Des efforts insuffisants pour accueillir les réfugiés syriens

08/12/2014

Oxfam et 29 autres ONG internationales exigent d’accorder l’asile à 5% des réfugiés syriens les plus vulnérables, qui se trouvent actuellement dans les pays voisins. La Belgique devrait donc accueillir 1.800 personnes. Soit 8 fois plus que ce qui est prévu aujourd’hui par le secrétaire d’état Theo Francken.

Selon les estimations, jusqu’à 3,59 millions de personnes auront fui le conflit en Syrie vers les pays voisins d’ici la fin de cette année. Les Nations unies se réunissent le 9 décembre à Genève pour parler de leur sort. À ce jour, la communauté internationale s’est engagée à réinstaller moins de 2 % de ces réfugiés et ce, sans calendrier arrêté.

Les pays voisins de la Syrie font preuve d’une générosité incroyable depuis trois ans et demi, mais la crise pèse lourdement sur leurs infrastructures et leurs services publics. La Turquie et le Liban accueillent chacun plus d’un million de réfugiés enregistrés. Au Liban, un résident sur quatre est un réfugié syrien. La Jordanie accueille plus de 618.000 personnes, et l’Irak 225.000 (en plus des millions de déplacés irakiens dans le pays). Au fur et à mesure que les ressources s’amenuisent, ce sont les réfugiés et les communautés d’accueil qui en font les frais, de même que les personnes qui cherchent encore à fuir le conflit en Syrie. En effet, les pays voisins limitent désormais les entrées et ferment même leurs frontières.

La proposition Francken ne répond qu’à 1/8 des besoins

La Belgique sera elle aussi présente à Genève. A la Chambre, le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration a annoncé qu’il comptait doubler en 2015 le nombre de réfugiés accueillis en Belgique. Ce qui équivaudrait 225 personnes alors que pour répondre aux 5 % exigés par les 30 ONG, la Belgique devrait en accueillir huit fois plus. Soit 1.800, au minimum.

« Nous saluons l’annonce du secrétaire d’Etat mais cela ne doit être qu’un premier pas », explique Liesbeth Goossens chargée du plaidoyer humanitaire d’Oxfam-Solidarité. « Nous espérons que le gouvernement va encore augmenter ce contingent dans un futur très proche et va soutenir les autres formes d’aide humanitaire, compte tenu des besoins énormes dans la région. »

Certes 5 % ne représente qu’une petite fraction du nombre total de réfugiés. Mais cela donnerait l’espoir d’un avenir meilleur et d’une plus grande sécurité à au moins 180.000 personnes d’ici la fin de l’année prochaine, notamment à des civils qui ont survécu à la torture, à des malades qui ont des besoins médicaux importants, à des enfants et à des femmes particulièrement vulnérables, qui ont été identifiés par l’agence des Nations unies pour les réfugiés. Accepter la réinstallation ou l’admission humanitaire des personnes les plus vulnérables, c’est aussi épargner aux pays voisins de la Syrie des coûts immédiats de prise en charge médicale, d’assistance et de protection. Il s’agit d’une bouée de sauvetage pour des personnes vulnérables mais aussi pour toute une région fragilisée.

Plus d’infos sur l’action d’Oxfam pour les réfugiés Syriens