El Niño : au moins 60 millions de personnes gravement touchées par les sécheresses

04/03/2016

Il est désormais certain qu’en 2016, au moins 60 millions de personnes dans le monde seront confrontées à la faim et à la pauvreté du fait des sécheresses et des mauvaises récoltes provoquées par El Niño. La communauté internationale peut encore les aider, mais il lui faut pour cela y mettre les moyens.

Active dans plus de 90 pays, Oxfam peut de ce fait avoir une vue d’ensemble des conséquences d’El Niño à travers le monde. Aujourd’hui, l’ONG internationale publie une carte du monde (www.elninooxfam.org/fr/) qui montre à quel point les populations les plus pauvres et vulnérables sont les plus touchés, avec l’accent sur 19 pays d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine.

En Ethiopie, 10,2 millions de personnes sont en proie à l’insécurité alimentaire et doivent bénéficier d’une aide internationale. Et ce, en plus des 8 millions de personnes qui reçoivent l’aide du gouvernement dans le cadre de son programme national de protection sociale. Dans d’autres pays comme la Somalie, l’Erythrée, Djibouti et le Soudan du Sud, près de 12 millions de personnes souffrent également d’insécurité alimentaire. En Afrique australe, 28 millions de personnes vivent en situation d’insécurité alimentaire, dont près de la moitié en Afrique du Sud, où le gouvernement prend la situation en main.

En Amérique centrale, les communautés du « couloir sec », une zone à cheval sur le Guatemala, le Nicaragua, le Honduras et le Salvador, se trouvent confrontées à l’une des plus graves sécheresses qu’elles aient connues depuis des dizaines d’années. Selon les estimations, 3,5 millions de personnes y avaient de graves problèmes d’accès à une alimentation suffisante. De plus, jusqu’à 4,7 millions de personnes dans 13 pays du Pacifique restent exposées à un risque de sécheresse, de cyclones et de pluies atypiques.

Les dommages varient d’un pays à l’autre. Le dénominateur commun est que, malgré leurs efforts, nombre de gouvernements sont tout simplement dépassés. L’agriculture, les ressources en eau et la production alimentaire en font déjà les frais.

Pieter De Schepper, responsable de la réponse humanitaire d’Oxfam-Solidarité :

« El Niño est comme un accident de train au ralenti. Tout le monde l’a vu venir. Des signaux d’alarme ont été tirés, et des mesures prises. Mais l’ampleur des ravages se révèle accablante. Le phénomène El Niño touche principalement des personnes qui travaillent la terre dans les pays en développement et qui se nourrissent et tirent un revenu de leurs cultures. Lorsque l’impact du changement climatique s’ajoute à une situation de pauvreté persistante, la vulnérabilité des populations face à de telles crises s’accroît considérablement. De ce point de vue, El Niño apparaît comme un phénomène qui aggrave les inégalités entre pays riches et pauvres. »

La communauté internationale doit réunir davantage de fonds pour répondre aux besoins humanitaires immédiats. Elle doit également tenir sa promesse de lutter contre le changement climatique, notamment en se fixant des objectifs ambitieux en matière de financement de l’adaptation. Dans l’immédiat, une plus grande concertation des efforts s’impose afin d’apporter une aide essentielle aux communautés sinistrées, au moins jusqu’à ce qu’un retour à des récoltes normales et le renforcement de la sécurité alimentaire soient possibles.

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