Des soins de santé inabordables

Quand Chhatiya, une jeune femme indienne âgée d'environ 23 ans (elle ne sait pas quand elle est née exactement), était enceinte, elle a dû se battre pour obtenir de bons soins médicaux. Les coûts accumulés pour garder son bébé en vie ont poussé la famille encore plus dans la pauvreté.

Chhatiya et son mari n’ont pas beaucoup d’argent. En tant qu’intérimaire sans revenu fixe, il gagne environ un euro et demi par jour. Ils font partie d'une caste marginalisée et vivent dans une maison délabrée à Kaushal Nagar, un bidonville de Patna (Inde) sans toilettes ni eau potable.

Au cours de sa dernière grossesse, elle s'est rendue dans un centre de premiers soins pour un suivi. Elle a reçu un certain nombre de médicaments, tels que des comprimés de fer et d'acide folique, mais n’a fait aucune échographie car le centre ne dispose pas du matériel nécessaire. À son septième mois, elle s’inquiétait et souhaitait subir une échographie. Pour cela, elle a dû se rendre dans un hôpital privé, ce qui lui a coûté un montant presque insurmontable.

Privé = impayable

Avant d'accoucher, elle est retournée au centre de premiers soins. A peine né, son bébé n'a pas réagi normalement malgré les soins de l'infirmière. Le centre n'étant pas équipé pour les soins néonatals nécessaires, le médecin l'a renvoyée à nouveau dans un hôpital privé.

Une fois sur place, l’hôpital a demandé à 5 000 roupies indiennes (63 €) pour la prise en charge du bébé. C'est plus que ce que la famille gagne en un mois. Entre temps, elle a dû payer plusieurs fois les coûts de transport élevés. Un trajet en taxi coûte vite 300 roupies indiennes (3,5 €).

Chhatiya et son mari ont donc dû contracter un emprunt pour pouvoir payer le montant. Heureusement, le bébé a réagi positivement aux soins néonataux après une journée. Rassurés, les parents voulaient quitter l'hôpital avec leur bébé, de préférence le plus rapidement possible car ils ne pouvaient pas continuer à payer les coûts quotidiens. À leur grande surprise, l’hôpital a affirmé que le bébé n’avait pas suffisamment récupéré et a ainsi tenté de le garder entraînant des coûts supplémentaires que la famille ne pouvait pas payer. Après avoir beaucoup insisté, ils ont été autorisés à rentrer chez eux avec leur bébé.

 

Pauvreté systémique

Chaque année, 60 millions d'autres Indiens se retrouvent dans la pauvreté à cause des coûts élevés de la santé. C'est presque deux personnes par seconde. Le gouvernement indien n'impose pratiquement pas le revenu des super-riches et dispose d'un des budgets pour la santé les plus bas au monde. Un impôt supplémentaire de 0,5% sur le patrimoine du 1% des Indiens les plus riches donnerait au gouvernement assez d'argent pour augmenter de 50% le budget annuel alloué aux soins de santé.

Vous aussi vous trouvez qu'il faut mettre fin aux inégalités extrêmes ?

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L'Inde n'est hélas pas l'unique pays où l'on retrouve ces inégalités extrêmes entre très riches et très pauvres. Notre nouveau rapport sur les inégalités mondiales montre que le fossé ne cesse de se creuser. Nous voulons changer cette situation e poussant les multinationales à payer leur juste part d'impôts. C'est ainsi que nous pourrons dégager les fonds suffisants pour financer les soins de santé et l'accès à l'éducation..

Le saviez-vous ?

  • La richesse globale des milliardaires s’est accrue de plus de 2 milliards d’euros par jour, soit une augmentation de 12% en un an.
  • Pour la moitié la plus pauvre de la population mondiale, c’est l’exact opposé. Leur patrimoine commun a baissé de plus de 400 millions d’euros chaque jour, soit un recul de 11% en un an.
  • Chaque jour, 10.000 personnes décèdent parce qu’ils n’ont pas accès à des soins de santé.
  • Aujourd’hui, 262 millions d’enfants ne vont pas à l’école.

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