam demande aux décideurs politiques et aux entreprises d’agir contre les conditions de travail inhumaines, de renforcer la transparence sur l’origine des aliments que nous consommons, de s’attaquer à la discrimination contre les femmes et de veiller à ce qu’une plus grande part de ce que les consommateurs dépensent en denrées alimentaires revienne à ceux qui les produisent.

Nos politiciens doivent agir !

● La proposition de législation européenne sur les pratiques commerciales déloyales dans le secteur alimentaire est une bonne nouvelle pour les petits producteurs du monde entier. Mais elle doit davantage être affinée pour faire une vraie différence dans la vie des femmes et des hommes qui sont le plus exposés aux pratiques déloyales des supermarchés.

● Les décideurs politiques belges doivent travailler à une législation internationale et nationale qui oblige les entreprises à respecter les droits humains dans toutes leurs chaînes de production à travers le monde. Le traité contraignant de l'ONU sur les droits humains et les entreprises et le devoir de vigilance des entreprises, tel qu’il existe en France, sont des instruments importants à cet égard.

● Les politiciens doivent appuyer la transition vers un système alimentaire durable. Cela nécessite des mesures pour promouvoir les filières du commerce équitable, la production agro-écologique et locale, et des circuits courts entre la production et les consommateurs.

 

Découvrez le rapport : « Derrière le code-barre, des inégalités en chaînes ! »

 

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