Des Tanzaniens tweetent aux décideurs politiques pour faire remonter leurs problèmes

19/11/2018
Oxfam a enseigné aux Tanzaniens comment soulever des problèmes avec les politiciens par le biais des médias sociaux. Les résultats sont bluffants.
 
Alkado Alphonce, citoyen actif et community manager
« Je n’aurais jamais pensé que je serais un jour en contact direct avec un haut fonctionnaire gouvernemental comme un ministre. Nous envoyons un tweet ordinaire et il répond. »
 
Alkado Alphonce n’est pas seulement un citoyen actif de Kitahana, dans la région de Kigoma, au Nord-Ouest de la Tanzanie, il est aussi un animateur communautaire. C’est quelqu’un qui utilise un smartphone pour chercher de l’information et faire remonter les problèmes importants pour sa communauté. 
 
Bill Marwa, digital campaigner consultant d’Oxfam Tanzanie
« Nous ne travaillons pas seulement avec les agriculteurs et les professeurs, mais aussi avec les bloggeurs, les journalistes, les social media influencers, pour amener un changement au sein de la communauté. Ils apprennent en quelques jours comment ils peuvent utiliser Google, Facebook, Twitter et WhatsApp et comment prendre des photos et faire des vidéos avec leur GSM. »
 

Une réaction dans les trois minutes

Les résultats sont bluffants. Les gens envoient une information via Twitter comme quoi ils n’ont plus d’électricité et ils reçoivent une réponse le jour même, alors qu’avant, les politiciens n’en donnaient pas.
 
Bill Marwa 
« Le ministre des Transports a réagi dans les trois minutes lorsque quelqu’un lui a envoyé un tweet avec des photos sur le mauvais état des routes alors que s’annonçait la saison des pluies. Trois semaines plus tard, les routes étaient réparées. Les gens ne pouvaient pas croire qu’ils avaient reçu une réponse et montraient le tweet à tout le monde. En s’adressant aux politiciens via les médias sociaux, ils s’aperçoivent qu’ils reçoivent des réponses. »
 

Apporter leur propre chaise à l’école

Un message sur l’infrastructure défectueuse des classes d’école où les enfants devaient apporter leur propre chaise a été partagé de manière tellement massive que la femme qui a posté ce message a voulu l’enlever. Elle a été surprise par son impact. Mais sa plainte, après avoir été relayée dans la presse, a reçu une réponse adéquate. Le gouvernement a entre-temps demandé à ce que des améliorations soient apportées à ces salles de classe.
 
Voilà qui montre comment diminuer le fossé entre les dirigeants et les citoyens actifs, et comment faire remonter les problèmes. Les gens posent des questions qu’ils n’auraient pas pu poser autrement. Un projet innovant auquel Oxfam-Solidarité a aussi contribué.
 

Des réfugiés burundais

Il y a 175 animateurs comme lui dans quatre régions de Tanzanie. Ils ont été formés par Oxfam en citoyenneté active à travers les outils digitaux. 25 réfugiés burundais du camp de réfugiés de Nduta, en Tanzanie, ont également suivi cette formation.