Égalité des genres : le défi

Proportionnellement, la pauvreté représente un risque plus grand pour les femmes que les hommes. Elles sont en effet surreprésentées dans les populations les plus pauvres à travers le monde. Et pendant ce temps 9 milliardaires sur 10 sont des hommes. Cela peut et doit changer. En plus, respecter les droits de la femme, cela a aussi des conséquences positives sur la sécurité alimentaire, l’environnement et même le risque de conflits.

A travers le monde, les femmes doivent faire face à de nombreuses discriminations, comme par exemple :

  • Les femmes sont plus souvent confrontées à des violences sexuelles ou physiques que les hommes;
  • Elles ont un accès réduit à la terre ou à la propriété;
  • Pour un même travail, les femmes sont souvent moins bien payées que les hommes;
  • Les filles restent moins longtemps à l’école que les garçons.

Le rapport de force entre hommes et femmes est inégal et empêche les femmes de s’épanouir, de réaliser leur potentiel et de faire entendre leurs voix.

Un travail des femmes invisible

Saviez-vous que 60% des travailleurs qui vivent dans la pauvreté sont des femmes ?

Et pourtant les femmes travaillent en moyenne plus d’heures que les hommes – parfois même le double. En cause ?

  • Beaucoup de femmes travaillent dans le secteur informel, par exemple en tant que vendeuse dans la rue ou femme de ménage. Elles sont généralement engagées sans contrat et sans aucune forme de protection juridique. 
  • Une partie essentielle du travail des femmes est peu ou pas reconnu. Par exemples les soins et l’éducation aux enfants, l’accompagnement des personnes âgées ou les tâches ménagères : du travail non rémunéré et non valorisé qui tombe de manière disproportionnée sur les épaules des femmes.

Le rôle essentiel des femmes dans la lutte contre la faim

Dans le secteur agricole, le fossé entre hommes et femmes est particulièrement fort. Les hommes possèdent la grande majorité des terrains agricoles, ils ont le monopole des marchés et peuvent plus facilement obtenir un prêt. Pourtant, nous pourrions diminuer la faim dans le monde de 17% si les femmes bénéficiaient des mêmes droits que les hommes.

Violences faites aux femmes

Aujourd’hui encore, à travers le monde :

  • 1 femme sur 3 fait face à la violence, au viol ou à la maltraitance à un moment donné dans sa vie.
  • La moitié des femmes assassinées le sont par leur propre (ex)partenaire.
  • La violence conjugale et le viol constituent un risque plus élevé pour les femmes entre 15 et 44 ans que le cancer, les accidents de voiture, la guerre ou le paludisme.

De plus, les femmes et les jeunes filles sont souvent en première ligne lors des situations de crise humanitaire et de conflit. Ainsi la violence sexuelle est utilisée comme arme de guerre dans de nombreux conflits et parfois même comme stratégie militaire pour humilier les hommes et les femmes, déchirer les familles et démoraliser les communautés.

Les hommes au pouvoir

Combattre la discrimination à l’égard des femmes, cela requiert avant tout une approche structurelle : aux  niveaux des gouvernements et des organisations internationales. Ceux-ci sont encore trop souvent constitués d’une majorité d’hommes et entretiennent ainsi le rapport de force actuel. Seulement 1 haut fonctionnaire sur 4 est une femme. Mais ce n’est pas une fatalité.

Pour cela, il faut de nouvelles formes de gouvernance qui mettent fin aux discriminations liées au sexe, à l’origine ethnique ou à l’orientation sexuelle. Oxfam s’engage ainsi par exemple en Belgique auprès du Conseil consultatif Genre et Développement qui conseille le service public fédéral belge en matière de genre et de développement et qui s’assure que les femmes soient prises en compte dans leurs politiques.