Des bulldozers s’apprêtent à détruire le village palestinien de Khan Al Ahmar, déplaçant sa population et détruisant des projets financés par l’UE

06/07/2018

Sous les protestations, les autorités israéliennes se préparent à démolir un village à Jérusalem-Est, construit en grande partie grâce au financement de la communauté internationale. Ses résidents palestiniens en seront expulsés. De par la localisation cruciale de ce village, sa destruction serait un pas de plus vers l’impossibilité d’un état palestinien viable.

Pendant des années, les 181 résidents de Khan Al Ahmar ont fait face à de fréquentes incursions militaires, des démolitions et des saisies de biens communautaires, dans le but de les pousser à se déplacer. Mardi, le commandement militaire israélien a signé un ordre d'expropriation des terres dans le périmètre du village. La zone a été fermée et des bulldozers sont prêts à commencer la destruction. Les autorités israéliennes comptent transférer les résidents de Khan Al Ahmar vers un site près de Jabal West.

« Permettre ces expulsions et ces destructions, c’est donner aux autorités israéliennes un permis d'expulser encore davantage de Palestiniens et ouvrir la voie à une expansion grandissante des colonies. Et par là, saper encore plus les perspectives d'une résolution durable du conflit » a déclaré Bahia Zrikem, d’Oxfam-Solidarité.

Suite aux protestations de résidents, de groupes activistes et de diplomates venus sur place, la Cour suprême israélienne a reporté la démolition, mais de quelques jours seulement.

Le risque : rendre impossible un état palestinien viable

Khan Al Ahmar est situé dans la zone C de la Cisjordanie, à proximité de la colonie illégale de Kfar Adumim, à l'est de Jérusalem et à proximité du couloir dit "E1". Le plan E1, qui avait été mis en suspens par Israël après les protestations de la communauté internationale, revient dans les faits à annexer les colonies israéliennes illégales de Ma'ale Adumim, Kfar Adumim et Qedar à Israël en les plaçant à l'intérieur d'un mur de séparation élargi. Cela séparerait davantage les communautés palestiniennes qui vivent en Cisjordanie de celles qui vivent en Jérusalem-Est occupée. En pratique, la Cisjordanie serait donc séparée en deux, rendant impossible un État palestinien viable, d’un seul tenant.

Destruction de projets belges et européens

La Belgique et l'Union européenne ont investi dans des structures à Khan al Ahmar. Selon OCHA (Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’Onu), au moins 36 structures, dont une école primaire desservant les communautés bédouines environnantes, d'une valeur d'environ 315.000 EUR, ont été fournies à titre d'aide humanitaire par l'UE et ses États membres.

Grâce à des financements belges et européens, Oxfam a également fourni à la communauté bédouine de Khan al Ahmar des services vétérinaires et équipements de production laitière. Ils risquent également la destruction,  tout comme des abris pour animaux et pour la production artisanale, construits dans le cadre de projets antérieurs.

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