Droits des femmes : encore des mots, toujours des mots…

19/03/2013

Le 57e sommet des Nations unies sur la condition de la femme a donné lieu à une déclaration finale. Mais le plan d’action international attendu par Oxfam pour lutter contre la violence faite aux femmes, n’a pas vu le jour. La question qui s’impose est de savoir si les femmes ont vraiment gagné quelque chose lors de ce sommet.

Après deux semaines de négociations entre près de 200 délégations gouvernementales, la Commission de la condition de la Femme (CSW) a donc tout de même accouché d’un accord international sur les droits des femmes. Mais aucun plan d’action n’a pu être dégager ce qui compromet fortement une lutte efficace contre la violence faite aux femmes.

La violence fait barrage au développement

Lina Neeb, responsable de plaidoyer sur la Violence faite aux Femmes pour Oxfam-Solidarité : « Près de 2,4 milliards de femmes seront confrontées au cours de leur vie à des violences faites aux femmes. Mettre fin à la violence faite aux femmes est un élément crucial pour mettre fin à la pauvreté et l’injustice. »

La communauté internationale aurait pu marquer un tournant dans la lutte contre cette violence sous toutes ses formes. Mais certaines délégations ont freiné des quatre fers. Celles-ci en appellent même à la tradition ou aux pratiques religieuses pour revenir sur des accords internationaux approuvés précédemment.

L’égalité des genres en 2015

« De nombreux responsables politiques ont toutefois travaillé dur pour parvenir à un accord. C’est en soi une bonne nouvelle. Mais la déclaration finale de ce sommet ne comporte aucune mention du besoin d’un mécanisme international qui contraindrait les états à appliquer une politique commune en la matière dans leur législation respective », insite Lina Neeb.

« Finalement, les états n’ont pas opté pour un plan d’action international et c’est ce qui déçoit. Sans un plan d’action qui garantit une responsabilisation, les droits des femmes et filles du monde entier resteront dans l’ombre.. »

Lina Neeb de conclure : « Les gouvernements doivent désormais aller de l’avant et décider de la manière dont ils vont mettre en oeuvre la déclaration finale. Chaque état-membre doit se remettre au travail pour faire éclore un plan d’action international et définir des objectifs spécifiques pour l’égalité des genres, sans perdre de vue la politique de développement après 2015. »

Plus d’infos ?

- Lina Neeb, responsable de plaidoyer sur la Violence faite aux femmes Lne(at)oxfamsol.be – tel. 02 501 67 05


La Commission de la condition de la Femme : est l’organe international le plus important en matière de développement de politiques autour de l’égalité des genres et la promotion de la femme. Elle promeut les droits des femmes sur les plans politique, économique, social et éducatif. Le CSW a aussi pour mission de vérifier l’application des accords internationaux en matières de droits des femmes et d’égalité de genre.

Quelques accords internationaux en matière de droits des femmes :

- Convention sur l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard des femmes ;
- Déclaration et programme d’action de Vienne (1993 ;
- Déclaration sur l’élimination de la Violence faite aux Femmes ;
- Déclaration de Pékin (1995) ;
- Le programme d’action et de développement de l’ONU ;